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 l'amour est un tyran, par Dante

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Misha H. Vanna Syl

Misha H. Vanna Syl

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MessageSujet: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:36





l'amour est un tyran qui n'épargne personne.
Jamais nous ne goûtons de parfaite allégresse :
Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse



    Pièce en 5 Actes.

    Cast ;

    Acte 1 : Le trop de confiance attire le danger. (Slatina)
    Acte 2 : Va, je ne te haïs point. (Forteresse du Pendu)
    Acte 3 : Les plus épouvantés reprenaient de courage. (Forteresse du Pendu)
    Acte 4 : L'amour est un tyran qui n'épargne personne. (Râsnov)
    Acte 5 :


    Ezechkiel Ier Aldea, Prince de Valachie.
    Rosarjo Nospheratov, Princesse de Valachie.
    Vlad Nospheratov, Seigneur du Conseil des Vampires.
    Cyrus Enkil, Prince Perse, Doyen du Conseil.
    Alexandru Ier Aldea, Seigneur des Terres Aldea.
    Dante, Ancien Vampire.
    Jadis, Vampire engendée par Dante.
    Betsalel Himmon, Suivant d'Ezechkiel.
    Ruxandra Maar, Catin.
    Calice Targo, Servant.


l'amour est un tyran, par Dante Ezechkiel l'amour est un tyran, par Dante Rosarjo l'amour est un tyran, par Dante Vladimirm l'amour est un tyran, par Dante Cyrus l'amour est un tyran, par Dante Alexandrue l'amour est un tyran, par Dante Dantec l'amour est un tyran, par Dante Jadis l'amour est un tyran, par Dante Betsalel l'amour est un tyran, par Dante Ruxandra l'amour est un tyran, par Dante Calice


Le Cid, revisité par Dante,
Avec la collaboration d'Ezechkiel & Rosarjo,
Merci à tous ceux qui y ont participé.







Dernière édition par Misha H. Vanna Syl le Mar 11 Aoû - 13:52, édité 1 fois
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Misha H. Vanna Syl

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:40





ACTE I.
Le trop de confiance attire le danger.


    Forteresse du Pendu, Terre Aldea.

« Ezechkiel, mon fils... Approches. »

La voix du vieux Aldea résonna et le jeune homme s'approcha sans un mot. Son visage était froid et droit. Il savait ce qui allait se passer mais n'aller même pas l'éviter. Il le méritait, et il le savait pertinemment. Il s'arrêta devant cet homme et il sentit les doigts froids effleuraient sa joue dans un geste particulièrement doux. Il ferma les yeux et les doigts disparurent pour enfin frapper dans un clac sonore sa peau. Sa joue rougissait alors et la trace des doigts du vieil homme s'imprimèrent sur cette dernière, en une marque pourpre.

« ...n'as-tu pas honte de mériter si peu ta naissance? A-t-on déjà vu un prince tombait aussi bas? Regarde moi Ezechkiel. Regarde moi car sinon, je vais t'égorger. » Le vieux Aldea toussa. « Te voir avec tes catins m'insurge, le comprends tu? Ça n'est pas une attitude digne d'un prince et d'un futur roi. Pense y plus profondément cette nuit... Garde! Enfermez le dans sa chambre et qu'il n'en sorte pas jusqu'à l'aube. »

Ezechkiel hocha la tête et se releva doucement. Il sentit les larges mains lui prendre les bras et le tiraient en arrière, l'emportant dans le grand couloir de pierre noir et de marbre blanc. D'après la populace, Ezechkiel n'était pas digne d'être un roi. Il n'était qu'un sac à vignasse, un dépravé, qui mourrait sans doute de la syphilis dans quelques années. Il n'avait que dix neuf ans pourtant, mais déjà son corps se retrouvait ravager. Oui, il était beau et fin, ses hanches doucement élancées lui donnait une allure androgyne, bien que son visage soit d'un parfait masculin. Les cheveux ondulés et au carré couvrait sa nuque, ses yeux verts émeraude brillaient et finalement, son fine barbe de quelques jour, juste sur le menton, lui donnait un air de Vlad Tepes, sans en être un. Ezechkiel n'appartenait pas à la famille royale pour rien, après tout. Dans son regard, on voyait aussi la fibre des princes, cette particularité qui les rendent, ces princes de Valachie, si aptent à être terribles et bons à la fois. Si aptent à diriger un pays en pleine guerre, où l'Inquisition faisait elle même des ravages. Il regarda la porte de sa chambre s'ouvrir devant lui et dans un grincement sourd, se refermer derrière lui. Il eut un rire bref et bloqua la lourde porte d'ébène avec la chaise de chêne de son bureau. Il enleva ses vêtements et en attrapa des plus sobres. Au final, il fut vêtu d'une longue veste noire, un simple chemisier blanc avec quelques dentelles, et un pantalon tout aussi sombre que son manteau. Il attrapa un chapeau et le posa sur le haut de sa tête, un peu penchée en avant, cachant alors son regard. Il sentit son corps tremblait d'excitation quand il ouvrit les larges fenêtres qui donnaient au balcon. Devant lui, la forteresse s'étendait. Sauter de son balcon était dangereux, mais c'était faisable. Il n'y avait que deux étages après tout. Ezechkiel hocha la tête, comme pour se persuader de la réussite de sa futur aventure, et finalement sauta. La réception au sol se fit dans un impact violent. Il sentit ses chevilles craquaient mais il se releva, un peu lentement, mais sans aucune autre véritable douleur. Il sut qu'il avait réussi. Il se déplaça rapidement dans l'ombre et sauta par dessus le portail qui donnait aux écuries. A l'intérieur il poussa de la main une barrière et en sortit une cavale. Il flatta l'encolure de la jument qui piétina quelques secondes sur plage. Il n'aurait pas le temps de la seller et de prendre une bride. Il devrait partir tout de suite et ne revenir que demain... et encore se jouer de son pauvre père. Il resta quelques secondes immobile, dans l'obscurité, et finalement secoua la tête. Il fallait profiter de sa jeunesse. Il sauta et réussit à grimper facilement et agilement sur le dos de l'animal. Il en prit la crinière et la fit sortir de l'écurie. La jumeau hennissait mais dans la forêt aux alentours, les loups faisaient plus de bruit en hurlant à la lune leur rancœur.

« Calme Diskorde, calme... la nuit n'est qu'un jour sans couleur. Tu n'as pas à avoir peur. »

La jument s'immobilisa et puis repartit au galop, comme si le jeune homme lui avait insufflée son seul désir. Diskorde se mit à frapper le sol de ses lourds sabots sans aucune retenue. Ce bestiaux de trois cents kilos auraient pu décapiter à lui seul un homme. En un seul coup de sabots.

* *
*

    Slatina, dans un Bordel.

Il y eut un gloussement derrière lui qu'il n'eut pas de mal à reconnaître. Il se retourna et accueillit dans ses bras la belle rouquine, dont les longs cheveux lui faisaient étrangement penser à une mare de sang. Sans doute la guerre l'avait il ordonné à voir dans la couleur rouge la marque de sang et uniquement de sang, sans jamais y voir plus loin. Il n'y pensa, mais profondément, il se savait conditionné. Il était né avec une rapière dans la main, et il mourrait sans doute ainsi. Il regarda la jeune femme rire de plus belle alors qu'il la portait dans ses bras et elle posa presque aussitôt ses mains sur les joues du jeune homme, l'embrassant fougueusement.

« Tu es toujours aussi fou, mon bon Ezechkiel! Venir ici alors que tout au monde te préparer à déchoir de ton trône... dis moi, n'as-tu pas peur qu'un jour il arrive quelque chose à ta jolie frimousse? Oh! En pensant à frimousse, Calice n'est pas loin! » Elle l'embrasse une nouvelle fois. « Transmets ce parfum sur ses lèvres, mon beau. Je te retrouve plus tard, n'est-ce pas? Oui, bien sûr... tu n'aimes que moi. »

Elle gloussa une nouvelle fois avant de descendre des bras du prince et s'éloigna parmi les catins. Alors qu'elle sautillait vers un autre client, plus âgé, Ezechkiel put apercevoir sous son jupon robe ses sous vêtements, et son entrecuisse. Ses cuisses galbées donnaient à ses jambes une courbure digne d'une déesse, et Ezechkiel aurait blasphémé au nom du Saint Père pour avoir tous les jours des fesses aussi rondes à peloter au château. Il détourna son attention du long filet poisseux et translucide qui coulait le long de la cuisse de la jeune femme, avec un sourire cynique, et reporta son regard devant lui. Plus loin, allongé sur un canapé, Calice l'attendait. Il le regardait déjà, de son regard qui n'en égalé aucun autre. Les yeux de Calice étaient spéciales. L'un était bleu, l'autre était marron. Ezechkiel avait été frappé dès le début par cette particularité et depuis, quand il venait à Slatina, dans ce bordel, il venait le voir, lui, car sa peau sentait bon la cerise et car il avait quelque chose d'une femme, hormis le sexe. Quelque chose de meilleur. Il se rapprocha de lui et remarqua juste avant de se poser dans le canapé, écarté du hall où tout le monde s'entassait, et où les putains recherchaient des clients. Le canapé était d'angle, et si ils se plaçaient bien, ils pourraient même le faire directement ici, sur le divan de velours vert. C'est la première chose à laquelle pensa Ezechkiel avant de sourire, presque satisfait d'avoir de telles pensées. Toutes les morales sur la vertu de son père avait disparu et il ne subsistait dans son esprit que l'impétuosité de ses désirs et de ses conquêtes. Il était Don Juan dans un paradis de femme, dans un Eden céleste et insalubre, où chacune de ses femmes conjuguaient maladie et mauvaise hygiène, où l'ébat avait un goût âcre, mais où il y retrouvait un fidèle Sganarelle, un collier autour de cou. Son collier, à lui, celui qu'il lui avait mis.

« Calice, amour de mes amours, pourfendeur de mes fantasmes honnis, mon âme errante, mon jugement céleste, comment va ton derrière si étroit et si humide...? » Ezechkiel rit alors que Calice détourne le regard.
« Je croyais que tu avais une grande... bataille, demain? »
« J'en ai une, oui. Le prince eut un nouveau rire. Père veut m'envoyer à la mort. Je n'en reviendrais pas, de celle là. Depuis que j'ai engrossé cette truite de Mathurine, il me met sur le dos tous les vices à la mode, dont l'hypocrisie. Ce vieil homme veut que ma tête tombe... Ezechkiel soupira en haussant les épaules, glissant lentement ses bras autour du cou de Calice, le rapprochant sensuellement de lui. Leurs nez de retrouvèrent collés. J'ai besoin de ta chaleur pour refroidir mon coeur, mon beau Calice... Que tes ongles s'enfoncent dans mes hanches quand je viendrais en... »
« Ezechkiel! Ne sois pas si obscène... »
« Obscène? Et qu'est-ce qui est obscène? Un coït, ou une guerre? »

Visiblement vexé, le prince relâcha sa proie et Calice resta figé quelques secondes. Il ne savait pas quoi répondre, et c'était bien normal, pensa Ezechkiel. Après tout, que savait il de la guerre, cet enfant de catin? Rien. Il ne savait rien. Il savait qu'il y avait du sang et des épées, mais il ne savait pas l'après guerre, celle qui nous confronte à qui va enterrer les morts, où, quand et comment... il n'avait pas vu les corbeaux venir se repaître des corps pourris d'une semaine sur un champ de bataille d'un mois. Voilà. Il n'avait rien vu, alors il n'avait pas le droit de parler. La rouquine s'approcha alors que le servant allait parlé, mais cette dernière le double prestement.

« Calice, madame Klavdia nous appelle... »
« Pourquoi cela, Ruxandra? »

La rouquine haussa les épaules et s'approcha vivement d'Ezechkiel. Sa main glissa le long de son torse jusqu'à son entrejambe, et son doigt fit un va et vient sur le tissu, mettant à l'aise le prince qui eut un sourire. « J'arrive bientôt... » Le murmure se perdit dans le bruit de la foule. Calice se leva et jeta un bref regard à Ezechkiel qui eut un sourire. Calice était sa seule cible. Il aimait le faire pleurer... c'était sans doute très morbide, mais il avait ça. Calice n'avait aucun autre client mâle qu'Ezechkiel. Il était habitué aux petites blondes, pucelles, qui cherchent à tout prix à se faire saigner de l'entrejambe. Le prince eut un rire mauvais. Il n'y avait que lui qui était passé « là » où tous penser que le vice nous avalerait, mais il n'en était rien. Juste une formidable sensation de bien être nous envahissait à ce moment. Seulement cela... Il arqua un sourcil en voyant une silhouette s'immobilisait devant lui. Ce visage lui disait vaguement quelques choses... peut être de par la famille, ou au château. Le prince but le verre de vin qui appartenait jusqu'à alors à Calice et soupira, visiblement agacé que ses deux favoris aient disparu et qu'il se retrouve avec un homme, certes séduisant, mais qui n'était certainement pas une catin du bordel.

« … on se connaît, non? J'ai l'impression de vous avoir déjà vu. »

Le prince le regarda avec un peu d'intensité. Il savait que ce visage venait de quelque part... mais les méandres semblèrent bien vides pour lui.



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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:43




« C'est bien une chose masculine que d'aller dans un bordel...» souffla-t-elle.

La belle rouquine à la peau d'albâtre n'avait jamais rien contre un peu de débauche mais elle était d'une jalousie maladive parfois surtout avec lui. Elle avait pensé qu'ils profiteraient de ce qu'Enkil n'avait pas encore ramener la fille pour prendre du bon temps... tous les deux. Elle sentait toujours qu'il lui échappait et qu'il ne pouvait pas l'aimait comme elle l'aimait elle. On aurait juste dit qu'il appartenait à quelque chose d'autre, et qu'il ne pouvait l'aimait que comme un père incestueux qu'il était, ce qui dans un sens lui donnait une certaine liberté de penser à elle, Jadis.

L'homme détourna vers elle ses traits fins comme la porcelaine. Il avait la beauté du diable en lui et elle sentait son envie de s'amuser "à sa façon". Et puis c'était une heure avancée de la nuit, ils avaient déjà soupé tout leur saoul, la fille du Seigneur Nospheratov n'arriverait pas tout de suite. Dante poussa la porte du bordel d'un coup de pied:

« Pourtant ce ne sont pas les hommes qui s'y prêtent le mieux regarde...»

En effet une ribambelle de prostituées toutes plus aguicheuses les unes que les autres les accueillirent dans un soupir exhalant un fort relant d'hormones, de sueur et de sécrétions génitales. Dante huma l'air, s'en délectant un sourire mince sur les lèvres. Immédiatement de femmes vinrent se frotter à lui et Jadis ne lui prêta pas plus attention, se détachant des trois autres pour aller à l'étage pratiquer ses propres jeux. Jouer la prostituée l'amusait à ses heures mais le jeu tournait souvent cours quand elle commençait à s'exciter un peu trop. C'était là pourquoi Dante aimait l'emmener avec lui dans ce genre d'endroit et voir une masse de personnes, hommes et femmes, tous trop peu décemment couvert pour oser ne serait-ce que les chasser plus loin que le couloir de l'entrée.
Mais ce que Dante aimait aussi c'était observer. Voir sans être vu. Aussi il emmena avec lui les deux femmes qui se disputaient de le réchauffer lui dont la peau était si froide, jusqu'à aller s'assoir dans un sofa, en face de celui qu'il reconnu pour le prince des Valachs, lointain parent de celui qu'il servait. Ezechiel dont on racontait bien des choses qui amusait le prince de la nuit à ses heures perdues.

« … on se connaît, non? J'ai l'impression de vous avoir déjà vu. »

L'homme regardait le petit prince débauché, le visage appuyé contre son poing. Il aurait bien pu être là depuis des heures, une femme endormit lourdement sur son entrejambe qu'il n'avait pas dévêtu et l'autre allez donc savoir... Dante était ce genre d'homme dont on voyait immédiatement qu'il avait la noblesse dans le sang, à la finesse de son visage, à la grâce de chacun de ses gestes et même au noir corbeau de ses cheveux lisse comme soie et a tous ces bijoux qu'il portait. Sa lèvre inférieure, sa langue et son nez étaient percés ce qui contrastait particulièrement avec le reste de sa personne plutôt aristocrate que barbare.

« Tu as l'impression de m'avoir déjà vu... (il sourit d'une façon bienveillante)... où diable?»


