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 l'amour est un tyran, par Dante

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Phyllis O'Maclagen

Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante - Page 2 Icon_minitimeMar 18 Aoû - 22:57



Les flancs en sueur les chevaux battaient la campagne roumaine comme si le diable était à leur trousse et, quelque part, c'était effectivement le cas. Rosarjo se laissait remplir d'adrénaline car comme Cyrus le lui avait appris, c'était la meilleur parade contre toutes pensées gênantes. Elle ne savait pas exactement l'étendue des pouvoir de son père mais elle pouvait prévoir un minimum.

" Le soleil était tombé et la nuit amenant avec elle les pires vermines, Vlad Nospheratov avait revêtu la robe sacrificielle. Peut-être Jadis ou Catharsis avaient dit touchés terre quand ils l'avaient salué. L'un de ces deux là portaient le couteau d'or sur un plateau de bois précieux tandis que le reste des anciens et même Dante, celui qui les avait fait, se mêlaient à la foule des anonymes. Oui Dante serait là car il n'aurait raté ce sacrifice avorté pour rien au monde. Il aurait fallut attendre quatre ou cinq heures avant que l'absence de la reine ne soit remarquée. Vlad aura sans doute envoyer d'autres de ses hommes à grands renfort de cris de colère, ceux là même qui ébranlaient les murs, peu importe qu'ils fussent de bois de pierres antiques. Ou peut-être que , fort de sa colère contre les hauts serviteurs qu'il avait lui même commis, il s'était déplacé en personne avec dans l'idée de le trancher la tête net et de ramener sa fille lui même quoique ce ne fut pas orthodoxe du tout. Mais bafouer les traditions était le cadet des soucis de l'Aîné en dépit des apparences. Le respect de la tradition servait uniquement de panem et circences aux plus humiliés et permettait de conservait un certain ordre établi. Tout cela prendrait du temps bien sûr. Peut-être une petite heure, deux s'ils avaient de la chance. Puis Dante aurait sans doute joué son rôle à la perfection, il ne pouvait s'en empêcher. Dire la vérité, la travestir juste ce qu'il fallait pour rester hors de cause. Puis il aurait fallut abreuver la grande armée. Une légion suffirait, soit 4000 hommes qui seraient dispersés à travers tout le pays pour compensé du retard qu'ils auraient pris sur les deux fuyards et sur l'inconvénient de ne pouvoir chevaucher en plein jour.

Rosarjo ne dit rien. Elle bridait sa cavale sans trop éperonner pour ne pas entamer son flanc. C'était une fine cavalière bien que quinze heures de monte eurent tôt fait de la mettre en nage, lavant presque le sang de ses mains.

Ezechkiel- Nous avons dépasser la colline de Tâmpa... nous devrions nous arrêter. Je crois que nous sommes proches de Râsnov, nous devrions y aller pour nous reposer. Nous repartirons avant la nuit, et nous galoperons vers Sibiu... cela vous va, ma Reine? »

Elle acquiesça. L'économie de langage était une vertu dans l'armée et non un manque de politesse. D'ailleurs les yeux vert or de la reine croisèrent ceux de son cousin pour l'assurer de faire comme il semblait le plus juste sans craindre la moindre opposition de sa part. Ils n'avaient pas le temps de s'opposer. Ils devaient fuir.

A l'approche des murailles de Râsnov, elle dissimula son visage sous son lourd capuchon de velours noir. On ne devait pas la reconnaître et même si il y avait peu de chance étant donné la jalousie avec laquelle son père l'avait gardée des années durant derrière les plus hautes forteresse, il ne fallait pas non plus qu'elle attire l'attention. Si sa grande taille, comparée aux femmes slaves, pouvait la faire passer pour un homme tant mieux. Sinon, elle plaiderait que le seigneur de guerre Betsalel l'avait prise pour son droit de cuissage comme tout bon seigneur à besoin en rentrant des champs de guerre, à fortiori quand il vient de gagner une bataille perdu d'avance. On oserait pas lui lever cette octroi de la bouche pour ainsi dire.
Elle suivit donc Ezechkiel au pas, sans se faire remarquer. Une fois arrivée dans leur chambre elle se permit de découvrir son visage et de quitter la chaleur étouffante de son manteau pour quels instants.

Ezechkiel- Prenez votre douche en première, je la prendrais ensuite. Si ce n'est que pour faire disparaître les traces de sang... »

Son regard insolent lui opposa un "tu n'es pas obligé de tout me céder à présent" mais ses lèvres restèrent closes et elle prit sur elle le sacrifice de son cousin qui accepter de se laver dans une deuxième eau pour qu'elle puisse jouir de l'eau claire. Comme la première fois elle quitta sa vêture devant lui sans gêne avant d'aller rejoindre le bain. L'eau était tiède presque froide mais elle n'était pas faite de sucre et pouvait très bien s'accoutumer aux situations les plus rudes bien qu'on ne l'eut jamais soupçonné tant elle paraissait préservée de tout. L'eau entraîna avec elle sueur et sang sans trop de difficulté puis la princesse sorti du bain pour se sécher et revêtir cette robe sacrificielle qu'elle détestait.

Rosarjo- Il ne faudra pas s'attarder chez les Roms. Mon père soupçonnera une idée de ce genre et ils les enverra tous massacrer et nous avec eux. Quelques jours tout au plus, le temps de refaire nos forces.', elle parlait comme un chef de guerre tandis qu'Ezechkiel était au bain. Elle avait l'air de bien connaître cet art pour n'avoir jamais été guerroyer au côté de son armée,' nous mettrons ce temps à profit pour deviser de l'endroit de notre exil. Nous ne devons pas décider alors que les chiens de l'enfer sont à nos trousses. Une décision trop hâtive nous serait fatale...

Elle le regarda finir de s'harnacher tandis qu'ils repartaient sur le champs comme convenu, sans oublier de se payer un petit tribus en pain de seigle au passage pour l'eau froide de leur bain.

Rosarjo- Prenons les Carpates, ce n'est pas la route la plus facile mais ce sera sans doute la plus sûre. Nous devons éviter la Hongrie à n'importe quel prix. Nous n'auront qu'à suivre l'arrête par l'extérieur de l'orient jusqu'à l'occident et là nous aurons des kilomètres et des kilomètres d'étendues de bruyères avant l'Elbe.

Ils donnèrent de la bride quittant la cité comme si les fouets de l'enfer étaient après eux. Les Carpates roumaines furent plutôt plaisantes à chevaucher et la ration de pain qu'ils avaient volée, leur permit de passer outre sans se faire remarquer. Ils ne s'accordaient que quelques heures de repos, troquant leurs montures contre des plus fraîches ou des plus robustes quand d'aventure ils croisaient des Roms ou des commerçants en route pour une grande ville. Ceci dit ce n'était pas si souvent et ils faisaient plus de halte pour leurs montes que pour eux même, voyageant de jour comme de nuit, le coeur ivre de leur liberté, forts de la conviction qu'ils ne se laisseraient jamais rattrapés.
Ce n'est qu'à la croisée pour la Grande Moravie que les choses commencèrent à redoubler de difficulter. Au point culminant les vents leur gifflaient le visage et pourtant ils avaient soin de longer la montagne autant que possible. Quand le pain commença à leur manquer il leur fallut se sustenter de racines et de champignons et parfois même d'écorces. La compagnie de l'autre apportait au corps plus de soutient que leurs repas et ils se réjouissaient d'avoir à passer les hauts cols à la saison douce et non au plein cœur de l'hiver. Quarante jours avaient passé qu'ils pouvaient voir l'Elbe au loin comme un serpent gris dans la pleine. Les canassons robustes qu'ils avaient du échanger contre leurs destriers faisaient triste figure de bidets et la langue pendante ils trainaient la patte incapables de guère mieux que quelques tentatives de trot. C'était des chevaux de montagne, robustes mais peu exercés à un effort soutenu. Arrivés à Prešov, Rosarjo donna les chevalières qui ornaient ses mains délicates à un guerrier en échange de deux bons destriers, frais et fougueux. L'homme voulu la questionner, croyant qu'elle avait d'abord volé ces bijoux et Rosarjo du lui expliquait qu'elle avait fait depuis l'enfance le service d'une grande dame qui l'avait émancipée lorsqu'elle avait voulu prendre époux et lui avait donné ces quelques bijoux comme cadeau de noces. Leurs soieries royales n'étaient que haillons et l'étoffe précieuse était pratiquement méconnaissable aussi l'homme la cru de bon grès et céda deux destriers parmi ceux qu'il aimait le moins mais pour autant, de bien meilleures cavales que celles dont ils avaient du abandonner les carcasses avant d'arriver en ville, après s'être résolu à les saigner pour se repaître de leur chair, les voyant l'oeil déjà révulsés, prêts de rendre l'âme. Les quartiers de viande cru leur avait redonné de la vigueur pour marcher jusqu'à la ville bien qu'ils durent à présent supporter eux même le poids de leur maigres bagages. Bien montés, ils se hâtèrent toute bride abattue vers la Bohême où enfin les attendrait un peu de repos. Ezechkiel ouvrait la course effrénée quand ils arrivèrent enfin à bon port. Voyant le plus gros de leurs ennuis derrière eux, et les visages accueillant des Roms au visage presque aussi hâlé que le sien pour certain, Rosarjo qui se sentit défaillir sans rien y pouvoir vida les étriers, terrassée par la fatigue et la faim.

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Ezechkiel E. Scylence


    i was born with the wrong ascendancy, in the wrong place at the wrong time.

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante - Page 2 Icon_minitimeMar 25 Aoû - 17:45


Les chevaux courraient même s'ils n'avaient plus haleines, et ils étaient les plus à plaindre dans l'histoire. Si le ventre d'Ezechkiel gargouillait malgré la viande de cheval, mais il ne disait rien et continuer sa frénétique ascension. Il aurait bien aimé éviter à la reine de donner ses bijoux, mais il ne pouvait pas proposer de vendre son épée – tout mais pas ça. C'était leur unique chance de se défendre en cas de descente sur eux, et pour tout dire, son épée était ce à quoi il tenait le plus après elle. Mais le roi était de plus en plus nerveux. Les jours passaient, et cela faisait plus d'un mois qu'ils coursaient tous deux, certes libres, mais anxieux. Plus d'un mois... c'était plus qu'il ne l'avait espéré, mais c'était aussi trop quand à sa retenue avec la reine. Dante avait donc bel et bien raison. En ses quarante jours, il n'avait pas frôlé la peau d'une femme, ni d'une vierge ou d'une écervelée. Pas même celle de la reine... surtout pas celle de la reine. Il rangeait son frein, mais ça le dévorait intérieurement. Le village. Plus vite il était atteint, plus il serait tranquille. Ne pensez pas que le roi pensait uniquement à trouver une couche avec des courtisanes, c'était surtout qu'il avait besoin de ne pas être seule avec la reine, de peur de lui faire du mal sans même l'avoir prévu. Peur de la brusquer dans un geste trop impétueux, plus impétueux que de regarder son corps nu se baignait dans les rivières glacées de la Valachie, plus impétueux que de la voir dormir et d'en sourire tendrement, que trop même. Puis un matin, encore très tôt dans la matinée, il aperçut au loin les feux de camp et les constructions rustiques des voyageurs. Un village rom', à peine bâti. Il jeta un regard par dessus son épaule, son regard bleu opaque croisant celui vert émeraude de Rosarjo, lui signifiant qu'ils étaient enfin arriver. Frappant brutalement la monture qui réagit aussitôt, la cours effrénée vers le village, à quelques kilomètres d'eux encore, fut plus rapide qu'il ne paru aux deux fugitifs. Ralentissant à l'entrée, un bruit de tissu froissé fit sursauter le roi qui descendit aussitôt de sa monture, courant pour rattraper la reine qui était à terre, évanouie, épuisée. Il releva la tête, la souleva d'une main, la tenant plus comme un sac de pomme de terre – mais qu'importait au prince de faire bonne figure – et d'une autre main il attrapa la bride de son cheval et celle du cheval de Rosarjo, se dirigeant rapidement vers la première auberge qu'il trouva. Il accrocha aussi bien qu'il le pu les chevaux à l'entrée et poussa la porte de l'auberge, s'engouffrant à l'intérieur, sentant les exhalations de bière et de sueur, avec un infini sentiment de bonheur. Enfin arrivé. Il s'approcha du comptoir et regarda la tavernier, aux longs cheveux bruns et bouclés, crépus, qui derrière une moustache fournie souriait, des dents noirs et jaunes pour tout accueil.