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Misha H. Vanna Syl

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:45




Il y avait un son dans son crâne, un son persistant, un son parfaitement reconnaissable. Celui des gémissements... mais pas de plaisir. Son corps résonnait au rythme des cris qui hantaient depuis déjà deux semaines la grande forteresse dont il serait, bientôt, Roi. Enfin, bientôt... tout était relatif. En vue de la santé fragile du Roi actuel, il aurait pu devenir, certes, Roi, du jour au lendemain, mais de toute façon, il ne le serait jamais. La première raison était que la rejetonne de Nospheratov prendrait la suite et qu'il était depuis déjà des années écartait du pouvoir, et qu'il n'en voulait pas plus. Il jouissait déjà des lits froids du château et de leur nourriture tout aussi froide, il ne voulait pas d'un trône tout aussi froid et d'une épouse froide. Lui, il voulait la chaleur des corps, la chaleur du sang, une chaleur omniprésente. Il était ennuyé d'avoir froid... terriblement ennuyé. Pourtant, cette cousine le lui avait dit, reprochait même. « Je ne comprends pas comment un prince puisse se conduire ainsi, cher cousin. Vous ne devriez même pas appartenir à la famille royale. » Mais c'était inutile. Depuis déjà trop longtemps, la chair d'Ezechkiel pourrissait d'être trop souillée, et il voulait en finir, vite et sans douleur, chose inutile. Il mourrait de la vérole ou de la syphilis dans une trentaine d'année, il se l'était juré. Pour son bien être. Et que l'on ne vienne pas dire qu'il n'était guerrier, ce jeune homme, car derrière ses airs de putain des bordels, derrière ses goûts tordus en matière d'arme, il n'en restait pas moins Ezechkiel Aldea, premier du nom, prince du royaume Valaques. Plus d'un homme était tombé sous sa rapière, et encore plus sous son charme. C'était ce qu'il y avait de plus méprisable chez Ezechkiel : sa beauté. Il était un rêve étrange et ésotérique, où l'on se croyait tout permis, mais là était la plus terrible des erreurs : il était bel et bien réel, et les péchés vénales les plus horribles pouvaient très bien être commis en rêve, mais dans la réalité, il en était tout autrement. Ainsi, plus d'un de ses cousins avaient su profiter du vice qui habitait au fond du prince, et plus d'un en rougissait encore aujourd'hui, sous le rire hypocrite et satisfait du dernier fils Aldea. Et qu'importe si on le disait maudit, pourri, fini ou encore condamné! Damné! Maudit! Il se riait bien de la mort ; il était au dessus de cela. Il était déjà en bière... jusqu'aux bouts des lèvres, les reflux de l'alcool remontait et lui donnait l'impression de mourir. Cette petite mort n'était rien d'autre que le retour âcre des pensées les plus profondes, dont il fut extirpé par une de ses beautés qui sont à la hauteur de la sienne sans même qu'il n'y pense. Il arqua un sourcil. Un visage aussi noble, aussi beau, aussi bien dessiné, n'aurait pu qu'appartenir à la couche royale... si seulement Ezechkiel croyait encore à la noblesse et à ce genre d'hypocrites libertins et irréguliers. Il pencha la tête sur le côté, curieux. Il avait déjà croisé cet homme, mais où? C'était bel et bien la question.

« … on se connaît, non? J'ai l'impression de vous avoir déjà vu. »

A la manière des gens du peuple, il ne se présenta pas. Ici, personne n'ignorait qui il était, et on lui laissait volontiers les proies du soir afin qu'il s'en régale. C'était le dévouement total des sujets de ce bas monde. Il en aurait presque rit jaune, en y pensant... combien de ducs avait donné femmes et enfants à leurs marquis qui avaient fini par les pendre? C'était triste à en pleurer, mais il était déjà trop rempli d'alcool pour verser une petite larme. Il ne pleurait plus depuis qu'il avait deux ans de toute façon. C'était sa façon de montrer qu'il n'était pas qu'Ezechkiel, le débauché. Il était, aussi, en quelque sorte, Ezechkiel, le sans coeur, Ezechkiel, le sans peur... Ezechkiel, le déjà mort. Il eut un sourire satisfait en voyant que les vipères qui entouraient l'inconnu ne l'avait pas « profondément » touché. La plus grosse s'était endormie sur son entre jambe. A cette idée, il se demanda si la demoiselle était endormie, ou si une telle beauté était ennuyeuse à s'endormir avant même d'avoir abaisser le rempart de tissu... il douta que ce soit la deuxième supposition.

« Tu as l'impression de m'avoir déjà vu... où diable? »
« C'est justement la question que je me pose... » Ezechkiel eut un sourire plus large en claquant des doigts. « Qu'importe! Je suis déjà trop plein pour me souvenir d'où viendrait un si beau visage. »

Le sourire d'Ezechkiel laissa entrevoir des canines plus développés que la normale. La faute à ses ascendances, sans doute. Lui avait échappé à la grande règle du saignage, par quelle chance? Aucune idée. Sans doute que personne voudrait transpercer une chair si tendre, si souillée. Après tout, ça ne serait que des douleurs achevées plus tôt, une mort plus proche. En somme, une vie humaine qui s'ouvrait au prince. Une vie loin de la débauche éternelle, loin du vice et de l'ennuie engourdissant, celui qui vous prend à la gorge et vous endort. Le regard du prince se glissa sur un petit homme qui était apparu à sa droite, un plateau. Il alla pour le poser sur la table et prendre la bouteille quand le prince siffla. Aussitôt, l'homme posa la bouteille dans ses mains et les deux verres sur la table, s'éloignant dans la foule des putains. Une d'elle s'approcha, voyant le prince bien seule. Il la regarda avec un regard noir quand elle posa sa main potelée sur sa nuque, dans une caresse pourtant agréable, mais qu'il ne désirait absolument pas. Elle enleva aussitôt sa main et s'éloigna d'eux. Il hocha la tête, parlant pour lui même en ouvrant la bouteille de vin.

« Frida, dont la fleur aigre ne sent pas la rose... quelle putain des basses cours. » Il secoua la tête en servant un verre puis reprit, amusé. « ...une putain de bordel, en somme. » Il releva la tête et regarda l'inconnu. « Je vous sers. Vos accompagnatrices semblent... » Il chercha le mot, en vain. Avec une grimace, il signifia du bout des lèvres : « ...endormies. »

Il se leva et vacilla sur la droite, mais par habitude, il élança aussitôt son torse vers la gauche afin de stabiliser son corps. A la manière de son père, Ezechkiel était très grand et fin. Un corps d'éphèbe, à la peau de nacre, blanche et douce, presque féminine, sans grande forme, à peine musclée, juste assez pour qu'il puisse tenir une épée sans tomber en réalité. Sa grande agilité avait fait naître en lui d'autre dessein que ceux de la guerre, des desseins que le narrateur ne citera pas ici pour cause : censure de l'admin tyrannique. Ezechkiel regarda l'inconnu. Assis en face, il était pourtant plus facile d'y rester, dans son canapé, mais il fallait toujours qu'il complique tout, ce prince. Le Aldea grinça des dents et du se poser rapidement dans le fauteuil adjacent à celui de l'inconnu. Il soupira de soulagement en se rendant compte qu'il n'était pas tombé et qu'il n'avait pas fait tombé la bouteille et, accessoirement, n'avait rien renversé. Miracle. Il servi le deuxième verre, le sien, et poussa celui de son invité devant lui. Il posa la bouteille sur la table. Les verres étaient généreux, voir un peu trop, et il n'était plus question de dégustation, mais bel et bien de boire, jusqu'à en vomir ses tripes.... ce qu'Ezechkiel faisait quand il montait sur le cheval pour rentrer au château. Chose amusante et hebdomadaire, on vous le dira. Le prince remonta ses mèches brunes, longues et ondulés, à la façon des rois de Valachie, et fixa de son regard bleu orage les yeux.

« Ezechkiel Aldea, prince de Valachie... jusqu'à demain, si c'est possible. » Il eut un sourire bref. « Et vous? »

Il attendrait une réponse. Il n'était pas du genre casse pied, mais il aimait savoir à qui il parlait, et puis... à vrai dire, il ne retenait rien. Il n'avait pas une très bonne mémoire, et surtout pas quand son cerveau était particulièrement noyé dans l'alcool. Il s'étira comme un félin et sentit son corps étrangement engourdi. Son verre de vin était déjà bien entamé et il se sentait euphorique. Un sourire béat se dessina sur son visage. C'était déjà pour lui une bonne soirée. Une vraie bonne soirée.



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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:46



Dans quel genre d'enfer le vampire c'était-il traîné une fois encore? Non, ce n'était pas l'enfer. Seulement une pâle copies de débauche où catin et princes se roulaient aussi bien dans la soie que dans de gros draps de jute. La décadence du peuple disait-on? Dante aurait préféré le bon sens du Peuple, le manque de jugeotte de l'aristocratie.
Il était venu par pur voyeurisme, regardait le cousin de sa Reine, s'adoner aux plaisirs les plus basiques tout en sachant que derrière lui plus de deux ans de noblesse se retournait dans sa tombe. Dante avait toujours aimé le tragi-comique. Enfin le tragi-comique à sa façon, il ne manquait pas de donner un petit coup de pouce au terrible destin quand l'occasion se présentait ou que la pièce tournait plat. Voilà donc l'acte I qui s'annonçait: présentation des personnages.


« Tu as l'impression de m'avoir déjà vu... où diable? »
« C'est justement la question que je me pose... Qu'importe! Je suis déjà trop plein pour me souvenir d'où viendrait un si beau visage. »

Et le vampire de s'abstenir de réponse.
Le jeune homme claque des doigts. Ah on lui a bien appris. Aussitôt exigé aussitôt servi. Ce rend-on seulement compte de nos privilèges avant de finir la tête tranchée? Dante sait bien que non, il n'y a que le supplice du pale, la guillotine et le bourreau qui savent la vraie valeur des choses. Dante se laisse servir bien qu'il n'a aucunement l'intention de tremper ses lèvres dans le vin, l'alcool il ne l'apprécie que dilué dans le sang chaud et fruitée d'un corps vierge. La petite vérole a bien ses saveurs exotiques mais rien ne vaut la pureté d'un temple qui n'attend que la profanation.
Le vampire ne prête pas attention à la catin qui se fait remercier. Son attention est tout au petit prince.

« Frida, dont la fleur aigre ne sent pas la rose... quelle putain des basses cours. ...une putain de bordel, en somme. Je vous sers. Vos accompagnatrices semblent...endormies. »

Un sourire fin passe les lèvres de Dante. Encore les yeux de l'enfant ne sont que trop innocent et croient au sommeil réparateur. Dante bercera tous ces enfants dans ses bras jusqu'au sommeil le plus profond. Celui de ces deux amies d'un soir par exemple.

«Il semble que je les ai... épuisées.»

Il adorait jouer sur les mots, se ventant de ne jamais mentir mais de n'user que de vérités mauvaises à entendre. C'était l'un de ses jeux préférés et il y excellait. Tout n'était qu'une question de point de vue, mentir, ne pas mentir, prince, catin. La prostituée était bel et bien la reine du bordel et le prince le catin de tout ce beau monde qu'il mettait à ses pieds. Voyez donc? Tout, une question de point de vue.
Ezechiel changeait à présent de trône, se rapprochant en quelque sorte. Dante le suivait du regard toujours ce même sourire aux lèvres, ravi de voir ce que devenait le petit prince, ou le prince des petits comme certains se plaisaient à l'appeler. Dante ne voyait pas les choses de manières si tranchées. Les écarts de conduite du petit prince lui étaient divertissant et il avait une certaine affection pour ce membre de la famille.

« Ezechkiel Aldea, prince de Valachie... jusqu'à demain, si c'est possible. » Il eut un sourire bref. « Et vous? »
«Dante. Mais je sais déjà bien qui tu es mon bon prince. Si tu m'as déjà vu c'est auprès de ta cousine, Rosarjo. Les plaies de sa gorge si délicate se referme à peine qu'elle a déjà songer à te rendre visite et ce sera pour demain soir... je crois qu'elle a de l'affection pour toi...»

Il se plaisait à tout dire sans avoir rien dit du tout. Son sourire avait les charmes de tous les diables, on se serait damnés pour toucher ses lèvres déjà glacées, pour y ajouter un peu de chaleur aussi...


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Misha H. Vanna Syl

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:47




« Il semble que je les ai... épuisées. »
« Ou bien elles ont beaucoup trop bu. »

Le prince regarda les avachies sans aucun amour, sans aucune tendresse. Il détestait cela. Pas le bordel, mais le lendemain, dans les bras d'une putain. Ezechkiel était un Don Juan romantique. Il cherchait quelque chose chez tout ce beau monde, mais il ne le trouverait jamai, et qu'en bien même il le trouverait, il passerait à côté. A chaque nouvelle conquête à qui il promettait le ciel, les étoiles, la lune, ou même l'univers, à toutes celles là, il avait dit « je pars », et il était partit, sans même qu'elles ne retiennent, trop pleines de confiance. Aucune n'avait vraiment voulu l'arrêter. Aucune ne l'avait aimer. Et celles qui l'avaient gardé l'avaient ensevelies dans son lit... pauvre petit prince? Pas vraiment. Ezechkiel riait de lui. Il se disait beau garçon pour les paysannes chez les nobles, et il se disait beau garçon pour les marquises chez les paysannes. Tout juste bon à donner de l'amour, on se jouait de lui, il le savait bien. « J'ai dormi avec le Prince! » n'était plus une victoire, mais un don facile. Déjà, il avait couché avec tout l'établissement, et toutes les catins l'avaient connu jusqu'au petit matin. Et toutes se vantaient de l'avoir fait dormir dans leur draps froissés. Ça n'était pas une victoire... qu'importe la beauté, le caractère, l'odeur ou même la couleur, Ezechkiel buvait à n'en plus pouvoir, à ne plus rien voir, et donner de l'amour avant de s'effondrer. Il était pitoyable. Et il en riait.

« Ezechkiel Aldea, prince de Valachie... jusqu'à demain, si c'est possible. » Il eut un sourire bref. « Et vous? »
« Dante. Mais je sais déjà bien qui tu es mon bon prince. Si tu m'as déjà vu c'est auprès de ta cousine, Rosarjo. Les plaies de sa gorge si délicate se referme à peine qu'elle a déjà songer à te rendre visite et ce sera pour demain soir... je crois qu'elle a de l'affection pour toi... »
« Pour moi? On ne doit pas parler de la même Rosarjo, ni du même prince... Elle n'a aucune affection, et je suis loin d'être bon. »

Ezechkiel arqua un sourcil et détourna le regard, vidant le verre qu'il avait servi à ce fameux Dante. Dante... il se rappelait d'un nom de ce genre, mais où exactement? Il avait déjà trop bu pour s'en souvenir. Le repas avait été bien arrosé. La soirée avait été bien arrosé. Tout était bien arrosé chez le prince, après tout. Le Aldea regarda devant lui puis rejeta la tête en arrière, soupirant, exposant sa gorge que trop blanche, là où jamais une femme n'avait posé ses lèvres, là où jamais un homme n'avait déposé sa marque. Pourquoi? Mais car Ezechkiel n'était là que pour la présence. Il baissait son pantalon, entrait, sortait, se rhabillait et fuyait. Il donnait ses baisers chastes et sans saveur, limpide car fade, car il n'en avait pas le coeur. Il donnait l'amour de par les paroles, mais jamais par les yeux. C'était sa façon de vivre, et d'aimer.

« Rosarjo me haït. Elle me fera couper la tête quand elle sera sur le trône, car je doute que j'y aille un jour. Nospheratov est un vieux fou! Elle, lui et mon père me feront pendre à la charpente de ma chambre pour faire croire que je m'y suis moi même accroché. »

Ezechkiel reprit une position tout à fait normale, ayant mal au cou, et posa son regard, mélange de bleu et de vert, brillant de mille feux, mille feux ivre de vivre et de mourir à la fois, mille feux inertes car désabusé, et lui sourit, mais un sourire cynique, un sourire à peine plus appréciable que celui d'une dévote à un blasphémateur.

« Qu'elle reste donc avec les Immortel si c'est ce qu'elle veut. Qu'elle y aille, qu'elle aille se faire saigner par ces fous, mais qu'on ne vienne pas me dire à moi qu'éternel je deviendrais. Plutôt pourrir vivant dans une tombe que devenir comme... comme... » Il cherchait ses mots, agacé et finalement, soupira, ennuyé. « ...comme eux. »

Si Ezechkiel était supposé ne pas être « intelligent », ça n'était pas le terme approprié. Cultivé et vif d'esprit, il donnait tout simplement l'air d'un homme pauvre de culture et de lecture, mais il avait passé la majeur partie de sa vie dans la bibliothèque et auprès d'un maître d'arme, ainsi, il pouvait aussi bien défier le philosophe que le guerrier sans mourir, de honte ou blesser. Son père était un mortel, à la fois du Nospheratov. C'était la tradition,en quelques sortes. Certains étaient choisis et se faisait saigner, mais Ezechkiel avait toujours refusé. Il en avait déjà assez de cette vie, à quoi bon la prolonger à l'éternité? Il désirait périr dans le sexe, en plein acte, là où il vivra l'ultime, la plus belle, la plus grande explosion de sentiment qu'il n'est jamais vécu. Il soupira et reporta son attention sur Dante, un regard plus suspicieux. Il resta quelques secondes à le regarder, suspect, puis éclata de rire, se tordant dans son fauteuil, ses joues rouges de chaleur et d'alcool.

« Pendant un instant, j'ai cru que vous étiez un Immortel! »

Le prince se calma au bout de quelques minutes, et ses yeux étaient marqué par quelques larmes à leur commissure, larmes de rire, bien sûr. Ça faisait des années qu'il n'avait pas pleuré devant quelqu'un.