« Vous cherchez votre chemin?
- J'aimerais une chambre.
- Premier étage, troisième à droite. »

Il jeta une clef sur le comptoir qu'Ezechkiel prit avec un sourire amicale et monta aussitôt les marches, la jeune fille sur son dos, elle et son poids plume. Il se demandait comme une fille pouvait être aussi légère... réellement. C'était une sorte... d'ange? Il poussa du pied la porte et découvrit une petite pièce, assez sombre, avec un grand lit au centre et deux grandes fenêtres en face, aux lourds rideaux cachant le soleil levant. Et une sale odeur de renfermer. Il posa la jeune fille sur le lit et referma la porte du pieds, allumant sur le bureau à la droite la lampe à huile, ne voulant pas réveiller la reine. Il sortit de sa poche les dernières pièces qu'il lui restait. Il y avait là de quoi vivre pendant un mois, mais ils n'avaient plus un mois. Il poussa la porte et descendit à nouveau, commandant deux plats de viande et de soupe au tavernier qui servit aussitôt du sanglier au sang et de la cervoise – soyons fou – ainsi qu'un bol de soupe. Une servante aida Ezechkiel à amener le tout en haut, ce dernier ayant payé au préalable la dette pour aujourd'hui et le repas du lendemain, ce qui n'enlevait – en tout et pour tout – que très peu de chose à ses piécettes. Il posa les plats sur le bureau et se dirigea lentement vers la jeune endormie, la regardant dormir. Ils devaient manger pendant que c'était encore chaud, car une fois froid, ce n'était plus aussi bon. Il ferma à clef la chambre, ne voulant pas être déranger, et se pencha au dessus d'elle, scrutant attentivement le visage de la belle... De longs cheveux noirs pour une peau maintenant hâlée, ayant perdu sa blancheur diaphane, mais qui n'en restait pas moins des plus ravissantes. Une de ces superbes femmes dont le corps donne à rêver, dont la rondeur de la joue ne donne qu'une envie : d'y poser un baiser. Et tant encore. Il leva la main doucement et effleura du bout des doigts ses lèvres, désir charnel impur. Il retira sa main de sur elle, ferma les yeux en soupirant doucement, et murmura finalement, pour la réveiller :

« Rosarjo, debout... nous sommes arrivés, et nous avons un bon repas chaud qui nous attends. »

La belle endormie s'éveilla lentement, ouvrant les yeux et croisant son regard. Il se redressa, un large sourire fier sur le visage. Enfin arrivé, c'était tout ce qu'il avait espéré durant ses quinze derniers jours. Arriver, sain et sauf, loin de tout, en sécurité. Il se dirigea vers le bureau, d'un pas calme, et prit un bol de soupe, l'apportant à la jeune fille. S'il était chaud, la faim aurait raison de la douleur. Il le lui tendit, avec ce même sourire :

« ...depuis le temps que nous n'avons pas eu de quoi remplir proprement nos ventres. »

Aucun reproche, juste qu'il fallait relativiser leur escapade mal préparé. Si les problèmes avaient été multiple, ils n'en étaient pas moins resté franchis, tous autant. Même le problème de l'argent avait été résolu. Il se dirigea à nouveau vers le bureau et prit cette fois-ci son bol à lui, tirant la chaise du bureau et portant le breuvage d'eau, de carotte et de poireau, à ses lèvres. Même s'il n'était plus au château, il gardait une certaine prestance dans le geste, quelque chose de raffiné même s'il était affamé. Peut être de la retenu? Ou tout simplement car on l'avait élevé ainsi, et que sur les champs de guerre, les famines sont monnaies courantes. Il avala sa soupe en silence, calme, puis amena le reste du plat à Rosarjo, posant l'assiette sur le lit. Aucun couverts. Ça ne serait pas la première fois. Il attrapa les morceaux de chair du bout des doigts, sans dégoût ni spécialement d'enthousiasme. Si le plat était bon, il n'avait pas le goût des plans dont il avait rêvé dans son sommeil. Il avala la chair cuite et chaude presque sans l'avoir mâcher. Une fois son ventre calmé, il posa l'assiette sur le bureau et soupira.

« Je crois qu'il y a une rivière à quelques pas d'ici. Nous pourrions nous y rendre pour nous laver. » Il jeta un oeil soucieux dehors, écartant du bout des doigts les rideaux. « ...si tu le désires, bien évidemment. »

Des têtes brunes, hâlées, travailleuses. Des roms' de toute part. Presque effrayants pour un valaque. Il laissa reposer le lourd rideaux devant la vitre et se retourna vers Rosarjo, attendant le verdict, le jugement.

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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante - Page 2 Icon_minitimeMer 26 Aoû - 21:54


    Elle dormait d'un sommeil léger mais sans rêve, paisible. Les doigts d'Ezechkiel sur ses lèvres ne la réveillèrent même pas mais ils dessinèrent un sourire d'aisance sans pudeur ni retenu sur cette bouche qui appelait tant le premier baiser. Quand elle se réveilla, tirée des bras de Morphée par un murmure de son cousin, elle ouvrit ses prunelles jade et or sur le visage du beau Ezechkiel. Elle lui sourit sentant sous elle le moelleux d'un oreiller tel qu'elle n'en avait pas connus depuis presque deux mois. Il fallait dire que dans cette traversé des Carpates elle n'avait eu d'autre choix que de se négliger. Ils prirent un repas chaud mais plutôt silencieux puis Ezechkiel proposa d'aller se baigner à la rivière. Son estomac enfin contenté, l'idée fut accueillie avec enthousiasme.
    Ils descendirent donc fondant la foule des roms. Le village provisoire était assez grand, et beaucoup d'itinérants y circulaient. Dans la foule, la peau naturellement mate de Rosarjo ne semblait gêner personne pour une fois, quand à Ezechkiel, il avait également le teint légèrement halé par la réverbération du soleil contre la roche lisse pendant leur périple. La rivière n'était pas bien loin en dehors du village, l'air était pur, et l'endroit très tranquille.

    Rosarjo- Défait toi de ta vêture roi Ezechkiel, nos atours sont trop sales...