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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:48



« Ou bien elles ont beaucoup trop bu. »

Dante eut un mince sourire. Un sourire discret et rayonnant comme lui seul en avait le savoir. Ne dit-on pas que le diable a ça de fascinant que tous les artifices il les fait sien? C'est peut-être vrai, mais on oublie souvent de dire à quel point l'innocence plus encore que la débauche peu le tirer de sa couche, le fasciner et le divertir. Oui le petit prince des pauvres avait cela pour lui, il était divertissant. Un bien meilleur divertissement que ne pouvait l'être ceux qui entouraient Dante à son quotidien quoique la toute jeune cousine de notre bon prince, fleur délicate fauchée dans sa prime jeunesse était un délice dont le prince des enfers que Dante était ne se lasserait jamais. Et tiens, pourquoi ne pas la joindre à leur jeu?

« Si tu m'as déjà vu c'est auprès de ta cousine, Asphodèle. Les plaies de sa gorge si délicate se referme à peine qu'elle a déjà songer à te rendre visite et ce sera pour demain soir... je crois qu'elle a de l'affection pour toi... »
« Pour moi? On ne doit pas parler de la même Rosarjo, ni du même prince... Elle n'a aucune affection, et je suis loin d'être bon. Rosarjo me haït. Elle me fera couper la tête quand elle sera sur le trône, car je doute que j'y aille un jour. Nospheratov est un vieux fou! Elle, lui et mon père me feront pendre à la charpente de ma chambre pour faire croire que je m'y suis moi même accroché.»

Le vampire laissa planer un petit silence, taisant si c'était qu'il se délectait de la tragédie romaine que le prince Aldea était en train de lui écrire ou si c'était simplement qu'il aimait à s'entourer de mystère.

« Ce n'est pas connaître la rapière que de ne l'avoir connue que par le tranchant.»

N'était-ce pas vrai? après tout, que diable Ezechiel pouvait-il connaître de Rosarjo? Lui qui ne connaissait que le champ de bataille et les tripots à putains et elle qui ne connaissait que la soie de l'enfermement de sa prison de nacre, et l'odeur putride de la mort quand elle vous baise laissant sur vous sa poisse noirâtre comme la fange des enfers. Et cette absence. Voilà donc passé l'incipit. Deux enfants de la haute noblesse si désespérément perdu, l'un haïssant l'autre sans savoir que s'il tient encore au fil de la vie, si délicat soit-il, c'est qu'il a la pire des dettes envers son parent détesté. Et Dante, ou la main de Dieu au dessus de tout cela. Pendant un instant il eut un petit rire injustifié, se disant qu'il aurait même pu se présenter sous le nom de Fatum.

« Ils préféreront te donner au supplice du pâle en place publique pour hérésie. Cela ne ferait qu'assoir un peu mieux leur pouvoir. Mais que sais tu donc de cette enfant à qui tu portes tant de véhémence? Toi qui n'a jamais pu respirer le même air qu'elle. Jamais dans la même pièce sauf pour quelques mondanités ridicules et insipides. Qu'as tu eu à connaître d'elle outre ce silence qui lui a toujours liée la langue en ce genre d'occasions?»

Ainsi le Diable entre à l'Acte deux faisant son jeu de l'arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. Mais attention de ne pas en abîmer le fruit quand il n'est pas encore prêt à être cueilli, cela gâcherait tout le plaisir de notre doux prince de croquer dans un fruit âpre et dur. Alors que la douceur du fruit quand il est mûr ne saurait qu'entraîner le petit prince des pauvres dans un septième ciel de douceur, aggravant les conséquences de sa chute.

« Sais-tu seulement quel âge à ton jeune bourreau?» le visage de Dante était éclairé de bienveillance et de vérité. Le vampire n'avait pas la langue menteuse, il s'amusait bien mieux de la vérité que de la tromperie et pourtant l'une n'allait jamais sans l'autre.
« Qu'elle reste donc avec les Immortel si c'est ce qu'elle veut. Qu'elle y aille, qu'elle aille se faire saigner par ces fous, mais qu'on ne vienne pas me dire à moi qu'éternel je deviendrais. Plutôt pourrir vivant dans une tombe que devenir comme... comme... » Il cherchait ses mots, agacé et finalement, soupira, ennuyé. « ...comme eux. »
« Ne t'inquiéte pas mon prince, c'est déjà une mort plus douce et plus lente que la hache de Thémis qui t'habite...»

Après tout Ezechiel devait bien se douter que la Syphilis ne faisait pas de distinction de sang, prince comme souillon, on ne faisait pas différence à ce niveau là.
Le jeune homme éclata de rire, se laissant facilement deviner car il était trop grisé par l'alcool déjà. Une vive intelligence quoiqu'on en crut.

« Pendant un instant, j'ai cru que vous étiez un Immortel! »
«Il m'arrive d'y croire moi aussi... il n'y a que la fougue de la jeunesse pour croire à l'immortalité.»

Le vampire sourit malicieusement. N'était-ce pas pure vérité que ce qu'il venait de dire encore une fois?




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Misha H. Vanna Syl

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:49




« Ce n'est pas connaître la rapière que de ne l'avoir connue que par le tranchant. »

Ezechkiel arqua un sourcil. Dante se montrait réellement attaché à sa cousine... attaché à son sujet et à quoi en penser le prince. Quelle était leur relation? Le prince ne disait plus mot. Il n'avait pas vraiment connu sa cousine. Sa beauté, certes, il l'avait admiré, et sa froideur lui avait manqué sur le champ de bataille, mais jamais au point de se poser certaines questions. Il la haïssait car c'était écrit ainsi dans leur code génétique. Ezechkiel avait été élevé par les nurses quand Rosarjo avait connu le confort près de Cyrus, dans toutes les espérances du monde. Ezechkiel n'y avait pas eu le droit. Il avait été privé de l'esthétique du héros pour celle du guerrier. On lui avait mit une arme dès qu'il su marché, et on l'avait lâché sur d'autres afin de le durcir. Aujourd'hui, son coeur était impur et souillé, mais aussi opaque. Jamais il n'aimerait. C'était ainsi. Que ce soit cette cousine, immortelle bientôt, ou son père qu'il n'avait jamais vraiment connu, ni compris. Ce vieux Aldea dont la folie dépassait maintenant la grandeur et la candeur. Ce pauvre homme était un guerrier trop candide. Ezechkiel fixa Dante alors que ce dernier parlait, ajoutait quelques phrases à ces derniers mots.

« Ils préféreront te donner au supplice du pâle en place publique pour hérésie. Cela ne ferait qu'assoir un peu mieux leur pouvoir. Mais que sais tu donc de cette enfant à qui tu portes tant de véhémence? Toi qui n'a jamais pu respirer le même air qu'elle. Jamais dans la même pièce sauf pour quelques mondanités ridicules et insipides. Qu'as tu eu à connaître d'elle outre ce silence qui lui a toujours liée la langue en ce genre d'occasions? »
« Il n'y a nul besoin de connaître pour comprendre. Quand j'avais une rapière dans la main, elle avait une robe et un livre. La vraie question est : pourquoi me haït elle? Car j'ai une liberté qu'elle n'aura jamais? Que je compte pas vivre parmi ceux qui l'ont emprisonné? La vraie question, entre toutes, est celle-ci : vous en savez beaucoup sur nous alors que je ne vous connais pas. Comment expliquez vous cela? »

Le sourire d'Ezechkiel n'indiquait rien de bon. Ce jeu dans lequel Dante le plongeait le faisait déjà suffoquer. Sa cage thoracique semblait maintenant trop petite pour son coeur. Il se savait déjà malade. Il ne lui restait que quelques années à vivre avant de souffrir des pires maux. Une dernière douleur, pour un dernier voyage. A quoi bon? Après cela, il rencontrerait l'aimable silence, la bonté du chaos, la douceur du néant. Il serait rien. C'était tout aussi bien.

« Sais-tu seulement quel âge à ton jeune bourreau? »
« Qu'elle reste donc avec les Immortel si c'est ce qu'elle veut. Qu'elle y aille, qu'elle aille se faire saigner par ces fous, mais qu'on ne vienne pas me dire à moi qu'éternel je deviendrais. Plutôt pourrir vivant dans une tombe que devenir comme... comme... » Il cherchait ses mots, agacé et finalement, soupira, ennuyé. « ...comme eux. »
« Ne t'inquiéte pas mon prince, c'est déjà une mort plus douce et plus lente que la hache de Thémis qui t'habite... »

Ezechkiel eut un rire. C'était vrai. Tout le monde le savait... il était malade. Il éclata d'un rire grisé par l'alcool, d'un rire quelque peu mélancolique. En réalité, il avait peur. Il était terrifié à l'idée de souffrir avant de partir, il était pétrifié devant son destin, et il savait que s'il n'avançait pas, il finirait dans un trou béant, un trou sans nom. Ce trou, c'était celui de la mort, de la déchéance. A son enterrement, on paierait des pleureuses, mais la famille royale rira derrière son masque de deuil, rira de la perte du Prince des Catins, du Roi des Putains. Un de moins se diront la plus part, et Asphodèle sourira : une vermine de moins sur cette terre. Un déchet, un paria, une abominable créature enfin finie et abattue... Il arrêta de rire, essuyant son œil droit de son index. Cette larme était un mélange de sanglot de rire, et de tristesse.

« Pendant un instant, j'ai cru que vous étiez un Immortel! »
« Il m'arrive d'y croire moi aussi... il n'y a que la fougue de la jeunesse pour croire à l'immortalité. »

Le vampire sourit malicieusement. Ezechkiel eut un sourire bref et se laissa allait dans son fauteuil. Il attrapa le verre et le remplit de vin, mais il n'approcha même pas ce dernier de ses lèvres, et le fixa. La lueur rougeâtre se refléta dans ses yeux bleus.

« C'est toujours en fin de vie que l'on y pense... qu'ais-je fait de bien? De mal? Ais-je bien vécu? Ais-je été bon? Je ne me poses pas ces questions, mais au fond, je ne suis qu'un homme... » Il eut un rire et se leva, posant le verre sur la table, vacillant au passage. Il regardait ailleurs, parlant pour lui même. « Je pense que dans le fond, j'aimerais être aussi éternel, mais les chiens galeux sont écartés. On ne garde que la bonne race... qu'importe. J'aurais moins de regret à avoir vécu comme j'ai vécu qu'à plié devant leur couronne. Je ne veux pas de leur trône s'il faut pour cela abandonner mes ardeurs et mes désirs les plus pressants. Il me déplaît autant de vivre que de mourir... je crois. »

Se tournant, dos au vampire, Ezechkiel s'étira. Il était déjà tard, et il n'avait aucun garçon, aucune putain, à son bras. Le prince se serait il assagit? Non. Il n'avait juste pas le courage de faire quoi que ce soit. Mourir. Vivre. Ces notions lui donnaient le tournis. Il allait rentrer... le vieux Nospheratov allait encore le voir et gronder comme un fou sur lui. Il rirait encore à son nez. Il aimerait vraiment une claque, quelque chose de plus concret que des paroles, mais il ne frapperait jamais... il le tuerait. Se tournant sur lui même, posant son regard sur Dante, Ezechkiel demanda, d'un ton calme :

« Allons voir Rosarjo. Je devrais peut être l'écouter, au moins une fois, avant demain... »

La bataille de demain allait être la plus terrible. La forêt dans laquelle il irait chasser les ottomans étaient remplis de loup aussi grand que des bœufs. On disait d'eux qu'ils venaient du château même des Nospheratov, de la forteresse royale, mais Ezechkiel n'en savait rien. Ce qu'il savait, c'est qu'il allait mourir. Il y avait derrière les troncs vingt milles turcs. Ils étaient à peine cinq milles hommes contre eux. Il devait dire au moins une fois, à Rosarjo, qu'il la haïssait car c'était écrit, non parce qu'il le voulait. Que c'était ainsi..; et qu'il n'était pas qu'un Prince des Putains, mais son Cousin. A elle. Et à elle seule... Il soupira. Ses pensées étaient confuses. Il se tourna et se dirigea dehors. La bise froide le rafraîchirait, lui ferait passait tout ce qui remontait dans son être tout entier. Il trembla, attrapa les rennes de sa cavale et monta sur cette dernière. Il serait là bas en quelques minutes. Il connaissait de bons raccourcis. Il ne regarda même pas derrière lui, si Dante le suivait, il partit aussitôt, frappant les flancs de la jument qui hérissait alors, partant en flèche vers la forteresse. Aldea serait debout, et la famille Nospheratov aussi. Tout le monde était debout à cette heure... c'est pour cela qu'il revenait, à chaque fois, avant l'aube. Comme pour provoquer... c'était divertissant. Ça lui rappelait qu'il appartenait à cette famille, qu'elle se souciait de lui... ou de son image. Qu'importe. La cavale s'arrêta et piétina sur le sol. Il descendit et aussitôt un palefrenier s'approcha, attrapant les rennes. La forteresse se dressait devant lui, fière et noire. Il respira profondément et poussa la porte de cette dernière, donnant aussitôt sur une grande allée et des trônes, une sorte de salle de conférence. Une salle où ils étaient toujours là, à dormir, à ronfler, à boire du vin à l'odeur âcre, à se coller, les uns aux autres. Êtres infâmes. Qui serait là ce soir? Il n'en savait rien.

Et il saurait.



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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:49



« Il n'y a nul besoin de connaître pour comprendre. Quand j'avais une rapière dans la main, elle avait une robe et un livre. La vraie question est : pourquoi me haït elle? Car j'ai une liberté qu'elle n'aura jamais? Que je compte pas vivre parmi ceux qui l'ont emprisonné? La vraie question, entre toutes, est celle-ci : vous en savez beaucoup sur nous alors que je ne vous connais pas. Comment expliquez vous cela? »
« Mon prince c'est parce que tu vis avec moi chaque jour et chaque nuit sans même me voir. Tout comme l'enfant-roi ne voit pas la nurse qui lui a donner le sein, il ne voit pas l'enfant que lui donnera la catin.» fit-il dans un éclat de rire si enfantin...

C'était qu'il en avait mangé des éclats de rires innocents, des larmes aussi mais surtout beaucoup de soupirs. Les soupirs étaient sans doute l'expression la plus fidèle de tous nos sentiments. Et Dante riait. Il aimait rire, il riait souvent et plus souvent encore se riait-il de ceux qui ne savaient pas rire. Une robe et un livre. Le démon était tenté de commenter cette dernière appréciation du prince mais cela aurait desservi une tragédie déjà si bellement avancé vers son acte deux: l'entrée de l'élément perturbateur. Il fallait le savourer d'autant mieux qu'on en connaissait la fin et Dante pour sa part ne se lassait jamais de regarder tous ces petits personnages se précipiter vers leur propre fin, finir embrochés sur la dague du destin, après avoir tant couru pour lui échapper. C'est ce que les mortels appelaient: prendre son destin en main. La jolie phrase, n'est-ce pas?
Alors laissons donc le bon prince Aldea haïr sa cousine, lui enviant un fruit qui, lorsqu'il l'aura goûter, lui fera regretter sa pauvre rapière. A quoi bon le lui dire tout de suite, la robe et le livre sont parfois bien plus cruels que la guerre, mais rien ne sert d'attiser ainsi une haine si farouche, il faut partir à point pour ne pas manquer le spectacle d'une déception plus amère encore. Il paraît que le théâtre purge les passions. Cela s'appelle "catharsis", il faudrait bien que Dante trouve une catin à faire sienne cette nuit pour se remémorer une si belle nuit où il avait été le meilleur des metteurs en scène.

« C'est toujours en fin de vie que l'on y pense... qu'ais-je fait de bien? De mal? Ais-je bien vécu? Ais-je été bon? Je ne me poses pas ces questions, mais au fond, je ne suis qu'un homme... » Il eut un rire et se leva, posant le verre sur la table, vacillant au passage. Il regardait ailleurs, parlant pour lui même. « Je pense que dans le fond, j'aimerais être aussi éternel, mais les chiens galeux sont écartés. On ne garde que la bonne race... qu'importe. J'aurais moins de regret à avoir vécu comme j'ai vécu qu'à plié devant leur couronne. Je ne veux pas de leur trône s'il faut pour cela abandonner mes ardeurs et mes désirs les plus pressants. Il me déplaît autant de vivre que de mourir... je crois. »

« Je te sens bien amer petit prince. Pourquoi ne pars tu pas prendre le fruit qui t'es du. Croques-y à pleines dents, rien ne t'empêchera de le leur jeter à la figure ensuite et de mener la vie qui te semblera la bonne.»