    Une servante aurait pu prononcer la même phrase mais ce n'était pas une servante mais bien une reine agenouillée sur les galets plats de la berge, trempant ses doigts délicats dans l'eau froide et claire. Il ne convenait pas qu'une reine s'agenouille hormis le jour de l'onction sainte de son couronnement, et il convenait encore moins qu'elle se commette à tâche si basse que le lessivage. Plus surprenant encore était qu'elle puisse y connaître quoique ce fut. Pourtant, tandis qu'elle observait Ezechkiel se dévêtir, elle attachait ses longs cheveux noir d'encre pour les relever et révéler sa nuque délicate. Puis elle se leva, prit les vêtements du prince et en fit la lessive aussi bien que le pouvait faire une princesse, et ce n'était déjà pas mal. Puis elle laissa tomber son lourd manteau de jais, dénoua son corsage, se défit de toute parure et mis le linge à sécher sur la branche d'un arbre avant d'entrer dans l'eau, en aval de son cousin, comme il se devait. Elle avait à peine mouillé ses cheveux qu'une nuée de jeunes filles en âge de prendre époux, toutes ou presque plus jeunes que Rosarjo, dévalèrent la pente douce qui menait à la rivière. Elles avaient l'air particulièrement en joie. Certaines prirent les vêtements mais aucune ne toucha aux épées du roi et de la reine. En lieu de ça, elles entrèrent dans l'eau toutes habillées qu'elles étaient et se saisirent et d'Ezechkiel et de Rosarjo, les éloignant l'un de l'autre, saccageant toute possibilité d'intimité. Elles étaient toutes très belles et avaient pour elles quelque chose de sauvage mais l'une, une fille qui allait chercher dans les quatorze ans, les cheveux épais, bruns et vigoureux surpassait toute les autres en beauté. Autour d'elle ce n'était que chants et cris de joie. Rosarjo la regarda attirer Ezechkiel a elle, la chemise mouillée qui lui collait honteusement à la peau. De son côté, les autres jeunes filles l'attiraient à l'autre rive, elles passaient les doigts dans ses cheveux montrant qu'elles n'avaient nullement l'intention de mal faire, au contraire elles voulaient approcher cette femme si belle, enduire son corps et ses cheveux de leur onguents de roms et surtout la tenir occupée, loin d'Ezechkiel et de la Zingara, la superbe brune au regard terre de sienne et aux sourires lascifs. Rosarjo n'eut pas grand mal à comprendre ce que la Zingara avait en tête. Sa façon de danser autour du roi, de chalouper les plus belles parties de son corps devant lui, de le toucher de lui sourire, c'était très ressemblant à ce qu'elle avait pu entrapercevoir par fois au château mais là, c'était tellement plus sensuelle, tellement plus fougueux... la jeune reine, trop ignorante de la chose intime, laissa donc faire malgré le monstre aux yeux verts qu'elle sentait lui serrer le coeur. Dans les bonnes cours, on n'approchait pas ainsi les hommes, on ne portait pas de jupes colorés vendues à la cuisse et de chemise à ce point ouverte sur la gorge, et on ne montrait pas non plus son ventre de la sorte. C'était indécent. Mais ici, c'était coutume courante. Si Rosarjo n'avait rien a envier aux physiques de ces filles (pas plus qu'à la Zingara), elle se savait honteusement ignorante et avait toujours été tenue dans l'ignorance dans le domaine de l'amour car elle était une enfant royale et non une fille de la campagne. A peine savait-elle de quel frottement les corps extirpaient l'étincelle de vie qui permettait aux hommes de croître et de multiplier. Ses lèvres n'avaient jamais reçus autre caresse que celle de la parole et celle donnée à la dérobée d'Ezechkiel un peu plus tôt. Son corps ignorait tout du plaisir de la chair, de ses atours charmeurs et de la séduction. Elle ne pouvait qu'être naturelle, incapable de surjouer face à la Zingara qui sans doute serrerait le prince entre ses draps cette nuit, sous la bonen garde des quinze autres filles qui les entouraient. Le soleil se rapprochait déjà de l'horizon, ça ne serait qu'une question de temps, aussi Rosarjo regarda l'étrange farandole amoureuse s'éloigner, emportant avec elle son Ezechkiel impuissant, à son gré ou non, elle n'aurait su le dire. Quand le calme fut revenu, les filles qui s'occupaient de Rosarjo, l'emmenèrent également, la couvrant d'un grand manteau de laine grossière. Elles lui couvrirent le corps de miel ou de quelque chose qui y ressemblait et qui laissa un parfum délicieux sur sa peau. Elles séchèrent ses cheveux, visiblement émerveillées, sincèrement, puis brossèrent cent fois la cascade d'encre précieuse.Leur langue roulait dans ce doux dialecte que Rosarjo ne comprenait pas. Bien sûr les Roms parlaient de nombreuses langues mais précisément là, les filles riaient et palabraient dans leur propre langue comme si elles ne voulaient pas être comprise de l'objet de leurs attention. Puis elles apportèrent des vêtements propres et secs, des vêtements de roms. Un chemisier écru qu'elles lui passèrent sans se soucier de l'étouffer dans un corset comme on le faisait à la cour. Un simple jeu de lacets à l'avant soutenait ses seins car les roms savaient comme les gens des villes pouvaient être précieux. La chemise ne cherchait pas à cacher ni le galbe ni aucun relief de ses seins et la cordelette qui tenait lieu de lacet ne demandait presqu'à ce qu'on lui tire dessus pour la dénouer. Elles retroussèrent le tissus de la chemise et passèrent une large ceinture de coton verte juste sous la poitrine de la reine. Elles lui donnèrent un pantalon de la même couleur et le temps qu'elles finissent de s'affairer sur Rosarjo, la nuit était bien tombé, deux heures c'était facilement écouler. La jeune reine se retrouva seule, déguisée en tzigane, elle gagna la chambre qu'Ezechkiel avait prit pour eux et quitta ses vêtements pour se préparer à aller se coucher, découvrant une simple chemise, diablement courte pour l'époque, elle s'arrêter à mi-cuisse. Mais que le diable emporte la décence, la reine n'avait pas quitter sa préocupation de l'après midi et voir qu'Ezechkiel n'était pas déjà là endormi ne laissa pas de la conforter dans son idée. Elle soupira et alla se mettre au lit. Il ne fallut pas attendre bien longtemps pour que le prince franchisse le pas de la porte, sans bruit. Elle se redressa dans le lit, le drap tiré sur son giron de sorte qu'elle était visible, mais ne posa d'abord aucune question, se contentant de tirer les draps pour l'inviter à prendre la place qui lui revenait de l'autre côté du lit. Rosarjo se retourna ensuite prête de dormir à l'autre bout du lit. Mais le monstre aux yeux verts ne le lui céderait pas et il continuait de la tourmenter même maintenant qu'Ezechkiel était revenu. Elle soupira. Laissa passer un court laps de temps. S'éclaircit la voix comme elle était un peu gênée de la question qui lui brûlait les lèvres... tiraillée entre l'image persistante de la zingara et l'envie de se retrouver hors d'atteinte du fameux monstre aux yeux verts.

    Rosarjo- Tu l'as faite femme... la Zingara?

    La voix était une voix mi très sûre d'elle, mi honteuse. Ca ne la regarder pas après tout.

    Rosarjo- Pardonne Ezechkiel. Je ne devrais pas, ce ne sont pas mes affaires.


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Eurydice H. Sinfull

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante - Page 2 Icon_minitimeVen 28 Aoû - 23:27


    Il l'avait suivi jusqu'à la rivière, sans un mot, avec envie même. L'idée de la voir nue l'émerveillait, l'idée de pouvoir ne serais-ce qu'effleurer ses épaules le faisait rougir comme un prude, comme pour une première fois, mais voilà, le petit prince des putains était plus qu'expérimenté dans ce qui était des plaisirs de la chaire. Il avait aimé les femmes, il les avait toutes rendues belles, elles l'avaient toutes été à ses yeux, mais de toutes, Rosarjo avait quelque chose de plus, de mieux. Elles devenaient si fades face à elle, si inintéressantes qu'il s'en étonnait. Et si elle était cette chose qu'il n'avait jamais vu? Et si elle était cette chose après laquelle il avait couru pendant si longtemps? Aurait-il été aveuglé par sa haine, au point d'oublier qu'un pas sur le côté, et il en tombait amoureux? De l'amour à la haine, de la haine à l'amour, il n'y a que peu de chose, et ce peu de chose, ce fut ses quarante jours à cheval, ce mois le ventre creux, mais toujours à penser à économiser, au point d'imaginer un instant ne pas manger pour qu'elle puisse survivre, au point d'imaginer tant de chose dans la dérive, dans la faim. Rosarjo, la seule, l'unique. Le regard d'Ezechkiel ne pouvait pas se détacher de sa jeune cousine, trop belle, si belle. Une fleur froide à la peau si chaude. Ils sortirent de la foule des roms. Ezechkiel y passait presque inaperçu, mais il gardait toujours un teint assez pâle par rapport à ceux des autres. Mais avec sa peau doucement cuivrée ne faisait que ressortir ses yeux noirs et ses mèches noirs, bouclés. Mais il y avait quelque chose de noble chez eux. Une élégance particulière. La jeune fille semblait à ses reines des anciens temps, alors que l'homme derrière elle avait une désinvolture noble, une démarche d'empereur. En beaux habits, ils auraient passé facilement pour des membres de la haute aristocratie. Les regards des roms avaient capté la chose, et Ezechkiel voyait bien les mâles se retournaient sur le chemin de sa cousine, et frissonnaient en croisant son regard, froid et dur à la fois. Il ne prêtait pas ce qu'il avait de plus cher, ce pour quoi il s'était damné. Jamais. Les hommes détournaient leur regard, les yeux noirs du roi valaque que trop profond. Le clapotis de la rivière vint bientôt, et Ezechkiel regarda sa cousine. Elle lui demanda ses vêtements et il esquissa, en silence. Il délaça le col de sa chemise blanche de lin et la retira, dévoilant un torse finement sculpté, qui aurait attisé n'importe quelle dame, de la plus prude à la moins farouche. Il enleva ses bottes de cuir bouillie noire et enleva son pantalon, hésitant une seconde à laisser sa rapière autour de ses hanches ou à l'inverse, la planter dans le sol. Il la posa contre un rocher et entra, nu comme un vers, dans l'eau froide. Il frissonna à peine et se retourna, regardant la reine faisant la lavandière. Les cheveux relevés, ses sourcils doucement froncés par l'effort, le regard du roi des putains la détaille et il plongea, disparaissant quelques secondes sous l'eau. Il réapparut alors, ses cheveux noirs luisant collant à ses tempes, et passa sa main sur son visage alors qu'une nuée de jeunes filles se dirigeait vers lui. Il jeta aussitôt un regard à Rosarjo, surpris et ne comprenant pas ce qu'il se passait alors, mais son regard du la quitté – à contre cœur – alors que des mains se posaient sur sa peau, son torse, traçait alors le contour de ses formes. Il releva le regard, reculant sous les mains des roms, et s'éloigna de Rosarjo, un peu paniqué. Ce n'était pas vraiment le moment de se perdre de vue. Une main, plus experte que les autres, plus douce aussi, se posa sur son sein gauche. Il arqua un sourcil et releva le regard vers la jeune fille. Elle avait un sourire magnifique... elle était magnifique. Autour d'elle, les filles piaillaient, excitées de voir un corps si jeune, si beau sous leur main. « Zingara! Zingara! » La belle brune le regarda, et se colla à lui, ses mains passant dans les cheveux du prince, les enduisant avec un parfum fruité. Il écarta les bras, comme pour signifier qu'il ne voulait pas toucher, mais elle eut un rire et se mit à danser autour de lui, se frottant à lui dans un ballet sensuel, presque érotique. Le jeune prince rougit. Quarante jours qu'il n'en avait pas touché... pas une seule. Son regard fixa la croupe recouverte d'une jupe pourpre à froufrou blanc, son balancement régulier devant lui. Poser une seule main... on le bouscula en avant et il se réveilla de sa contemplation, jetant aussitôt un regard à sa cousine, un peu plus loin, et tenta de s'extirper du groupe, mais en vain. Une fois sortit de l'eau, on s'approcha de lui et on lui tendit des habits. Une simple chemise rouge et un large pantalon de toile pourpre ainsi qu'un large chapeau noir, surmonté d'une plume de faisan rouge sang. Il ressemblait à un voleur, à un pirate. Un prince pirate. Il tendit la main et on lui tendit son épée, qu'il attacha à sa ceinture de cuir et attacha cette dernière à ses hanches. Le fourreau bordeaux couvrait alors l'épée d'argent. Sa peau hâle – quoi que pâle par rapport à celles des roms – et ses cheveux bruns un peu bouclés ressortait dans son habit. Devant lui, prêt du camp rom, la Zingara se pencha comme une branche, flexible, sa longue chevelure crépus tombant dans une cascade unique, dévoilant une nuque tatouée d'un étrange signe. Autour de lui, les autres filles regardaient avec envie la jeune fille qui se mit alors à danser, faisant claquer ses larges bracelets d'or et d'argent à ses poignets, tout autour de lui, voltigeant, merveilleuse et calme, vivant la danse, respirant la danse qui se voulait sensuelle, qui voulait charmante... mais qui laissa de marbre le prince. La Zingara arqua un sourcil, au manque d'impétuosité du jeune homme, et le regarde droit dans les yeux, sifflant quelques choses entre ses lèvres qui ressemblaient étrangement à un reproche. Il haussa un sourcil et secoua la tête négativement alors qu'elle levait sa main à la hauteur de son visage pour lui infliger un violent soufflet. Les ongles trop long de la belle lui marquèrent la joue, un fin filet de sang coulant de la plus profonde des plaies. Elle releva son autre main et lui leva la sienne, rattrapant le fin poignet et le serrant fortement entre ses doigts. Elle couina dans la langue natale d'Ezechkiel quelques jurons, entrecoupé de « lâche moi! Lâche moi! » et il la lâche. Les filles autour commençaient à faire des yeux ronds, comme surprises. La Zingara recula et siffla, comme un serpent, et recula d'un pas, le menaçant de l'index. « Eunuc! Castrat! Couard! Coupe-jarret! Charogne! Chancre! » Il la regarda et pesta un simple : « putain » et elle sursauta, se taisant, rougissant de honte. Le mot était lancé. Il avait toujours traversé ses lèvres comme étant une flatterie. Une putain, pour lui, était belle. Mais aujourd'hui, il n'avait plus envie. Il recula de quelques pas. La nuit était déjà tombée, presque, il était temps de rentrer. Il posa sa main sur sa joue en s'éloignant du groupe de fille qui ne parlait plus, insultée, mise au plus bas rang de la société. Il marcha jusqu'à l'auberge et regarda le tavernir qui regarda l'étage, lui signifiant bien qu'elle était déjà en haut. Il posa sa main sur ses yeux en montant les marches. Il n'aurait jamais du la quitter. Jamais. Il aurait du se débattre, mais il avait tellement eut envie... Il ne l'avait fait. Il ouvrit la porte de la chambre, lentement afin qu'elle ne grince pas, et la referma, mais la reine était belle et bien éveillée. Il retira le chapeau noir sur sa tête et le posa à ses côtés, retirant ensuite ses bottes et sa chemise blanche, défaisant les lacets de cuir qui la retenait fermer au col. Dans son dos, il savait qu'elle le regardait, qu'elle se posait la question, mais cette fois-ci, il n'avait pas le cœur à s'expliquer de lui même.