Ceci le vampire ne l'a pas dit, il l'a simplement suggéré en pensée et voilà que son héros fort de ses impressions, et du vin qui lui a donné le sang chaud si non la trajectoire juste qu'il faudrait avec, de répondre:

« Allons voir Rosarjo. Je devrais peut être l'écouter, au moins une fois, avant demain... »

Et le diable de se faire docile et complaisant. N'est-il pas lui aussi le serviteur de vos plus bas instincts? Pour le moment soyez en assurés. Dante va pour lui emboîter le pas mais finalement c'est au pas de la porte qu'il s'arrête pour le regarder éperonner le flanc de sa jument.
Le premier acte ne peut simplement pas finir ainsi. Il faut du feu, des chairs embrassées et de l'action.
A l'étage Jadis s'ennuie déjà, ses partenaires l'ont lassées. Aussi a-t-elle voulu les goûter dans ce qu'ils avaient de plus excitants et il s'en serait fallut de peu que le première acte de la tragédie de Dante vaille un vulgaire Critias. C'est que le diable n'a pas petite opinion de lui même. Mais une bonne catin qui passait par là devait relever le tout et sauver notre tragédie en un long cri strident! SORCIERE! Sorcière qu'elle crie! Un strigoï dans la belle langue slave! Et notre jouvencelle de jeter la lampe à huile au visage de sa démone qui s'esquive, laissant le vin et le rhum attiser l'incendie. Elle rejoint son cher maître qui a déjà un nouveau compagnon, un certain Catharsis.

FIN DE L'ACTE I
tombé de rideau




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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 13:53





ACTE II.
Va je ne te hais point.


    1550, Royaume de Valachie, Forteresse du Pendu
    Slatina, Terres des Seigneurs Aldea.


La nuit était noire d'encre et quelques étoiles perçaient la voûte ténébreuse de leur lances au blanc éclatant. Une voiture à quatre chevaux passa en trombe dans la ville de Slatina. A l'heure où nous sommes, pas encore d'incendie. La nuit est déjà bien avancée mais si beaucoup de braves gens dorment, encore quelques uns ne trouvent pas le sommeil. Comme si on sentait qu'il se préparait quelque chose à la forteresse du pendu. L'ombre de la terrible bâtisse se dresse comme un fouet dans la nuit, par dessus les noirceurs de la forêt et à très peu de distance, la falaise et ses crocs acérés ont vue jusque sur l'Olt et même au delà. Il faudrait être fou pour croire pouvoir prendre Slatina par la ruse. La voiture passe à proximité des mines d'Alro dont seuls les grands seigneurs on connaissance à cette époque. Les fenêtres sont masquées de velours noir et les chevaux suent comme si c'était le diable qu'on avait mis à leur trousse. En parlant de lui, il les attend. Les occupants de la voiture. Dante est encore à jouer auprès du Prince le moins aimé de la demeure royale, mais il sait déjà qu'à l'heure où ses doigts caressent les boucles rousses d'une prostituée endormie dans son dernier sommeil, la voiture passe les grilles menaçantes de la forteresse du pendu.

Immédiatement, ce ne sont que serviteurs richement encapuchonnés qui apparaissent, accouchés par la noirceur environnante. Ils semblent tous servir les habitants de la voiture. Un homme sort de la forteresse dans de riches robes dont la nuit éteint les couleurs. A son approche, tous lui paye les égard qui lui sont dus, puis la porte de la voiture s'ouvre dans un bruit de crochet très net. Les chevaux vont être bientôt déharnachés et rentrés à l'écurie. De belles bêtes, puissantes, à la robe luisante. Une silhouette se détache avec une grâce manifeste. Un homme de haute stature. Ses épaules larges laisse deviner un guerrier malgré ses atours d'érudit et la nacre de ses cheveux blancs tombants à mi-épaule. Ses yeux percent l'obscurité environnante d'un éclat limpide, bleuté et terriblement sévère. Mais pas un mot ne passe ses lèvres, et la blancheur spectrale de sa peau ne font qu'ajouter à ce personnage déjà si charismatiquement particulier. On se courbe jusque terre devant lui pourtant il ne semble pas s'en émouvoir. Il se meut avec la souplesse d'un félin et pourtant avec ce que l'on dit de lui, de son âge surtout, on se serait attendu à le voir crouler sous le poids des années, terrassé par le temps. L'ombre d'une main tendue, la sienne, se découpe dans le noir. Une autre, incroyablement délicate se pose avec douceur sur le daim noir du gant de Cyrus Enkil. Le pan d'un manteau blanc émerge de la voiture dans un pas élégant. Les regards ne peuvent que se lever vers la blancheur de la damoiselle qui vient de poser le pied dans la cours de la forteresse des Aldea. Aurpès de la silhouette de son tuteur, elle paraît frêle, délicate comme une danseuse de boîte à musique dont le corps entier et le visage serait gardés secret par les pans d'un tissus si riche. On a peine à imaginer comment elle peut se déplacer avec une si belle aisance, sous le poids d'un tel manteau. Pourtant pas un bruit de pas dans la cour de la forteresse au pendu. Pas un mot échangé. Puis c'est un dernier homme qui se glisse hors de la voiture. A sa façon de faire on devine un homme de dureté, un homme imposant qui se sait maître où qu'il aille. Son seul regard bleu acéré dans la nuit condamne tous ceux qui ont cherché à poser les yeux sur sa fille, la bientôt très puissante Rosarjo. On sait que des têtes sont tombées tranchées nettes pour bien moins qu'un regard. Vlad Alexandrei Nospheratov est alors un seigneur cruel et puissant. On loue sa valeur en guerre, on pleure devant son intransigeance en tant de paix. Nospheratov salut le vieux Aldea qui se montre également pleins de bonnes grâces envers son lointain parent. Puis, les invités et leurs mystérieux serviteurs disparaissent dans la forteresse dont les deux portes béantes se referment sur eux comme la porte de l'enfer.

Nospheratov et Aldea sont en grandes discussion.

« Cyrus. Que l'on conduise ma fille à ses appartements, je ne veux pas qu'elle en sorte avant ce soir.»l'érudit s'incline en signe d'approbation mais alors qu'il tourne les talons,'« rejoints nous quand tu auras fini. Nous avons à discuter.»

Les voûtes de la demeure sont glaciales et grises comme la mort. C'est la pensée qui traverse l'esprit de la damoiselle au manteau blanc pur. Elles sont de la même pierre que celle qui referment les caveaux du cimetières près du château de Bran. On dirait que cette bâtisse n'a repris vie que pour sa venue. On la précède. On lui ouvre la porte de ses appartements en prenant soin de ne jamais lever le regard vers elle, ni vers ce qui sera son boudoir jusqu'au lendemain soir. Seul Enkil la suit dans cette chambre. La pièce est immense et vide. Un lit magnifique trône au centre. Tout vêtu de soierie et de satin blanc supportés par un cadre d'ébène noir. Le sommet de la forteresse offre effectivement une vue magnifique au delà de la rivière Olt comme on le lui avait dit. La princesse Rosarjo dévêt son capuchon blanc avec lenteur sans craindre le regard de son tuteur. Elle pose le lourd manteau sur le lit, arborant en dessous une tenue plus simple. Une robe noire au plastron pourpre, toute de velours elle aussi. Un tour de cou large orné d'une croix habille sa gorge. Elle défait la longue natte qui noue ses cheveux noirs d'ébènes, et se défait également du cercle d'or qui asservit ses tempes délicates. Princesse sans pudeur? Certes non, mais ce n'est pas une maniérée. Elle est rompue à bien des arts auxquels nulle femme en son temps n'auraient eu accès. Elle a appris des tours qui la ferait pendre pour sorcellerie si elle n'était pas si bien née. Et pourtant...

« Ne pense pas trop à demain.»
« C'est à hier que je pense, car je sais qu'il sera pareil à demain.»

Les mains délicates qui ont la couleur déjà le lustre de l'or vont cherché le fermoir du bijou qui orne sa gorge si délicate. Puis c'est le lacet du corset qu'elle défait, ne craignant de présenter au vampire son dos nu. Enkil approche et passe sa main sur la peau ferme et tiède de Rosarjo. Sous ses doigts sensibles il sent encore les marques de ce qu'il a soigné la veille. Il se mort au poignet et soigne les fines cicatrices qui barrent le dos de la princesse en y appliquant de son sang. Rosarjo se laisse faire sans un mot. C'est une enfant très dure quand on sait qu'elle n'a que quinze ans.

« Ne le brave plus comme tu l'as fait hier... pas encore.»

Elle ne lui répondit pas. Il la quitta refermant doucement la porte sur elle. Elle alla se vêtir d'une simple robe de chambre avant de s'assoir près d'une des immenses fenêtres de pierre. Son regard plongea dans le perçant des étoiles en même temps qu'elle brossait ses cheveux noir de jais.











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Misha H. Vanna Syl

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 19:38



La nuit est encore noire, si peu avancée. Ezechkiel se sent comme un voleur, sans butin. Un guerrier sans épée. Il est nu sur sa cavale qui galope, plus vite, de plus en plus vite, vers la Forteresse du Pendu. Il est nu de crime. Sur ses mains, aucunes marques. Sur son dos, aucunes griffures. Aucune odeur sur sa peau, aucun baiser n'aura brûlé son corps, consumé son corps cette nuit. Et il se sent pourtant bien, atrocement bien d'être vierge. Une nouvelle liberté? Le voilà euphorique, trop plein de vin et de bonnes intentions. Il tire sur la bride de sa cavale, arrivait devant la grande porte de la Forteresse, ornée de clous de fer. Il a un sourire et les portes s'ouvrent. La forteresse est silencieuse, comme à son habitude. À croire que les habitants ne supportent pas que l'on trouble leur sommeil pourtant si profond. Il tape sur le flanc de la jument qui avance. Ses sabots frappent avec force le pave de pierre noire, et elle secoue la tête, un semblant furieux au fond des yeux. Il s'assombrit soudain en voyant la charrette de ses aïeux dans l'écurie et son regard n'est plus allumé d'envie de vivre. Une flamme s'est éteinte, et une autre bien sombre remplace sa précédente, crépitante, mais pas assez. Comme une braise sous la cendre, la fougue du prince disparaît derrière un visage dur et emprunt de gravité. Il descend de sa selle, et laisse aux garçons d'écurie la charge de Diskorde, qui se cambre et hennit, comme si elle était animée de la haine qui ronge son maître. À ce moment, dans la cours de la forteresse, une tête brune apparaît, le visage fin et clair, un regard d'ambre derrière des mèches brunes. Le prince arque un sourcil, un sourire bref s'affiche sur son visage, l'espace de quelques instants.

Betsalel, dis-moi que je me trompe, que cette calèche n'est pas celle de ce vieux fou de Nospheratov, siffla le prince.
Tu savais depuis prêt d'une semaine qu'il devait arriver cette nuit, avec Cyrus et ta cousine, Rosarjo, souffla le nouveau venu, visiblement dépité. Tu ne retiendras donc jamais les avertissements de ton père? Le vieux Aldea est furieux, et toi, tu as quitté la Forteresse de Slatina, encore une fois. S'il apprends que tu es entre ces murs, il t'égorgera.
Il ne peut pas, sourit Ezechkiel. Il ne peut pas, car ma mort est prévue pour demain.
Tu es fou...
Mais tu m'aimes ainsi, mon fidèle ami.

Betsalel fit une brève révérence, un sourire moqueur aux lèvres, alors que le prince avait regagné sa bonne humeur. Il regarda les portes, serrant les dents, et se demanda pourquoi il était ici, et surtout, si c'était une bonne idée. Aller voir Rosarjo? Pas vraiment sûr que ça plairait à son père, mais qu'importe! Il allait faire cela dans les règles. Comme une dernière volonté, en quelques sortes. Il poussa la porte qui menait à la grande salle, celle qui servait à accueillir les hauts de ce monde, desquels faisait partit Cyrus, Doyen du Conseil, et le seigneur Vlad Nospheratov, père de Rosarjo, et membre du Conseil. Un membre influent. Tout comme l'était le père d'Ezechkiel. Betsalel, derrière, suivait au pas son Maître. Ces deux là avaient grandis ensemble. Betsalel, fils de bonniche, bien élevé, garde du corps, et parfois amant, quand l'enfant devenu prince connu les premiers plaisirs du corps, mais plus tard avait refusé de devenir plus que cela. Le temps avait emporté en loin les tristesses du prince, ou sans doute les avait il plongées dans la misère des bordels et des catins. Il avançait calmement, toujours très calmement. Le visage grave, le regard bleu qui cherche un détails, quelque chose. Il s'arrêta quelque seconde, à la hauteur de la porte, juste en face de cette dernière. Il ferma les yeux, quelques secondes, agacé. Derrière cette porte, il y avait les deux figures qu'il haïssait le plus au monde : son père et son oncle. Le vieux Aldea et le vieux Nospheratov. Deux indétrônables membres du Conseil. Deux horribles créatures, immondes, inflexibles. Betsalel derrière attendait, se demandant ce qu'il allait faire. Fuir, comme il l'avait fait si longtemps? Ou affronter, avec de l'alcool dans le sang? Le prince secoua la tête, toqua trois fois à la porte et entendu un froid « entré » et poussa la porte. Il se retourna et fit signe à Betsalel de rester en dehors. Le servant fit une révérence et ferma la porte. Détournant le regard de la lourde porte, Ezechkiel se retourna et sentit presque aussitôt sa joue rougir brutalement et ses jambes vacillaient sous son poids, son estomac se tordant dans une douleur abominable. Il resta à genoux, sur le sol, cherchant à reprendre son souffle, son père, immense montagne, se dressant alors devant lui.

Ne t'ai-je pas ordonné de rester à Slatina, fils?
Je... Un nouveau coups s'abattit sur le lui, le faisant taire.
Tu es encore allé te débaucher dans ce bordel? Que tu es pitoyable, prince des putains. Comment ai-je pu t'engendré, clébard insupportable que tu es? Et ne me dis pas de demander à Betsalel si tu es sortit ou non, je sens le vin d'ici. Tu comptes gagner la guerre ainsi? Quand réfléchiras-tu un peu?
Comme si je pouvais la gagner, souffla le prince, à genoux. Il ajouta, dans un murmure : n'ai-je donc pas le droit à un peu de compassion de votre part, mon père? Ne suis-je qu'un bâtard de plus dans votre liste de descendants? Ou êtes vous à court de généraux pour vos armées? Ou est-ce juste votre suprême gentillesse qui disparaît devant de tels invités?

Le vieil Aldea se tu. Derrière lui, au fond de la pièce, assit dans des sièges de velours rouge sang, se dessinait deux silhouettes. L'une maigre, presque rachitique, avec un visage morbide : Vlad Nospheratov. À ces côtés, le Doyen, qui paraissait pourtant plus jeune à côté du père de Rosarjo : Cyrus Enkil. Le vieil Aldea se ravisa, reculant de quelques pas, faisant claquer sa langue sur son palais.

Car demain tu as une grande bataille, je peux consentir à t'accorder un souhait, dans les limites du réalisable. Et sache dors et déjà que renoncer à cette bataille n'est pas dans ces limites, et c'est moi qui fixe ces dernières.
Je ne fuirais pas, Père. Vous ai-je déjà déçu à la bataille? N'ai-je donc jamais porter le coup où il le fallait? J'ai battu plus d'ottomans que le nombre de pierre qui monte cette forteresse. J'ai mené plus de bataille que je n'ai eu de conquêtes. Je suis un guerrier avant d'être un prince.
Et un débauché avant d'être mon fils. Mais parle, je t'écoute, siffla Alexandru.
J'aimerais, avant ma mort prochaine, articula t-il lentement, m'entretenir quelques heures avec ma cousine, la Princesse Rosarjo Nospheratov. Un silence de mort s'abattit, et à l'air des invités, la suite ne serait pas de bonne augure. Je n'ai jamais vraiment porté d'attention à cette dernière, et me voilà dans le doute : n'est-elle pas de ma famille, la seule, l'unique, et ne suis-je donc pas son cousin? Ma tendresse, si elle ne peut se perdre dans des passions sales et interdites, qu'elle s'en aille vers Rosarjo, comme une ébauche de rédemption, puissant ses arguments dans une affection tendre et chaste. Ma bonne foi m'a faites venir en ces lieux, vous le demander, à vous, Seigneur Vlad Nospheratov. Si je n'avais été à l'aube de ma mort, je n'aurais jamais foulé les pierres de cette forteresse, et je ne serais sûrement pas à genoux, ici bas, devant vous. Je soumets à votre personne ma requête, aussi dur à comprendre soit-elle, j'espère que vous prendrez en compte les efforts que j'ai fais, cette veille de jour funèbre.

Se redressant un peu, le prince toussa. Le regard d'Ezechkiel fixait les pieds de son père. Il posa un seul genoux à terre, adoptant alors une posture plus noble, posant une main sur son genoux pour s'équilibrer. Le vieil Aldea recula, son regard glissant vers Vlad Nospheratov, haussant nonchalamment ses épaules :

Je pense que la décision est votre, Seigneur Nospheratov.

Figé, Ezechkiel ne bougeait pas. Il jouait, en quelques sortes, à un jeu dangereux. Mais il avait toujours était particulièrement attiré par ces flammes, là, dangereuses mais ô combien fascinantes.