    « Tu l'as faite femme... la Zingara? »

    La question était posée. Il repoussa ses mèches les plus longues en arrière, tombant à peine sur sa nuque, et se retourna, la regardant. Le haut de ses cuisses, son corps de femme, ses grands yeux de jade, sa longue chevelure noire... voilà ce qu'il y avait devant lui. Comment pouvait il désirer quelqu'un d'autre comme Zingara quand un ange ténébreux était dans ses draps? Il s'approcha du lit, gardant juste son pantalon comme elle gardait son haut, et contourna le lit, se posant sur le lit. Il allait répondre quand elle reprit d'une plus petite voix. Il n'osait plus la regarder. Il savait que s'il la regardait, il l'embrasserait, et il... non.

    « Pardonne Ezechkiel. Je ne devrais pas, ce ne sont pas mes affaires. »

    Il eut un sourire et tira les draps jusqu'à ses cuisses et son regard glissa du pieds du lit à elle, se posant sur son visage, scrutant son regard. Il était calme. Tellement calme que l'on aurait pu croire qu'il avait connu la plus douce des drogues quelques heures auparavant. S'il était calme, sa voix, elle, tremblait quelque part. Elle n'était pas sûr... enfin, si. Elle savait ce qu'elle disait, elle y croyait, mais... en avait elle conscience? Peur de ses propres mots, pour un beau parleur, quelle ironie.

    « Je n'ai pas même frôlé ses lèvres, ni regarder ses yeux. Elles me semblent toutes fades quand je te vois, ma Reine. Comment pourrais-je faire femme, une putain, quand une Reine m'a élevé en Roi? »

    Les mots étaient simples, calmes, prononcés comme une caresse, du bout des lèvres, et d'une voix chaude, comme si Ezechkiel avait été réellement rom. Il pencha la tête, souriant, serein encore, mais sa voix toujours tressaillait sous l'émotion vive et douloureuse qui animait son myocarde palpitant.

    « Je vous appartiens, ma Reine. Je me suis damné pour vous, et pour aucunes autres. Au moment même où vous avez pris ma main, je n'ai jamais été qu'à vous. Zingara, toutes les autres aussi, n'ont jamais eu votre beauté, votre cœur, et le mien. Elles sont si pâles face à votre rayonnement, que j'en meurs, ma Reine, de rester sage. » Il pince les lèvres, il sait qu'il en a trop dit, mais il ne peut plus s'arrêter maintenant qu'il a commencé. « Je me contrains à ne jamais frôler votre peau, je m'empêche de regarder vos lèvres. Ma religion est votre corps. Vous êtes mon idole, et vous me fascinez, tant que nulle n'arrive jamais à mon cœur. Oui, leurs corps sont superbes, flexibles et si bien dessinés, mais qu'est-ce qu'un corps qui laisse sage quand on a devant soit un corps qui obsède? » Il se penche, un peu, se retient. « J'ai sur la joue le montant de ma fidélité. Griffez moi, mordez vous, faîtes que mon corps se souvienne de vous. Marquez moi d'une emprunte indélébile, qu'à jamais – même mort – je me souvienne de vous. » Il se recule un peu, baisse le regard. « Me voilà bien impétueux et impatient. On dirait un jeune puceau qui n'a jamais connu l'amour... suis-je bête. Le prince était pourri, mais voilà que le roi est vierge. » Il déglutit, péniblement. « Un roi vierge d'amour, à qui le coeur ne s'envole que vers le votre. Quand on aime une personne, elle chante une chanson que seul soit l'on entends. Je crois bien que la rythmique de votre cœur à envoûter mon myocarde, et le voilà douloureux dans ma chair. Vous avez marqué plus qu'un corps, ma Reine. » Il relève le regard, le scrute. « Vous avez marqué un homme. »

    Sa gorge se sert. Il ferme les yeux, attends la gifle, ultime châtiment pour tant de témérité. Mais qu'importe, car la gifle de la reine n'est pas une punition, mais une caresse tant attendue.

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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante - Page 2 Icon_minitimeSam 29 Aoû - 1:36


    Attentive au moindre de ses mouvements, elle se refusait à le regarder droit dans les yeux. Le regarder c'était lui montrer et lui montrer se trahir et accepter... Mais accepter quoi? Ce n'était pas le monstre aux yeux verts jaloux qui lui faisait honte bien que tout homme de bonne vie aurait su reconnaître là un péché bien vilain, la jalousie. Oui elle était très jalouse, mais on est jaloux que de ce qu'on aime et elle aimait des premiers émois de l'amour, les plus forts, ceux que bien peu savent garder intactes.
    Elle le sentit se poser sur le lit, elle sentait son regard sur elle et son coeur se serra tandis qu'elle posait ces questions qui mourraient qu'on leur fasse des réponses et qui tout à la fois craignaient de mourir sous le même coup de ces réponses. Que l'expectative est cruelle quand elle est amoureuse.