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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 19:42


Dans la sombre forteresse du pendu, les murmures courent les pierres moyenâgeuses comme des frissons d’horreur et chaque mur transpirent d’effroi ses relents de vieilles pierres, de mousse et de moisissure que l’on trouve dans n’importe quel château d’un peu plus de 200 ans. Le monde sort tout juste de l’âge des ténèbres dit-on et pourtant les grands seigneurs qui coulent comme des ombres le long des couloirs de leur vieille demeurent perçoivent en secret que la réforme protestante et l’abrutissement des religions nouvelles et d’un Dieu tout juste né, La Science, ne peut qu’être un puits sans plus noir encore que celui de l’époque que l’on vient de quitter. Il en a pourtant fallu du temps pour s’extirper de l’archaïsme et de la crasse du XVème, et finalement voir accoucher quelques fruits pourris dans la lignée si noble des Bessarabi, la comtesse Erzebeth dont la beauté se vantait au-delà de nos frontières, le petit prince des putains, Ezechkiel, le mal venu… Mais ce n’était pas de ces angoisses là que frémissait la forteresse ce soir. Elle avait en son sein les créatures les plus ignobles et les plus fourbes que le pays ait porté, les plus puissants aussi. Nospheratov et Aldea en pleine conversation. L’un regardant l’autre d’un œil condamnateur, l’autre rompu des manières les plus avilies qu’on ait pu faire pour plaire à un tel homme. Et alors, le rejeton mal élevé de ce dernier : Ezchkiel. Un sourire supérieur arqua les lèvres de l’Aîné quand il vit pleuvoir les coups sur la jolie frimousse de son neveu. Lui-même, Vlad, battait sa propre fille pour l’endurcir quand il le jugeait bon mais jamais ô grand jamais, parce qu’elle l’avait déçue. Rosarjo, la fine fleur du sang de leur famille, le joyau terrible d’une couronne que peu auraient les épaules de porter… certainement pas ce minable qui se traînait aux pieds de son père comme une larve.

– Comme si je pouvais la gagner, souffla le prince, à genoux. Il ajouta, dans un murmure : n'ai-je donc pas le droit à un peu de compassion de votre part, mon père? Ne suis-je qu'un bâtard de plus dans votre liste de descendants? Ou êtes vous à court de généraux pour vos armées? Ou est-ce juste votre suprême gentillesse qui disparaît devant de tels invités?
- Une larve qui a tout de même de la verve…’, notait tranquillement Cyrus l’Ancien à l’intention de l’Aîné.

Nul n’avait le droit d’opposer face à Cyrus Enkil , son ancienneté lui donnait tous les droits et pourtant il n’en usait que rarement et toujours de façon à ce que rien de ce qu’il ait dit ne puisse perturber réellement les choses dans leur lancée. Nospheratov ne releva pas, sembla-t-il.

– J'aimerais, avant ma mort prochaine, articula t-il lentement, m'entretenir quelques heures avec ma cousine, la Princesse Rosarjo Nospheratov. Un silence de mort s'abattit, et à l'air des invités, la suite ne serait pas de bonne augure. Je n'ai jamais vraiment porté d'attention à cette dernière, et me voilà dans le doute : n'est-elle pas de ma famille, la seule, l'unique, et ne suis-je donc pas son cousin? Ma tendresse, si elle ne peut se perdre dans des passions sales et interdites, qu'elle s'en aille vers Rosarjo, comme une ébauche de rédemption, puissant ses arguments dans une affection tendre et chaste. Ma bonne foi m'a faites venir en ces lieux, vous le demander, à vous, Seigneur Vlad Nospheratov. Si je n'avais été à l'aube de ma mort, je n'aurais jamais foulé les pierres de cette forteresse, et je ne serais sûrement pas à genoux, ici bas, devant vous. Je soumets à votre personne ma requête, aussi dur à comprendre soit-elle, j'espère que vous prendrez en compte les efforts que j'ai fais, cette veille de jour funèbre.

Un sentiment de colère s’insinua entre le quatuor mais rien ne fut dit sur l’instant. Nospheratov releva le visage et ses yeux terribles tombèrent sur cette larve pour laquelle il n’avait que mépris :

- Ton affection ?,’ siffla-t-il entre ses dents d’un voix traînante et terrible. Chaque mot qui sortirait de sa bouche à présent serait comme une strangulation lente et calculée, ‘Rosarjo n’a que faire de ton affection prince Ezechkiel mais, je vais tout de même consentir à ta requête. Non par diligence à ton endroit mais pour que tu puisses contempler le dégoût que tu as inspiré ta vie durant et l’inutilité de ton existence dans les yeux d’un être qui en tout point est l’opposé de toi, Ezechkiel.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée seigneur, avec tout mon respect.,’ intervint Enkil.

Un instant flotta sans qu’aucune décision ne fut réellement prise. Puis les ombres se mirent à parler.

- Mon seigneur, permettez que je me mêle de ce qui ne me regarde pas’, Dante se glissait hors d’un recoin sombre sans surprise, du moins pour les deux plus anciens présents, ‘quel mal peut-il y avoir à ce que demande le petit prince si avili soit-il ? Que pourrait-il arriver ? Au pire qu’il meure cette nuit plutôt que demain si il devait déplaire à Rosarjo en quoique ce soit… Vous ne douteriez pas d’elle n’est-ce pas ? Qu’est-ce qu’Ezechkiel fasse à Rosarjo, un vulgaire macaque tout au plus, un animal exotique tout juste bon à nous divertir de ses manquements…

Dante était de tous les orateurs qui fut, le meilleur de loin, jamais égalé. Et pour cela, on le plaçait souvent juste derrière l’Aîné et tous les craignaient et le respectaient comme il se devait. Jadis, sa fidèle suivante, le suivait avec une grâce qui n’appartenait qu’à elle et qui faisait toujours déplacé, mais on ne l’aurait jamais congédié.

- Croyez m’en seigneur, cette rencontre ne peut que servir la princesse dans son éducation.

Il fut donc convenu qu’Ezechiel aurait ce qu’il demandait. On ordonna que Betsalel le conduise à la tour, au pied de l’escalier à colimaçon qui menait à la chambre de Rosarjo. Le serviteur s’exécuta mais une fois que la lourde clé de fer eu grincé dans la serrure qui interdisait l’accès à l’escalier, Betsalel du s’effacer : nul ne pouvait voir Rosarjo qui ne fut d’un sang noble parmi les plus nobles. Ezechkiel devait donc continuer seul.

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Misha H. Vanna Syl

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 20:33



Un vulgaire macaque. Le regard sombre et la mine de marbre surprit Betsalel. Ezechkiel était d'un naturel léger, toujours souriant avec tout le monde... non. Cet Ezechkiel avait subitement disparu pour faire apparaître le vrai visage du prince, un visage dur, grave et froid à la fois. Le jeune Aldea, à la différence de son père, était quelqu'un d'intelligent, et il savait se faire passer pour un moins que rien auprès de n'importe qui pour mieux rivaliser. Qui se serait soucier d'un si petit homme, après tout? Si laid? Si sale... personne. Et c'était bien là le problème. Betsalel lui suivit sans un mot. La joue droite d'Ezechkiel était pourpre, et de ses lèvres, un fin filet de sang coulait lentement, mais il ne disait rien, pas un mot. Betsalel marchait toujours, mais il lui sembla – et c'était bel et bien le cas – que c'était surtout le prince qui le guidait et non pas Betsalel.

« Tu saignes... »

Ezechkiel ne répondit pas. Le prince était lunatique? Pas vraiment, mais il jouait. Il avait rapidement compris que la vie ne se contenterait pas d'un vieux fou sur le trône, et que ce dernier serait trop heureux d'avoir engendrer quelqu'un de meilleur que lui. Alexandru Aldea devait souffrir d'avoir été le plus vilain des hommes, et pour cela, Ezechkiel était le meilleur. Le sans-honte, voilà comment il aurait du s'appeler. Il était un guerrier, il était un prince, que diable! mais on était tellement choqué de son comportement... Seigneur! Quel comportement! Il s'affichait avec des catins? Mais Dieu! Il n'était tout de même pas le seul! Ezechkiel avait vite désenchanté dans son château. Les premiers instants à l'épée, la première tirade avec une châtelaine voisine, ses premiers draps... oui, il aurait pu être marié et avoir des enfants déjà, mais c'était une vie trop facile, trop banale. Il allait marqué les esprits! Demain, la bataille, il la gagnerait, et tout le monde verrait non pas en lui un simple prince aimant les bordels, mais un guerrier avant tout. Enfin, c'est ce qu'il espérait. Betsalel s'arrêta devant la porte. Cette dernière pesait si lourd que trois hommes étaient nécessaires pour l'ouvrir. En ébène noir – à coeur rouge – le bois était lourd, recouvert d'une fine couche de fer forgé et gravé. Un dragon-basilic se dessinait alors sur la façade, majestueux. À l'image de Vlad Nospheratov dans sa première jeunesse. Betsalel recula et Ezechkiel ouvrit avec un peu de mal la porte à lui tout seul. Le sang sur ses lèvres se sécha et il passa la langue dessus. Il n'y avait personne dans la chambre, et Ezechkiel demeurait le plus sérieux. Malgré le taux d'alcool dans le sang de ce dernier, il n'en restait pas moins imposant, plein de prestance et désinvolte derrière ses mèches brunes. Tout le contraire de ce qu'il avait été quelques secondes auparavant. Il toussa mais personne n'apparut. Il fit quelques pas, arrivant au milieu de la pièce, et regarda autour de lui. Il y avait ici et là des objets. Une coiffeuse sur laquelle une brosse avait été oublier. Sur le lit, aux draps propres et faits, un lourd manteau était là aussi posé. Ezechkiel sentait le parfum de l'encens, odeur fruité et malté à la fois. Il resta sur place, et une pointe de timidité lui fit esquisser un sourire charmé, comme si la scène à elle seule pouvait l'enivrer. Ou était-ce juste l'idée qu'ici, Rosarjo était? Il ferma les yeux et chassa cette idée de son esprit, rouvrant les yeux sur un monde qui n'avait – au final – pas changer. Il toussa une deuxième fois mais cette fois-ci, il parla :

« Rosarjo! Je... je sais que je ne devrais pas être ici, mais... vraiment. J'aimerais pouvoir m'entretenir avec vous... avant demain. »

Les derniers mots s'étaient étranglés. Faire le fort, oui, mais face à la mort, tout le monde était égaux. La différence était que les uns méritaient leur mort, les autres – pas. Peut être qu'Ezechkiel la méritait, mais... au final, peut être pas. Il n'avait jamais fait que ce que l'on lui avait dit. Il n'avait jamais vécu. Son père l'avait élevé comme le seul fils qu'il avait... fils d'une beauté rare, disait on. Qu'était-ce que la beauté? Il n'avait pas choisi son enveloppe charnelle, pas plus que sa famille et sa condition. Il n'avait jamais rien choisi, jusqu'à ce soir.



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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 11 Aoû - 21:58



    Le bruit de la porte d'ébène si lourde attire l'attention de Rosarjo sans pour autant lui intimer de se présenter. La pièce est froide et, tranquillement posée sur le rebord de la fenêtre, là où peu aurait pu s'assoir avec ou sans problème de vertige. Mais Rosarjo ignore ce genre de peur ridicule. On lui a apprit que tout ce qui l'entoure elle peut le dominer, si elle tombe elle mourra et se relèvera plus puissante. Mais était-ce réellement ce qu'elle aurait voulu? Se réveiller? Encore. Vêtue de sa seule robe de chambre, sans pudeur aucune, son profil fin de félin prédateur se retourne dans un flottement de cheveux d'un noir si intense. On les sent forts et lourds sur la royale tête qui les porte. Deux prunelles vert or indéfinissables observe tranquillement l'homme qui vient d'entrer tandis que ses doigts glissent le long de sa cuisse non sans une certaine grâce lascive, puis elle l'identifie comme Ezechkiel, le plus mal aimé de la maison...

    « Rosarjo! Je... je sais que je ne devrais pas être ici, mais... vraiment. J'aimerais pouvoir m'entretenir avec vous... avant demain. »

    Elle se lève lentement, sans cacher le poignard qu'elle remet dans son fourreau ceint à sa cuisse sous sa robe de chambre. Son tuteur, Enkil, ne lui a pas enseigné la pudeur mais il lui a donner de sa prestance et de cette autorité dans le l'expression de son visage qui mettrait au défie tout homme de regarder cette délicieuse partie de son anatomie qui peut se dévoiler chaque fois que les pans de son habit s'écarte pour qu'elle range l'arme qu'elle a toujours sur elle. Rosarjo est une guerrière avant tout quoi qu'on en soupçonne rien à la voir toujours entourée de ses gardes. Mais son plus fort rempart c'est elle même, encore un enseignement du sage Cyrus Enkil.
    D'un mouvement souple, elle saute au sol, se redresse, grande et fière:

    « Ezechkiel?, elle ne cache pas sa surprise mais ne laisse rien paraître de ce qu'elle pense en profondeur, parle je t'écoute...»

    Elle le tutoie car légalement il lui est inférieur. Ce n'est pas pur vanité de sa part, seulement l'habitude et aussi peut-être, l'envie de se débarrasser des conventions. Après tout ils se trouvaient seuls, elle se tenait devant lui en petite tenue pour l'époque (bien que sa robe la couvre entièrement), en cheveux. Quelle sorte de conventions ne serait pas paru ridicule dans une situation aussi improbable?
    On la sent méfiante. Quel peut bien être la raison de sa présence? Elle l'ignore et elle ignore même si c'est la volonté de son père. Chat échaudé craint l'eau froide dit-on: Rosarjo se méfiait de ce qu'elle ne connaissait pas et de ce qui n'était pas prévu. Elle s'adaptait comme le guerrier sur son destrier sauf qu'elle, n'aurait jamais le loisir de se choisir cette mort là. Ezechkiel était plus beau qu'on le lui avait dit et qu'elle avait pu le voir dans leurs autres rares entrevues. C'était la première fois qu'elle se retrouvait seule avec lui, elle s'attendait à tout.

    « Comment es-tu venu jusqu'à moi?»

    Son ton es impérieux, royal et terriblement supérieur mais c'est le ton naturel de sa voix. Celui d'un être à qui il est interdit de se soumettre ou de s'abaisser. On ne peut se refaire, à quoi bon se refaire quand on sait que l'on va mourir demain?


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Wolfgang S. Orlov

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMer 12 Aoû - 15:07




Elle sauta de la fenêtre et atterrit avec grâce sur le sol. Rosarjo, la belle fleur épineuse, venait de se poser avec autant de grâce que nul n'aurait soupçonné. Autant de prestance méritait plus qu'un sourire charmé, mais Ezechkiel ne peut faire que ce geste, ne faisant pas même la révérence, ne courbant pas même la nuque à défaut de l'échine. Le chien qu'était le mal venu se montrait – pour une fois – fier comme un coq, et il y avait de quoi. Il était en face de sa très belle cousine, Rosarjo Nospheratov, beauté parmi les beautés, et un regard sur elle scella son destin. Il le savait déjà, mais n'en avait pas conscience.

« Ezechkiel? Parle je t'écoute... »

Oserait-il parler devant tant de splendeur? Non, par peur d'abîmer le silence qui les relie. Ô, oui, il n'est qu'un insecte, un cloporte pour elle, mais il ne soulignera pas l'offense faîtes à son égo. Qu'importe, si cela lui plaît tant de lui rappeler qu'il ne sera jamais à sa hauteur, alors c'est aussi bien. Lui sait ce qu'il vaut, et sa place est sans doute plus alléchante que celle de la petite princesse. Le regard du prince se fait noble, et cette fois-ci, le voilà rempli d'une dignité que seul les champs de bataille connaissent. Il aurait pu regarder la sublime cuisse, mais il reste digne de ce qu'il est et reste à sa place, comme un bon chien. Tu n'es que ça, Ezechkiel, un chien, sujet des plus infâmes loups. Il ferme les yeux l'espace d'un instant et les rouvre. La prestance, son allure, tout de lui pourrait l'afficher comme un homme plein de talent, mais la vie a décidé de lui réserver le stricte minimum : le titre de prince. Prince Ezechkiel Premier, de la lignée des Aldea. Rien que le nom l'énerve. Aldea. Il aurait eu plus de chance à naître paysan avec un si beau visage que si beau avec un aussi haut rang. Mais il faut croire que la beauté n'habite que les partisans du beau sang. Il ouvre les yeux sur une divine silhouette. Il n'avait jamais vraiment regarder d'aussi prêt les courbes de la belle, et il le regrette. La femme devant lui porte de très longs cheveux noirs, lourds, formant une cascade d'encre sur ses épaules. Les fils d'ébène subliment son visage, son port altier, sa prestance en somme. Ils se ressemblent quelque part. Ils ont la même désinvolture, le même regard. Pas vraiment. La princesse a un regard de panthère, de vipère : le vert or brille dans la nuit comme deux lunes sauvages et farouches. Le regard du prince est différent, bleu opaque, presque translucide, et il brille dans la nuit. Des nuages de violet ornent sa pupille, mais nul n'y fait jamais attention, car nul n'a jamais porté attention à la beauté singulière du prince. Personne, car tout le monde ne s'intéresse qu'à son sang et à son rang. Il n'est pas vaniteux, il n'y a jamais fait attention, mais se retrouvant devant une princesse, une reine sans doute, Ezechkiel se remet en doute : digne ou pas? Il reste droit, fier, sa voix bloquée dans sa gorge n'arrive pas à sortir. Il est charmé, mais pas comme il le faudrait. La timidité féroce – ou est-ce de la fascination qui habille ses yeux? Il n'en sait rien. Il hésite. Est-elle une icône d'une ancienne déesse? Un avatar? Une divinité sans nom? Elle possède un nom. Ce nom est Nospheratov. Rosarjo Nospheratov, la fleur d'épine.

« Comment es-tu venu jusqu'à moi?
- Par la porte, réponds t-il, un léger sourire commence à habiller son visage, votre père a consentit à me laisser venir à vous, seul à seul. En vu de la bataille de demain, je voulais tout simplement régler mes comptes ici bas. Certes, vous ne me devez rien, mais j'aimerais que vous oubliez l'espace d'un instant ma mauvaise réputation, que vous voyez en moi que votre cousin, et que vous m'aimiez, ne serais-ce qu'un instant. Ma rédemption en dépends. »

Il parle avec une telle gravité que l'on se demande si, à l'instant où la belle répondra, il ne tombera pas inerte sur le sol, foudroyé. Mais non. Il reste bien droit devant elle, comme un soldat. Il est un soldat avant d'être un homme. Le premier cadeau qu'il a reçu, à sa naissance, fut une épée d'argent gravée, à son nom. Ezechkiel. Un nom qui devait sonner et faire trembler la terre, qui aujourd'hui ne fait que glousser les courtisanes. Ezechkiel. Un nom qui fait pourtant trembler les champs de bataille. Est-ce le même? Voilà la question. Est-ce le même Ezechkiel qui va aux bordels et qui fait la guerre à la rapière? On se demande toujours, la réponse ne vient jamais. Comme un démon, Ezechkiel n'accorde rien à l'ennemi, juste de la dignité, ce que n'ont pas tous les magyars, et encore moins les Aldea. Le prince reste droit. Il ferme les yeux, penche un peu la tête, un sourire ironique mais douloureux sur les lèvres. Il ne pleur jamais, ce petit diable.

« Je ne sais si vous êtes au courant, mais laissez moi vous raconter une histoire, assez longue mais que je m'efforcerais de raccourcir. Un petit garçon est né des années de cela, et on lui donna très jeune une épée, en lui disant : plus tard, mon fils, tu seras roi, mais avant, contente toi d'être un guerrier, et d'être un prince avec ton peuple. Alors le petit garçon fait ce que son père lui ordonne, et il devient un guerrier, puis un prince. Puis on lui fait connaître une femme, ravissante, et on lui dit : si tu es un bon prince, tu auras beaucoup de femme, si tu es un bon guerrier, les femmes te choissiront. Le prince ne veut pas de femme, mais il cherche quelque chose en elles qu'il ne trouve jamais, la chose qui, au petit matin, l'empêchera de partir. Mais il ne la trouve pas, cette petite chose, alors le prince se meurt. À trop aimer les femmes, le prince devient vilain, et son père lui dit qu'un bon prince n'a pas de femme. Le prince répond qu'il prend exemple sur son père, alors son père le frappe pour le faire taire, car la vérité est douloureuse. Le petit prince rit bien, car il sait qu'il a raison, mais il rit de moins en moins car au fil des nuits, la petite chose qu'il cherche n'apparaît pas. Puis un jour, le petit prince est convoqué par son père et son oncle et on lui dit : demain, tu iras à la guerre. La guerre, le petit prince sait la faire. Diable! C'est un guerrier! Mais la guerre s'avère inutile, idiote, et surtout, le père et l'oncle du prince cherche à le tuer. Alors le petit prince sait que demain, il ne sera plus. Ça ne lui fait pas de peine de mourir pour son peuple, mais si ce n'est pour rien, ce qui lui fait de la peine, c'est qu'il n'aura jamais trouvé cette petite chose et qu'il se sera montré vilain. Il ouvre les yeux, son regard perçant se plantant dans les yeux de la princesse sa cousine : alors le petit prince a une idée. S'il ne peut pas avoir cette petite chose, il veut qu'on la lui donne. Je ne veux pas que vous m'épousiez – jamais votre père n'y consentirait, je ne veux pas non plus que vous me tuiez, je suis déjà préparer à mourir demain. Je ne veux pas non plus que vous me mentiez en me disant que vous m'aimez. Je veux juste, une fois dans ma vie, que l'on me dise sincèrement que je suis beau, et que quand je serais mort, on me regrettera. Vos parents n'ont que faire de mon existence, mon père envoie son unique fils à une bataille vouée à l'échec d'avance, alors oublions nos rancunes. Je ne vois pas personnage plus sincère, plus franche que vous pour me le dire, pour me gifler si vous me trouvez trop impétueux. Ma rédemption est entre vos mains. »

Un si long discours pour peu de chose? Pas vraiment. Pour la première fois de sa vie, Ezechkiel s'adressait franchement à quelqu'un, sans détour, sans sous entendu, il affrontait le regard d'une personne sur sa vie, sur sa personnalité, et il parlait de sa peur la plus étrange : mourir et être oublier. La mort en elle même ne l'effrayait pas. Que personne ne le regrette, que sa vie entière n'est été qu'une erreur le dérangeait atrocement. Il ne voulait pas être un héros oublié... être un rien. Il tendit ses mains vers elle, collées, montrant ses paumes. Sa lèvre saignait encore, mais ce n'était qu'un détail physique. La douleur venait déjà de son crâne.

« J'ai les mains tâchées de sang. Qui me pardonnera pour toutes les vies que j'ai arraché? Pour tous les enfants que j'ai rendu orphelin? Pour tout le sang que j'ai versé inutilement? »

Ezechkiel était un guerrier sanguinaire, il ne l'avait jamais caché, mais il doutait. Il doutait que les bonnes paroles du prêtre du château ne soit qu'un tissu de mensonge, que Dieu le renie. Qu'il finisse en enfer, en somme. Ezechkiel le croyant, vous trouvez ça amusant? Ça ne l'est pas. C'est la dernière prise de conscience du condamné.



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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMer 12 Aoû - 16:45


Il a de l'arrogance et même si il traine sur lui une odeur qui lui colle à la peau et prend la future reine d'une vague envie de le congédier, elle entend bien profiter de cette visite inattendue pour observer de près ce qu'elle n'a eu que trop peu d'occasion de voir de loin. C'était donc à ça que ressemblait Ezechkiel Ier Aldea. Vu de près. Il n'avait rien d'une larve mais quelque chose de désespéré ce dégager de cet homme. Elle ne se demanda pas si il était pareil de tous les hommes, si seule une poignée pouvait se vanter d'être aussi irréprochable que son tuteur par exemple. Cependant rien ne semblait pouvoir toucher la future souveraine. Ce qu'elle avait devant elle c'était un soldat de son lignage qui demain partirait en guerre. Sa royale expression ne fit que s'aiguiser un peu plus sous la filet de l'arrogance de celui qui se tenait devant elle. Elle appréciait qu'on soit tel que nature face à elle, c'était une forme de courage que peu se serait permis:

Ezechkiel- Par la porte, réponds t-il, un léger sourire commence à habiller son visage, votre père a consentit à me laisser venir à vous, seul à seul. En vu de la bataille de demain, je voulais tout simplement régler mes comptes ici bas. Certes, vous ne me devez rien, mais j'aimerais que vous oubliez l'espace d'un instant ma mauvaise réputation, que vous voyez en moi que votre cousin, et que vous m'aimiez, ne serais-ce qu'un instant. Ma rédemption en dépends. »

La demande surpris un rien la belle féline et de toute son arrogance naturelle il fallut qu'elle réponde d'abord:

Rosarjo- Pour qui me prends tu Ezechkiel? Un Dieu? Un démon peut-être?

Elle laissa passer un instant. Elle n'était ni Dieu ni Démon mais certes elle était femme faite Reine et Puissante par son simple nom puis par les enseignements qu'elle avait reçu. L'octroi d'un nom ne l'aurait jamais satisfaite. Sa question avait un ton un peu moqueur et supérieur quelque part, mais, qui donc sinon elle pouvait se permettre telle arrogance. Une Déesse peut-être, à moins que ce ne fut le Démon...

Rosarjo- Ce que tu me demande tu es en droit d'attendre de moi que je te l'accorde car tu risques ta vie pour moi demain. Mais comme tu l'as toi même dit, je ne te dois rien. Il pourrait être mon gré de te renvoyer d'ici et si tu devais refuser de te faire quitter ma compagnie par la force...

Une reine d'Egypte n'aurait su assoir si bien son autorité. Ne laissant rien paraître de sûr, comment savoir quelle décision elle prendrait en fin de compte. Elle n'avait rien a envier à un homme peu importe que ce soit pour l'obédience qu'on lui devait, pour l'influence... Physiquement sa beauté n'avait pas son égale dans le royaume et même plus loin, elle était grande, svelte mais on ne doutait pas que sa main puisse vous briser d'un geste. Elle observait dans la physionomie de son cousin les traits princiers et les qualités qu'Enkil lui avait appris à reconnaitre chez les hommes de valeur. Pourtant son odorat fin d'enfant de la nuit lui laissait deviner le frottement des corps et les humeurs que seul le plaisir de la chair peut exalter du fond des coeurs pour la faire perler à la surface de la peau et qu'elle se dépose dans un échange mutuel. Cela, lui donnait une pointe d'amertume outre laquelle elle se devait de passer sans quoi elle n'aurait pas été digne des recueillements de son cousin. Nous sommes des êtres humains avait dit un jour Enkil, profondément humain mais à toi, il te sera souvent demander de faire abstraction de ton humanité et d'endosser le rôle de la divinité que tous verrons en toi. Depuis l'enfance, les regards qui se posaient sur elle était teinté d'une crainte révérencielle. D'abord parce que la couleur de sa peau faisait peur aux illettrés. Cette enfant porte le diable en elle. Puis en grandissant sa beauté sublimant toutes les autres, les avis se partagèrent, ange terrible du divin, démon succube, vampire? Déesse finalement? Ainsi lui faudrait-il toujours faire abstraction de la simplicité de sa personne. Son regard est implacable mais elle laisse le prince parler comme de droit lui revient:

Ezechkiel- ...alors le petit prince a une idée. S'il ne peut pas avoir cette petite chose, il veut qu'on la lui donne. Je ne veux pas que vous m'épousiez – jamais votre père n'y consentirait, je ne veux pas non plus que vous me tuiez, je suis déjà préparer à mourir demain. Je ne veux pas non plus que vous me mentiez en me disant que vous m'aimez. Je veux juste, une fois dans ma vie, que l'on me dise sincèrement que je suis beau, et que quand je serais mort, on me regrettera. Vos parents n'ont que faire de mon existence, mon père envoie son unique fils à une bataille vouée à l'échec d'avance, alors oublions nos rancunes. Je ne vois pas personnage plus sincère, plus franche que vous pour me le dire, pour me gifler si vous me trouvez trop impétueux. Ma rédemption est entre vos mains. »

Tandis qu'il parle, c'est son épée qu'elle ceint à sa taille si gracieuse. A-t-elle décidé de le passer au fil de la lame comme elle l'avait promis, pour laver l'affront de sa présence. Le tranchant de la lame fait chanter le fourreau de sa voix métallique et râpeuse. La lame à un curieux miroitement d'or et elle est si blanche en même temps. C'est une belle œuvre d'armurerie, la garde est sûre, magnifique, royale. Elle semble lourde pourtant Rosarjo la tient dans sa seul main gauche avec une apparente habitude du geste.

Ezechkiel- J'ai les mains tâchées de sang. Qui me pardonnera pour toutes les vies que j'ai arraché? Pour tous les enfants que j'ai rendu orphelin? Pour tout le sang que j'ai versé inutilement? »

Elle se penche et recueille d'un baiser insolent le sang sur les lèvres de son damné de cousin. Provocation simple, abus de pouvoir, tentative de le rabaisser plus qu'il ne l'est déjà ou désir de n'avoir aucun regret elle aussi pas même celui de n'avoir jamais été la favorite de son cousin et d'avoir toujours été préférée à toutes sortes de putains.

Rosarjo- Bats toi Ezechkiel, si tu fais honneur à ta renommée au champ de guerre je pourrais consentir à dire que tu as touché mon coeur, et que je t'ai trouvé beau dans ta bravoure. Alors tous se souviendront de toi tel que tu le mérites car ce sera mon exigence.

Encore de l'arrogance? Peut-être que non. Nul n'aurait su dire, si elle présumait de ses forces face à son cousin parce que comme son très haut père elle ne voyait en lui qu'une larve. Si elle lui proposer de lui laisser une chance désespérée de recouvrir son honneur pour mieux le voir se ridiculiser alors qu'il lèverait son épée sur elle, sacrilège, pire insulte au code de l'honneur, lever l'épée sur une femme et pire encore sur cette femme là? Oserait-il? Ou si il y avait là dedans quelque chose de sincère...





Dernière édition par Phyllis O'Maclagen le Mer 12 Aoû - 18:03, édité 3 fois
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Wolfgang S. Orlov

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMer 12 Aoû - 17:56




Elle ne peut être un ange, car seul le diable revêt d'aussi belles apparences, mais tant qu'à plonger profondément dans l'obscurité, autant qu'une chose belle l'y emporte. Il se perd dans ses yeux, il parle, encore et encore, les mots qu'il a toujours gardé au plus profond de lui. Le coeur qui s'emballe, qui s'affole, encore et toujours, pas d'amour, non, le prince est trop laid pour une si belle chose. Le coeur s'affole car il se rend peu à peu compte que la beauté divine de la belle l'a touché profondément, lui, Ezechkiel Ier Aldea, comme une flèche acérée. La beauté touchante, la beauté affligeante. Trop de beauté ne peut que vous brûler les yeux, alors il les ferme et il continue à parler, simplement, avec cette verve qu'on lui connaît. Le prince n'est pas illettré, il est de ses aristocrates qui sont touchés par les grandes pièces de théâtre, par le sang et les batailles. Il relève sur elle un regard d'enfant roi, un regard profond, mélange de prestance et d'élégance. Le prince n'est pas laid, non, il est beau comme un Dieu selon sa défunte mère. Il a les yeux du roi, il a les fins traits de sa mère. Il ressemble à un éphèbe mythique... il ne ressemble pas à un guerrier sous son vêtement de toile et de cuir qui lui sert la peau jusqu'à l'os. Il ressemble à un guerrier quand on voit en son œil brillait l'étincelle de la guerre, la flamme qui allume tous les soldats au combat. Elle est sa déesse, quelque part, qui illumine le fond de son œil.

« J'ai les mains tâchées de sang. Qui me pardonnera pour toutes les vies que j'ai arraché? Pour tous les enfants que j'ai rendu orphelin? Pour tout le sang que j'ai versé inutilement? »

Et elle se penche vers lui, il rentre la tête dans les épaules. Il n'a pas peur d'elle, si sait qu'il mourra, alors qu'importe si c'est elle qui le tue ou une autre, mais ce n'est pas ça. Ses yeux suivent la courbe de son visage et elle rapproche son visage du sien, déposant ses lèvres à la commissure de ses lèvres, recueillant le sang séché. Il la regarde, étonné, mais elle semble si fière, si sûr d'elle... si tout ce qu'il est sur un champ de bataille, si tout l'inverse de ce qu'il est à l'instant.

« Bats toi Ezechkiel, si tu fais honneur à ta renommée au champ de guerre je pourrais consentir à dire que tu as touché mon coeur, et que je t'ai trouvé beau dans ta bravoure. Alors tous se souviendront de toi tel que tu le mérites car ce sera mon exigence. »

Il la regarde, il est perdu. Elle lui demande de gagner une bataille qui est perdue de par leur nombre? Est-elle folle ou dit-elle cela pour motiver le condamné? Il secoue la tête. Peut être y a-t-il un espoir quelconque... peut être. Il reprend de la consistante, inspire à fond. Ses poumons le brûlent. Dans quelques heures, il partira, avant même qu'elle n'ouvre un oeil, et pendant qu'elle sera dans ses draps de soie et de satin, noir et pourpre, lui tiendra une épée et fera un massacre. Un requiem en enfer, pour elle. Il a un sourire moqueur, une idée lui traversant l'esprit, un sourire moqueur et impétueux.

« Si je vous fais honneur sur ce champ de bataille, si je touche réellement votre coeur, attendez à ce que je demande plus. »

Il fait une révérence rapide, et recule jusqu'à la porte, posant sa main sur la garde de sa rapière d'argent pur. Il ouvre la porte mais cette fois-ci avec une facilité déconcertante. Il a un sourire qui ne trompe pas sur le visage, un sourire qui envisage le meilleur pour les jours à venir. Si ils viennent réellement. Betsalel le regarde et pince les lèvres, alors que le prince passe sur ses lèvres sa langue, récoltant en plus de son sang le baiser de la princesse.

« Tu...?
- Je suis un prince, Betsalel. Un prince qui a reçu l'onction de Dieu. La rédemption, le Très Haut peut la garder. »

Betsalel regarda alors s'éloigner le prince qui avançait d'un pas fier et sûr de lui. Qu'avait-elle...? Le prince s'arrêta devant une porte et toqua par trois fois à la porte puis entra. Il trouva son père dans son lit, endormi à côté d'une jeune servante. Il le regarda dans les yeux, sans une once de pitié ni de dégoût. Son père avait toujous été un homme à femme, c'était de famille, mais il avait toujours été plus prudent et discret que son fils, un fils qui n'avait jamais oublié comment son père avait osé traiter sa femme, sa mère.