    « Je n'ai pas même frôlé ses lèvres, ni regarder ses yeux. Elles me semblent toutes fades quand je te vois, ma Reine. Comment pourrais-je faire femme, une putain, quand une Reine m'a élevé en Roi? »

    Comme le coeur peut se faire plume quand l'instant d'avant, serré par le mal d'amour, il était pierre de plomb. Un sourire nait sur les lèvres de la reine. Un sourire presque triomphant. Non, elle ne triomphait pas de lui, elle triomphait de cette Zingara et des quelques heures qu'elle lui avait fait passé au supplice d'attendre celui qui seul pouvait lui apporter consolation et soulagement. Finalement elle se retourne et lui offre le tribut de son sourire et le scintillement de deux jade précieux en reine conquise car il n'est plus sûr conquérant qu'Amour lui même. Elle l'écoute tandis qu'il reprend sa douce confession, la touchant au coeur. Elle goûte chaque mot qu'il prononce, souffre son texte comme une tragédienne et pourtant dieu qu'en ces temps d'obscurité le théâtre est une bien basse chose. Il ferme les yeux et elle reconnait là le signe qu'il attend qu'elle le gifle pour sa hardiesse alors elle lève sa main... mais ce n'est pas un coup qui s'abat sur la jour du prince c'est une caresse à peine effleurée et un baiser chaste sur ses lèvres. Chaste, car elle n'en connait pas d'autre que celui qu'elle lui donna la toute première fois avant qu'il ne parte aux champs de guerre.

    Rosarjo-... que tu es beau... et comme mon coeur est touché Ezechkiel,' invoqua-t-elle fermant un instant les yeux,' me voilà confuse d'avoir mal pensé de toi. Je te voyais déjà dans les bras de la Zingara et mes mauvais rêves m'envenimaient le coeur au point que sur mes lèvres l'amer goût de la contrariété empoisonnait jusqu'à l'air que je respirai. Pardonne une enfant mal élevée d'avoir douté de toi ce n'était que par affection.', elle baisse les yeux une fois mais sa fierté naturelle l'oblige même devant l'amour, elle reste reine parmi les plus nobles de coeurs,' mais tu as devant toi une sotte mon roi, une ingénue qui ne peut que rougir de ne pas même savoir comment elle a pu trouver le chemin de ton coeur, ni comment tu es entré dans le sien. Comme j'ai honte Ezechkiel. Honte de mon ignorance. comme on acclame le singe quand on le croit savant puis on le moque quand on se rend compte que de savoir il n'a que celui du cirque on moquera la reine qui en savait moins que la servante. J'ai honte de te prier d'amour alors que je n'y entends rien, et mes soupirs te doivent paraître bien mal cités pour ce qu'ils viennent pourtant de coeur.

    Et dans sa honte si sincère c'est sa main qu'elle prend tandis qu'elle se redresse dans leur couche et qu'assise enfin, contre son coeur elle presse doucement la main du prince, lui permettant ainsi de la toucher. Son coeur qui bat si fort à l'instant contre cette main si tendrement serré contre le galbe de deux seins vierge de toute caresse. La chaleur de ses joues trahissent ce que le teint dissimule si bien.

    Rosarjo- Mais si tu n'as pas trop le coeur a rire de ma candeur et de mon ignorance alors ne te contrains plus de rien mon roi...

    Sa gorge était nouée mais elle était comme ces reines barbares qui même soumises devant l'empereur romain ne ployait genou que sous les coups et gardait toujours le menton haut, le regard fier et droit, même dévêtues de leur atours de noblesse. Comme elle était fière même quand elle reconnaissait ses tords, elle dégageait une force incroyable. Ses lèvres doucement serrées mettaient Ezechkiel a l'épreuve de venir leur enseigner ce que jusque là nul n'aurait osé.
    Le drap reposait sur le flanc de sa cuisse repliée et alors tout dans la chambre d'hôte semblait comme arrêté dans l'instant, dans l'expectative.

    Rosarjo- Je n'ai jamais rougi que tu me regarde quand on me donnait le bain ou quand on le prenait ensemble, mais je rougirai que tu me touche seulement...


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Wolfgang S. Orlov

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante - Page 2 Icon_minitimeSam 29 Aoû - 16:32


    Le sourire qui se dessine sur ses lèvres est la plus belle des victoires, mais de quoi vainc t-il? Sans doute de ses impuretés, de tout ce qui le rendait jadis laid. Le voilà beau, beau comme un roi, et seigneur que son cœur est heureux à ce moment là. Beau aux yeux d'une reine, n'y a-t-il pas plus grande victoire pour un homme? Il sourit lui aussi, et sa voix tremble sur le bout de ses lèvres quand de sa flamme, il fait une tirade. Il tisse là la toile d'un amour qui se voudra éternel, il le sait. Si demain il meurt, son corps s'en souviendra, et dans l'écho de l'éternité, il entendra ses mots, gravés en lui. Ses mots chauds. Speak the truth, even if your voice shakes. Il a eut la force de démettre ses plus bas penchants, il sera à même de contrôler son corps, ses désirs, même s'ils sont sains. La tirade prends sa fin, mais le roi ferme les yeux. Il sait qu'il a été trop loin, que l'on ne peut lui permettre une telle hardiesse, mais... rien ne vient. Rien, si ce n'est cette main tiède et douce sur sa joue, et ses lèvres qui l'embrassent chastement. Prude. Voilà la reine si belle, aux lèvres au goût de fruit, et aux grands yeux de jarde qui ne le punit pas, comme flattée d'avoir été élu. Le cœur du roi s'accélère dans sa poitrine quand le baiser se rompt. Il aimerait tellement plus, mais il ne dit rien. Il sait qu'il ne faut pas brusquer la belle.

    « J'ai honte de te prier d'amour alors que je n'y entends rien, et mes soupirs te doivent paraître bien mal cités pour ce qu'ils viennent pourtant de cœur. »

    Il fixe la main qui se tends vers lui, qui prends si doucement la sienne et l'apporte à son buste, à sa gorge, et au bout de ses doigts, il sent le crépitement de la vie, la palpitation du myocarde, et il sait que leur deux cœurs sont à ce moment là plus qu'un, qu'ils battent, synchrones. Ils battent en cœur, et Ezechkiel rougit doucement, comme un amant trop puéril, comme un premier contact avec sa jeune cousine, et dieu seul sait que sa main tremble, non pas de peur, mais de joie, de désir.. de tant de chose qu'il ne pourrait l'expliquer.