« Que viens-tu faire ici, Ezechkiel? Ne vois-tu pas que je suis dans mon lit!
- Cela m'importe peu, Père, si je suis ici, c'est pour vous dire quelque chose.
- Parle, le seigneur secoua la main, agacé, plus vite que ça.
- Demain, je gagnerais la bataille, et quand je rentrerais, je vous tuerais. »

Le Seigneur Aldea resta immobile et arqua un sourcil, alors que son fils affichait un sourire arrogant et froid sur les lèvres, un sourire à en faire frémir tous les diables. Ezechkiel avait trouvé un nouveau but dans sa vie, outre que l'alcool et les femmes. Il avait vu Dieu de près, il lui avait parlé. Il avait reçu plus que jamais on ne lui avait donné en une vie. Il fit une révérence profonde et se recula.

« Sur ce, je vous souhaite une merveilleuse nuit, Père. »

Et il referma la porte. Demain, l'enfer sonnera.


FIN DE L'ACTE II
tombé de rideau.



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Wolfgang S. Orlov

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMer 12 Aoû - 21:11





ACTE III.
Les plus épouvantés reprenaient de courage.


    1550, Terres Transylvaniennes,
    Braşov, Ville du Seigneur Aldea.


10 000 hommes étaient en face de lui, plier en un cube de soixante mètre sur soixante. Les Tatars attaquaient Braşov depuis trois jours déjà, trois jours qui étaient de trop pour la ville des menteurs – des marchands. 10 000 hommes qui n'auraient pas raison des 6 000 hommes qu'il avait embauché pour cette guerre. 6 000 hommes qui tremblaient dans leur côte de maille. La bataille n'était pas perdue. Non. Elle était déjà finie. Ezechkiel ferma les yeux alors que les cors de guerre résonnèrent entre les arbres. Ezechkiel serra la lance qu'il tenait en main comme si c'était sa vie, et ça le serait. Il plissa le nez alors que les tambours de guerre se mirent à battre. Slatina était loin d'ici, mais les tambours, si forts, si puissants, devaient résonner jusque dans les entrailles de la Forteresse du Pendu. Son père devait déjà se réjouir de sa future mort. S'il savait. Les chevaux commencèrent à avancer, serré les uns aux autres, alors que les lances formaient une courbe en l'air sur une longueur de cinquante deux mètres. 6 000 hommes valaques contre 10 000 tatars, qui auraient cru? Chez les valaques, l'armée se composer du Prince Ezechkiel, derrière lui deux rangs de cavalerie montée et encore derrière, une infanterie de quelques clampins. Ezechkiel serra la bride de sa jument, ferma les yeux quelques instants et compta jusqu'à dix. Dix. Les premiers Tatars étaient juste devant lui, à dix mètres. Il leva la main et la rabattit aussitôt. Une pluie de flèche enflammée s'éleva dans le ciel, formant un voile rougeâtre, et se rabattit sur l'ennemi. Les premiers rangs tombèrent ou furent affaiblis, alors Ezechkiel frappa dans le flanc de Diskorde, sa cavale, et la cavalerie montée fonça derrière lui, les lances acérées empalant tout sur leur passage. Il ne resta bientôt que 5 000 hommes valaques debout, et sans doute autant de Tatars. Les forces slaves avaient réussi à repousser l'ennemi, mais pas à le décimer. Ce n'était qu'une question d'heure. Une flèche fila et se planta dans l'épaule d'un Ezechkiel trop déconcentré. La douleur disparu presque aussitôt, noyée dans l'adrénaline qui pulsait le sang dans les veines du jeune prince comme un fou. Il cassa la flèche et la jeta au sol. Une autre flèche se planta dans la cuisse de jument qui hennit, alors le prince sauta de sa cavale sur le sol. La plus part des troupes de la cavalerie montée avaient perdu leurs chevaux, mais tout homme savait manier une épée. Rapidement Ezechkiel enchaîna les coups mortels, sans aucune gêne, et s'enfonça entre ses ennemis. Il ne voyait plus rien, juste du sang et des chairs. Parfois un fléau frôlait son crâne, mais il ne s'en rendait pas compte et plonger de plus en plus profond sa haine dans l'épée, et l'épée dans la chair de ses ennemis. Il avança et remarqua que son oriflamme volait toujours. L'oriflamme des Aldea voletait en même temps que celui des Nospheratov. Unis jusqu'ici. Une épée lui passa prêt de la tête et Ezechkiel recula de quelques pas. Devant lui se tenait le Chef de l'Armée Tatar, ou tout du moins de ce détachement là. Sans lui, l'armée serait finie et la bataille avec. Il fit plonger son armée sur l'adversaire qui l'évita, d'un geste ample. Une flèche fila dans l'air et déconcentra Ezechkiel qui recula sur le champ d'une dizaine de pas, attaquer par l'ennemi. Il répliqua et fit une clef complexe, son épée se planta horizontalement dans l'estomac du Tatar. Ce dernier cracha du sang et attrapa à la gorge le prince valaque qui enfonça un peu plus la lame, grimaçant. Le Tatar le regarda, un sourire de dédain sur les lèvres, et retomba lourdement sur le sol, mort. Les cors résonnèrent et Ezechkiel para un coup d'épée. Peu à peu, la vallée se désemplie, laissant derrière elle les vestiges de la bataille : des morts et des épées, du sang qui s'infiltra aussitôt dans le sol. Il ne resta rien. Ezechkiel regarda autour de lui. Il ne restait ici qu'une centaine de soldat, encore en vie. Une centaine de valaque... un centaine, dont lui. Ezechkiel retira son heaume et resta abasourdi. Il avait gagné? Vraiment? Pour de vrai? Il recula de quelques pas et sursauta. Un corps d'homme se jetait sur lui, avec les dernières forces de la haine. Un seul coup d'épée fit voler la tête et retomber le corps inerte sur le sol. Du sang gicla sur lui, marquant sa peau pâle d'un filet de sang. En levant si vite la main, il grimaça. La flèche encore logeait dans son épaule lui faisait un mal de chien. Il siffla, marchant vers les derniers chevaux vivants et ceux abandonnés. Il y avait ici et là une cinquantaine de bête, mais seulement une dizaine en état de galoper jusqu'à Slatina avant le soir. Ezechkiel regarda devant lui et tendit la main vers un de ses généraux, lui tendant la bride d'un coursier.

« Prends le détachement et ramène les à Braşov, fais les soigner là bas et qu'on leur donne à manger, sur la parole du Prince Aldea. Va Lubim.
- Et vous, Sir?
- Je me rends à Slatina pour annoncer la nouvelle. »

Lubim Roméaena fit la révérence et attrapa la bride du coursier tandis qu'Ezechkiel attrapait la bride d'un nouveau étalon qui était resté à l'arrière, pour les coursiers. Il frappa son flanc mais s'arrêta en voyant, sur le sol, sa jument égorgée. Les Tatars avaient eu leur compte, mais ils reviendraient. Ezechkiel secoua la tête et mit un violent coup sur l'animal qui hennit et partit aussitôt au galop.

* * *

    1550, Royaume de Valachie,
    Slatina, Forteresse du Pendu.


Slatina était calme, comme si nul n'attendait son retour. Ils avaient bien raison. La Forteresse du Pendu ne dormait pas, mais elle avait toujours été terriblement silencieuse. Ezechkiel pénétra par la grande porte sans que nul ne le reconnu. Arrivé dans la cours, il descendit de l'étalon et ordonna qu'on le mette à l'étable. Il se dirigea d'un pas pressé vers la salle d'audience, où se rendit éternellement le Seigneur Alexandru Aldea après le dîner, et pour une fois, il y était seul. Ezechkiel fit une révérence, courte et rapide, alors que son père s'accrochait à son siège, visiblement étonné de revoir en vit le seul rejeton qu'il avait.

« E-Ezechkiel! Tu.. tu es en vie? Mais je croyais que tu...
- Mourais dans cette bataille, je sais père. Mais me voilà, sourit le prince moqueur, et bel et bien vivant. N'est-ce pas formidable? Votre fils rentre à la maison! Vous ne demandiez pas tant, n'est-ce pas?
- As-tu fuit le champ de bataille? C'est impossible! Les éclaireurs disaient qu'ils étaient dix milles, et tu... tu n'avais que.... quatre milles hommes...
- Six milles, mon père. Deux milles paysans des campagnes. Vous avez encore une fois sous estimer la chair de votre sang. N'est-ce pas bien triste? Me revoilà en ces murs... triste. Je n'ai qu'une question. Où se trouve Rosarjo?
- Elle... Alexandru secoua la tête, perdu : elle est dans une chambre, dans la tour est, elle attends la visite de son tuteur et de son père, mais toi... que...
- Vous tuez, j'ai dit. »

Le jeune fils dégaina l'épée sans un mot de plus et les serviteurs, horrifié, se collèrent au mur. Mais Ezechkiel n'en avait que contre une seule personne. Alexandru se leva de sur son trône et hurla de toute sa voix :

« Comment oses-tu, pauvre larve! Défier ton père? Es-tu fou? »

Ezechkiel grimaça de colère et attrapa par les cheveux le vieil homme, le jetant brutalement sur le sol. Ce dernier s'étala de toute sa longueur sur le carrelage froid et n'eut pas le temps de se retourner sur le dos que déjà un pied se posait sur son dos, écrasant le vieux fou sur le sol avec une haine sans nom. Un seul coup de pied dans les côtes suffirent à mettre le vieux roi sur le dos, alors que l'épée – telle celle de Damoclès – se retrouvait juste au dessus de sa tête. Ezechkiel regarda son père, cette lueur de peur panique dans les yeux... tellement pitoyable. Le prince se recula et sentit une odeur d'urine. Dégoûtant. Son père n'était qu'un gros porc, rien de plus. Toute sa vie... toute sa vie, il l'avait pourri. Alexandru se redressa, prudent, et se remit sur ses pieds, appitoyant.

« J'ai eu si peur... Ezechkiel... j'ai vraiment cru que...
- Penche toi, vieux fou.
- Que...?
- Penche toi, j'ai dis. Penche toi. »

Le vieux Seigneur regarda son fils et se pencha, sans comprendre pourquoi, et il n'eut pas le temps de comprendre que l'épée d'argent d'Ezechkiel séparait sa tête de son corps dans un filet de sang giclant. Le visage d'Ezechkiel était marqué du sang de son propre père. Son visage était maintenant sale, non pas de crime, mais de vengeance. Il susurra du bout des lèvres :

« Suis-je fou?... non. Je n'ai jamais été aussi lucide, Père. Jamais. »

Il recula de quelques pas, une grimace sur les lèvres. Le Seigneur Alexandru Aldea gisait sur le sol, mort, et se vidait de son sang dans de derniers soubresauts. Ezechkiel rengaina son épée dans son fourreau et sortit de la pièce, sans un mot pour les serviteurs qui le regardaient comme un héros. Le vieux roi était mort. Vive le roi. Ezechkiel évita les grands couloirs et monta le plus discrètement possible les marches de la Tour. Son visage dégoulinait de sang, mais il revenait de guerre, non? Le corridor était recouvert d'un lourd tapis pourpre, cachant alors les traces de sang. C'est dans cette tour que la mère d'Ezechkiel avait eut la tête tranchée pour rien. C'est dans cette tour que se trouvait sa cousine, Rosarjo. Il marcha dans le corridor, calme, presque trop. Deux gardes attendaient devant les deux portes d'ébène. Ezechkiel se rapprocha d'eux, calme, et s'arrêta devant eux. Les deux gardes le regardèrent et arquèrent un sourcil.

« Sir Nospheratov m'a fait le grand honneur de pouvoir voir ma cousine, messires, alors veuillez vous ôtez de mon chemin.
- Pardonnez nous, Prince Ezechkiel, mais... le Seigneur Nospheratov a défendu quiconque d'entrer. »

La question avait mal été comprise. Ezechkiel secoua la tête, désolé, et d'un coup rapide mit un coup de coude à l'un d'eux qui tomba sur le sol, sonné, tandis qu'il dégainait et enfonçait son épée dans l'estomac de l'autre, s'étouffant dans un gargouillis. Il retira l'épée vivement et la planta aussitôt dans le corps du deuxième garde. La douleur à l'épaule de la flèche qui y était enfoncée ne serait pas un problème. Il mourait de toute façon. Il l'avait dit : c'était aujourd'hui, ou jamais – pour mourir. Il poussales lourdes portes et les referma derrière lui. Il resta face à la porte quelques instants et se retourna, mais personne dans la chambre. Il se rapprocha une nouvelle fois du lit, laissant des traces de sang sur le sol. Ses chaussures tâcheraient sans doute le tapis, mais cela lui importait peu. Tant de richesse ne servirait à rien s'il ne pouvait pas le tâcher de sa seule volonté. Il pencha la tête, rengainant son épée et souffla, à bout de souffle tout d'un coup :

« Chère cousine... vous aviez dit que si je me battais en brave, je marquerais votre coeur. Le sang sur mon visage et mes miens est celui de nos ennemis. Ais-je droit à une faveur? Même de la part du Diable, cela m'importe peu puisque je suis condamné. »

Il releva la tête et la silhouette était là.

« Suis-je assez beau maintenant? »

Il pencha la tête, attendant une gifle pour tant d'impétuosité, attendant des questions sur pourquoi tant de sang.



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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMer 12 Aoû - 23:02



La cérémonie de l'éveil de la Reine avait toujours été un spectacle qu'aucun des enfants du don obscur n'aurait manqué, d'eut-il être parmi les nombreux qui finissaient tout simplement piétinés par leur congénères. Cette cérémonie marquait l'avènement d'une reine, la célébration de la beauté et de la pureté offerte en sacrifice. Au soir venu, ce serait Vlad Nospheratov qui donnerait l'étreinte mortelle à sa fille. Une étreinte bien curieuse. Elle se tiendrait là, debout dans une simple robe de toile blanche immaculée, virginale, et dans son dos l'ombre grandissante de son père, noire et menaçante, sa main dure qui enserrerait ses épaules nues avant de trancher net la gorge délicate, faisant gicler le sang vermeil, que chacun puisse en sentir la fragrance enivrante puis on la laisserait choir dans son propre sang. Charmant. Un vrai traitement de princesse. Et elle se réveillerait vampire.
Rosarjo soupira. Pour ne rien enlever, on lui avait interdit de toucher à aucune arme ce jour là. Elle devait se reposer, passer la journée dans l'oisiveté. On avait donc tout fait pour lui rendre cette dernière journée insupportable. Elle ne devait voir personne jusqu'au soir, quand ses suivantes entreraient pour lui donner le bain. Puis quand les hauts serviteurs viendraient la chercher. Au matin elle avait cru entendre le son des cors de guerre et ses pensées étaient allées vers l'étrange visite de son cousin. Un sourire passa sur ses lèvres en pensant à la bataille, c'était une mort qui lui aurait fort bien convenue à elle. Mais ça n'était pas le destin d'une reine.
Résignée cette fois, elle s'allongea sur les draps dans une simple robe blanche, puisque c'était la seule couleur qu'on lui permettait ce jour là. Une couleur pour laquelle elle n'avait pas une attirance poussé. Elle préférait de loin le noir qui soulignait sa beauté comme nulle autre couleur. Puis elle crut s'endormir. C'est le bruit des lourdes portes d'ébène qui la tirèrent de ses pensées. Mais elle ne fit pas le moindre mouvement, le coeur éteint par la perspective de ce bain ridicule... à quoi bon la laver pour la souiller de sang par la suite. D'ailleurs l'idée de son sang se rependant publiquement la hantait à un tel point qu'il lui semblait déjà en sentir l'odeur. Le bruit de l'épée qu'on rengainait la fit faire volte face, passant par habitude sa main à sa cuisse pour y prendre la dague qui n'y était pas. On la lui avait également retirée. C'est donc avec son seul regard, farouche et incisif, qu'elle se défendit de l'intrus...

Ezechkiel- Chère cousine... vous aviez dit que si je me battais en brave, je marquerais votre coeur. Le sang sur mon visage et mes miens est celui de nos ennemis. Ais-je droit à une faveur? Même de la part du Diable, cela m'importe peu puisque je suis condamné. »

Les lèvres de Rosarjo s'étirèrent en un sourire fin, elle releva un peu le menton pour qu'on ne lui reproche aucune faute de vertu malgré sa tenue. Dans un second temps elle remarqua le sang sur sa figure. Il était encore frais, et elle doutait que ce ne fut celui de la guerre sans quoi il aurait séché. Etait-ce son propre sang.

Rosarjo- Tu es vivant, tu viens jusqu'à mon lit et tu demandes une autre faveur que celle de n'avoir déjà pas été égorgé toi aussi par les deux gardes?