    « Mais si tu n'as pas trop le coeur a rire de ma candeur et de mon ignorance alors ne te contrains plus de rien mon roi... »
    « Ma Reine, ne dîtes pas de telles choses, pas en me regardant. Vos lèvres me tuent, et je souffre milles géhennes de ne pouvoir les embrasser. J'ai le coeur à vous aimer, serais-ce assez pour cette nuit? Que dis-je, pour notre éternité? »

    La main posait sur le coeur de la belle remonta lentement, et du bout des doigts il effleure sa peau, caresse chaste et lascive, qui se fait presque amoureuse. Il cherche le contact, il cherche quelque chose, et il sait qu'il l'a trouvé. Il a tant couru quand l'amour était juste sous son nez... juste là. Mais elle était là, et son visage resplendissait. Tant d'hommes auraient donné leur vie pour vivre ce moment, et il était le seul qui avait su se damner avant les autres, qui en avait eu le courage et la force. Si longtemps, pour tant.

    « Je n'ai jamais rougi que tu me regarde quand on me donnait le bain ou quand on le prenait ensemble, mais je rougirai que tu me touche seulement... »
    « Je n'oserais jamais pour embarrasser, mais mes penchants l'emportent, et je ne peux rester sage devant vous. Pas plus longtemps. » Son regard obsidien semble briller sous ses longs cils, et ils fixent le regard de jade, amoureux. « Laissez moi vous apprendre, laissez moi vous élever au rang de femme, ma Reine, et je serais de tous les rois le plus fidèle. Je serais comme un prêtre des religions païennes : je ne m'offrirais jamais plus qu'à vous. Ma vie vous est dédiée. »

    Il se penche lentement, il est fiévreux. Il sent ses joues si chaudes, et son corps brûle d'un désir sans nom. Il sait aussi qu'il ne pourra pas s'arrêter, pas maintenant, pas après tant de mots, pas après ces regards, pas avec elle. Il la désire de trop, comme il n'a jamais désiré. Il rêve de son corps depuis si longtemps, et il a bravé ses péchés. Il est pure, il est chaste, et il lui apprendra l'amour comme deux amants le font. Il lui apprendra les sentiments dans les baisers, les mots dans les yeux, et les soupirs pour toutes chansons. Il connaît bien la symphonie, il la connaît depuis si longtemps, mais cette dernière est la vraie. Il sait que les notes seront parfaites, et qu'à eux deux, leur chant réjouira plus les anges que les cantiques et les psaumes. Que David tienne avec lui sa harpe, car déjà le roi se penche, doucement, et pose ses lèvres sur celles de la lèvre. Le baiser est chaste, pure, mais il lui fait comprendre qu'à ce moment, il faut laisser tomber les murailles, et que Jéricho ne se rende. Le baiser se poursuit, brûlant, langoureux, et si doux pourtant. Si doux que le roi n'a pas besoin de la toucher pour que son désir s'anime, que son estomac se brouille d'avoir trop envie. Et plus leur salive se mélange, plus il sent son cœur qui s'accélère, et ses mains ne peuvent que tenir la tête de la jeune reine, car s'il les retire, elles se feront impétueuses. Non... le moment doit être beau. Qu'à jamais dans l'éternité il s'en rappelle.

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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante - Page 2 Icon_minitimeSam 29 Aoû - 23:52



    Ezechkiel- Ma Reine, ne dîtes pas de telles choses...
    Rosarjo- Si..
    Ezechkiel- pas en me regardant...
    Rosarjo-... je le pense, comment puis-je ne pas te regarder...
    Ezechkiel- Vos lèvres me tuent...
    Rosarjo-... je souffre chacun de nos mots...
    Ezechkiel- ... et je souffre milles géhennes de ne pouvoir les embrasser. J'ai le coeur à vous aimer, serais-ce assez pour cette nuit? Que dis-je, pour notre éternité?
    Rosarjo- C'est assez que tu m'aimes comme je t'aime. »

    Rosarjo sans pour la première fois comme son coeur peu trahir, comme il n'est pas une machine sur laquelle elle a un empire total. Un regard d'Ezechkiel et son coeur s'emballe, sentir sa main contre son coeur, qui tremble de la toucher et son souffle est court.

    Ezechkiel- Je n'oserais jamais pour embarrasser, mais mes penchants l'emportent, et je ne peux rester sage devant vous. Pas plus longtemps. Laissez moi vous apprendre, laissez moi vous élever au rang de femme, ma Reine, et je serais de tous les rois le plus fidèle. Je serais comme un prêtre des religions païennes : je ne m'offrirais jamais plus qu'à vous. Ma vie vous est dédiée. »

    Il se penche sur la reine, en elle quelque chose explose et lui noue le ventre. Leurs lèvres se touchent et Rosarjo se laisse dominer parfaitement, amoureusement. Son corps s'allonge sous ce baiser. Les mains d'Ezechkiel la touchent d'une nouvelle façon, une façon qui à le goût du feu et de la passion mais elle laisse faire, elle laisse la fougue d'Ezechkiel, douce et ardente à la fois, la prendre. Ses lèvres s'entrouvrent sur l'exemple de son cousin, mélange de salive, de caresses qui embrassent son corps et son imagination. Jamais avant elle n'aurait soupçonné qu'il puisse exister chose sur douce, caresse si intime que celle qu'ils échangent et pour dire, elle n'a encore rien vu. Un instant elle échappe aux lèvres de son bel amant pour lui répondre enfin:

    Rosarjo- Soit que mon corps devienne ton temple, que tu y sois à la fois prêtre, pécheur, fidèle et Dieu. Soit que nous vivions de nos offrandes mutuelles, comme je me donne à toi ce soir. Ne me fais pas femme Ezechkiel, fais moi tienne, ta femme pour notre éternité.

    Ses yeux scintilles sous l'effet de la promesse, sa gorge de cygne s'allonge comme elle tend les lèvres pour lui offrir un autre baiser. Ses mains cherchent ce qu'elle ne sait pas. Elles se posent sur ce si beau visage qui est à présent son icône. Le drap entre eux c'est éclipsé dans la fougue de leur amour si jeune. Ne reste que le coton de la chemise de Rosarjo si ample qu'elle découvre déjà une épaule et que les longues jambes de la belle sont offertes à la vue et au toucher. Le galbe raffermi de ses seins sous la chemise se presse contre le torse du roi. Un instant elle le regarde, elle est prête, son corps est brûlant tout comme celui d'Ezechkiel qu'elle sent tendu par endroit mais elle n'en connait pas la cause car comme elle l'a confessée, elle est ingénue en amour. Un "je t'aime" passe ses lèvres comme une caresse sur celles d'Ezechkiel. Ses mains reposent sur les bras du beau valaque et le temps se suspend une fois encore autour d'eux...


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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante - Page 2 Icon_minitime

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