Elle souriait de son manque de bonne manière auprès d'elle. Une autre reine aurait crier à l'assassin qu'on vienne l'entretenir alors qu'elle était dans le plus simple appareil ou presque. Mais encore une fois, Rosarjo ne connaissait pas la pudeur car elle avait été élevé dans l'art de la guerre et de la régence, on ne lui avait pas enseigné à avoir honte d'elle mais plutôt à faire sentir aux autres la honte ou la peur quand ils avaient par mégarde ou non un regard déplacé ou illégitime sur elle.

Rosarjo-Et tout ce sang...
Ezechkiel - Suis-je assez beau maintenant? »

Elle ouvrit la bouche pour répondre mais c'est un "oooh" outré qui se fit entendre. Rosarjo pencha sa tête de côté pour voir le visage blême des suivantes qui étaient venues lui donner le bain. Mais, comme on leur avait interdit de parler à la princesse, elles se tinrent coites tandis que Rosarjo se levait, avec cette nonchalance qu'on parfois les grands suzerains.
Un homme en habits de guerre dans la chambre d'une noble vierge, cela relevait de l'outrage.

Rosarjo- Eh bien mesdames, monsieur à posé une question répondez lui.', fit-elle froidement parce qu'elle n'avait que du mépris pour ses femmes qui accompliraient la vil tâche de la laver pour la rendre à ses bourreaux ensuite.

Tandis que les courtisanes bredouillaient leurs réponses éhontées mais sincères, Rosarjo tourna le dos à son cousin écartant les bras pour qu'on la dévêtisse avant qu'elle n'entre dans l'eau tiède. Les femmes auraient préféraient qu'elle s'empresse de cacher son corps superbement sculpté par les duels avec son tuteur mais elle n'en fit rien, ne se pressant pas plus que de coutume, non par vantardise mais simplement encore une fois parce qu'elle n'avait pas été éduquée aux plaisirs que la vue de la chair nue peu donner aux hommes comme aux femmes. Ses seuls plaisirs avaient été de se voir victorieuse et puissante dans les duels à l'arme blanche comme dans les disputes agréables ou ennuyeuses de la cour.

Rosarjo- Vois, elles te trouvent beau mon prince dans ton habit de guerre tout couvert de sang que tu es.', confirma-t-elle tandis qu'on la savonnait d'onguents plus doux les uns que les autres. Elle savait sans doute qu'il n'avait cure de l'avis des courtisanes mais elle ne lui céderait rien qu'il n'ai conquis par la force ou par d'autres magies.

Une autre courtisane faillit se pâmer aux pieds du prince en le voyant assister au bain de sa jeune maîtresse, alors qu'elle apportait la robe d'étoffe blanche pour la cérémonie. Rosarjo rit de la sottise de la matrone et lui intima de se donnait un peu de tenue devant le prince, et comme toujours son ordre fut suivit.
Rosarjo demanda ensuite qu'on la laisse mais les courtisanes voulurent la sécher elles mêmes, avec le plus grand soin du monde avant de prendre congés. On aurait cru qu'elle essuyait la rosée d'une fleur délicate.

Jolana- Je vous en prie monseigneur, détournez le regard c'est inconvenant, vous ne pouvez pas la regarder ainsi...', osa la plus âgé des courtisanes, la voix tremblante devant Ezechkiel car elle comme les autres savaient ce qui c'était passé en bas des escaliers, et aussi parce qu'elle était à son service et n'aurait jamais du prendre la parole sans qu'il l'eut permis au préalable.

Rosarjo ne voyait rien d'inconvenant mais elle avait consenti à laisser parler Jolana car ses suivantes se pâmaient de honte, les joues écarlates devant le prince. Rosarjo elle au contraire aimait qu'on la regarda quand elle parlait peu importe la tenue où elle se trouvait.
Enfin on la laissa mettre sa robe, et on emportant le bac dans lequel elle s'était lavé comme s'il avait contenu de l'eau bénite alors que ce n'était rien de plus que de l'eau sale. Hormis ce jour là, Rosarjo avait toujours aimé les bains et elle était bien l'une des rares à cette époque encore si sombre.

Rosarjo- Ainsi que je l'ai promis, si ce que tu dis est vrai et que nos ennemis ont été défaits, sache que je te trouve beau dans ta bravoure... mais pour le reste, je ne suis pas une simple courtisane superstitieuse. Tu es prince sans doute parmi les plus beaux visages de cette famille mais tout couvert de sang que tu es tu ne m'inspires pas grand sentiment, Betsalel me donnerait plus goût à la poésie lui, qui n'a pas de rang. Lave toi donc la figure et avec le sang que tu as sur les mains et tes mauvaises habitudes et tes amours rebutantes sans cesse nouvelles car elles me donnent de l'humeur et de mauvais aprioris, et quand tu seras vierge de tout cela, je dirais que tu es beau, et que mon coeur est touché.

Hélas pensant-elle, quand tu seras vierge de tout cela, je serais morte et stérile comme les champs de guerre trop souvent piétinés. Mais elle ne s'apitoyait pas. Elle avait dans l'idée qu'Ezechkiel pouvait être un bon roi quand le vieux Aldea serait mort, pour peu qu'il sache se faire aimer... Son ton était impératif comme toujours. Elle resta debout, regardant par la fenêtre dans la nuit noire plutôt que de revenir s'allonger devant lui, un geste qu'elle aurait conçu comme de la soumission. IMPENSABLE!!









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Eurydice H. Sinfull

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeSam 15 Aoû - 15:32




jours étranges...

Il y a un « ooh » outré qui s'élève, mais ce n'est pas son timbre de voix, mais bel et bien celui de ses servantes, infâmes êtres qui savent ce qui s'est passé, mais dont la princesse elle même ne semble pas avoir avertit. Ezechkiel a un sourire, il sait qu'il faut faire vite, mais ils ont le temps d'une après midi, et ce château, il le connaît comme si c'était lui qui l'a battit. Il saura s'y perdre le moment venu, s'y cacher pour mieux se défiler. Lâche? Non, mais réaliste, oui. Il sait qu'il n'y a plus de case retour, que s'il n'avance pas, il meurt. Il sait que s'il tourne la tête en arrière, il est fini. Il regarde le visage de sa cousine, et dieu, elle est belle, si belle que ça lui ferait presque mal. Pourtant, quand il y réfléchit, il ne l'a jamais désiré. Pourquoi? Après tout, n'est-elle pas brune comme il les aime? Elle possède des yeux profonds, pupilles dans lesquelles il aime à se perdre, alors diable, pourquoi ne se rend t-il compte de sa présence, de son existence, qu'après avoir commis l'irréparable? Il l'ignore, et c'est douloureux.

« Eh bien mesdames, monsieur à posé une question répondez lui. »

Il ne voulait pas des paroles des suivantes, toutes avaient déjà connus ne serais-ce qu'une fois le froissement de ses draps, et si ce n'était pas les siens, c'était ceux de son père. Non, Ezechkiel ne désirait que sa voix, comme si elle eut été divine pour le petit prince. Quand la pureté et la beauté vous immole sur place, on abandonne toute la laideur de la terre, non? Il reste là, sans un mot, et elle lui tourne le dos. Son regard ne manque pas de suivre tous ses mouvements. Elle lève les bras et il découvre une silhouette gracile, fine et élancée, à la chute de reins qui laisse rêveur. Ses longs cheveux retombent sur elle en une cascade d'encre noir et il est submergé, non pas de désir – bien que s'en fasse partit – mais d'une fascination toute autre. Une fascination que jamais il n'a connu. Et cette femme ne rougit pas devant son regard, mais elle ne le défit pas vraiment, bien que l'arrogance se lise jusqu'au fond de ses yeux.

« Vois, elles te trouvent beau mon prince dans ton habit de guerre tout couvert de sang que tu es.
- Leur définition de beau n'a aucune valeur pour moi. Tout au plus de quoi caresser mon égo, mais rien qui ne me remplisse de fierté. »

Il ne bouge pas et observe la toilette. Les servantes s'activent autour d'elle, comme un essaim d'abeille, et il la découvre quand un corps trop gras s'écarte. Il est comme un enfant qui, sur la pointe des pieds, regarde dans le cadenas pour apercevoir un morceau de chair nue, un morceau qui, au plus profond de son âme, représente bien plus : la naissance d'un désir qui n'a pas de nom chez Ezechkiel. Ce nom ne peut être prononcer, car il est ridicule entre eux deux... ridicule, comme cette tragédie qui s'active. Fruits d'une machination qui les dépasse, le petit prince est perdu, et son regard la fixe, elle, sans qu'il puisse faire autrement.

« Je vous en prie monseigneur, détournez le regard c'est inconvenant, vous ne pouvez pas la regarder ainsi...
- Inconvenant, obscène... il a un rire, tout cela appartient au commun des mortels, et, à l'heure qu'il est, je suis déjà un homme mort. »

Il ne la frappera pas, non par pitié pour son âge, mais qu'il n'en a plus la volonté. Que lui ferait cette femme? Rien, car elle sait qu'elle ne peut rien contre lui, et elle tremble, sa voix n'affecte en rien le regard du prince qui reste attaché à la silhouette aux cuisses fuselées par les entraînements à répétition, un corps qui semble si doux pourtant, si frais. Elle sort de son bain, reine parmi les plus grandes, si elle n'en est pas la plus grande de toute, la plus belle aussi. Et elle couvre son corps d'un tissu disgracieux. Non, elle est bien plus belle sans, sa beau resplendit d'avantage sans. Le prince la regarde encore, il ne dira rien, et il l'observe, sans un mot, car elle n'a pas répondu à la question.

« Ainsi que je l'ai promis, si ce que tu dis est vrai et que nos ennemis ont été défaits, sache que je te trouve beau dans ta bravoure... mais pour le reste, je ne suis pas une simple courtisane superstitieuse. Tu es prince sans doute parmi les plus beaux visages de cette famille mais tout couvert de sang que tu es tu ne m'inspires pas grand sentiment, Betsalel me donnerait plus goût à la poésie lui, qui n'a pas de rang. Lave toi donc la figure et avec le sang que tu as sur les mains et tes mauvaises habitudes et tes amours rebutantes sans cesse nouvelles car elles me donnent de l'humeur et de mauvais aprioris, et quand tu seras vierge de tout cela, je dirais que tu es beau, et que mon coeur est touché. »

Il a un sourire tendre et siffle alors, les servantes revenant alors, et il leur ordonne qu'on lui prépare un bain. Les servantes gloussent, mais lui n'aura besoin pour se laver, il le prendra seul son dernier bain. Son regard fixe sa cousine, et alors que les servantes s'activent, il déboutonne lentement sa chemise de soie, tâchée de sang, reprenant d'un ton lent et monocorde, sans sentiment.

« Les Tatars reviendront, car cette race ne peut être défaite que par l'extermination, mais j'ai fait mon travail, et j'ai sauvé une ville de menteur, il déboutonne alors ses manches, je me suis couvert de sang et de victoire, dans une dernière gloire. Puis j'ai envoyé mes hommes se faire soigner, pour qu'ils meurent tous dans une prochaine bataille. »

Il enlève sa chemise, la laissant glisser sur le sol, dévoilant une lourde côte de maille, qu'il enlève aussitôt, dévoilant une dernière chemise de cuir. Il n'a pas honte, mais il a mal, son épaule le tiraille, et le restant de la flèche qui dort à l'intérieur ne fait qu'accentuer les souffrances de la chair meurtrie. Il reste calme pourtant, grimaçant tout au plus, mais aucune plainte ne dépassera le seuil de ses lèvres, pas devant elle. Dernière fierté.

« Je suis entré au château, couvert de ce sang qui ne m'appartient pas, et j'ai libéré ce pays d'un vieux fou, je l'ai libéré des même chaînes qui m'ont fait vivre en chien durant trop longtemps. Mon épée a saigné cet homme qui gît encore dans la salle des doléances. Cet infâme s'est même fait dessus... jusqu'à la dernière seconde il aura été ma honte. »

Oui, Ezechkiel vient de le dire, il vient se signifier qu'il a tué son père, qu'il l'a tué. Pourquoi libérer les terres valaques? Mais car son père n'était pas un bon roi, pas un seigneur, il n'était rien qu'un rat, de la vermine tout au plus. Quelques années de règne, augmentation des impôts, massacres, guerres... triste histoire. Ezechkiel décolle le tissu de sa peau, trempé de sueur et de sang. Son torse est nu, un torse d'éphèbe, finement musclé, large et puissant. On voit la blessure, sale, et la plaie noircie par le sang coagulé. Le regard d'Ezechkiel reste de marbre et il pose sa main sur l'extrémité de la flèche qui dépasse de sa chair, et d'un coup sec il retire le tout. Aucune plainte, même si pendant un instant il a plié les genoux, a courbé l'échine et froncer les sourcils. Il reprend haleine, la douleur lui tiraille l'épaule. Il se redresse doucement, reprenant de l'assurance, alors que les serviteurs amènent un bain. Elles le regardent toutes, partagées entre le désir et l'horreur, mais il secoue la main, et elles repartent d'où elles viennent, et il râle, crachant un « putains » à voix basse, alors qu'il défait la ceinture en nerf de bœuf qui lui sert les hanches.

« Puis je suis monté jusqu'à vous, car c'est ma dernière journée, et je rachèterais mon âme. Mon père mort, une bataille gagnée... il ne reste que vous, Rosarjo, à qui je dois offrir quelque chose. »

Il parle sincèrement, une voix plus douce pourtant, alors que ses bas tombent à ses chevilles, libérés. Puissament bâtit, Ezechkiel n'est pas ce « gringalet des bordels » que les livres décrivent, non. Il a été élevé à la guerre, il a tenu dès qu'il le pu une épée, et cette épée ne l'a jamais quitté. Il entre dans le bain, et essuit de sur son visage les traces de sang qui marque sa peau pâle. Il grimace en sentant les huiles pénétraient dans la plaie et relâche la tête en arrière, haletant en silencieuse, et finalement ressort du bain, propre. Son visage est grave, ses yeux bleus brillent, translucides et magnifiques, alors que les mèches brunes collent à ses tempes, tombant devant ses yeux en des boucles fines. Il siffle une nouvelle fois et les servantes lui ramènent aussitôt un bel habit et repartent avec l'eau pourpre. Il sert autour de sa taille son pantalon de cuir noir et enfile par dessus sa chemise de soie blanche, un sourire sincère aux lèvres.

« Alors je ne demanderais qu'une chose, Rosarjo... es-tu vraiment heureuse, dans ta prison? »

La question est frappante. Arrogante. Il ne la vouvoie plus, et il la fixe, des yeux puissants, perçants, qui désarçonnent l'âme, la troublant au plus profond d'elle. Il sait qu'elle réagira, il sait qu'elle est perdue à ce moment. La reine à qui l'on donne une leçon... amusant? Mais c'est pour ton bien, Rosarjo. Libérons nous des chaînes qui pendant à nos poignets, qui rendent la tâche trop dur. Sauvons nous, maintenant.



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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeSam 15 Aoû - 18:02



Ezechkiel- Leur définition de beau n'a aucune valeur pour moi. Tout au plus de quoi caresser mon égo, mais rien qui ne me remplisse de fierté. »

Intérieurement elle se flatte de cette réponse. Pour la première fois elle sent qu'il la préfère à ses femmes de rien ou que du moins il reconnait sa valeur devant la leur. Certes elle ne devise pas là d'amour, et d'ailleurs il lui aurait été bien difficile de le faire alors qu'à ses servantes, bien mieux informées sur la chose, il n'aurait fallut qu'un peu de mauvais vin.
Elle le regarde en train de la regarder, sans que la moindre expression éhontée ne vienne flétrir sa prestance. Ce n'est pas pure candeur de sa part car elle sait malgré tout que les hommes peuvent concevoir une forme de plaisir à regarder leur compagne et même celle de leur voisin. Ce n'est pas quelque chose qui la dérange et ce n'est pas un plaisir auquel elle est sensible pour le moment.

Jolana- Je vous en prie monseigneur, détournez le regard c'est inconvenant, vous ne pouvez pas la regarder ainsi...
Ezechkiel- Inconvenant, obscène... il a un rire, tout cela appartient au commun des mortels, et, à l'heure qu'il est, je suis déjà un homme mort. »
Rosarjo- Laisse le Jolana, qu'il regarde si ça lui fait plaisir, je ne vois pas où est le mal.
Jolana- Mais c'est pécher madame...

Rosarjo la regarde d'un air terrible. Egorger une enfant de quinze ans n'est-ce pas pécher aussi? Participer silencieusement à un meurtre de sang n'est-ce pas pécher? Les prunelles surnaturelles de la reine sont si terribles que la chaperonne baisse les yeux. Elle n'a pas son mot à dire. Le péché est bien en dessous d'elle. Elle sait très bien ce qui est pécher et ce qui ne l'est pas. Elle se sait également vertueuse, elle le sait pécheur de réputation, mais elle ne condamne pas ses habitudes car, quoiqu'elle lui ai toujours causé le plus grand dégoût et qu'elles lui aient fait jalouser l'affection de son cousin parfois en secret, elle ne pouvait que constater qu'elles ne causaient préjudice à personne sinon au prince lui même.
Elle regarde la scène et sait que quoiqu'il arrive elle ne viendra pas en aide à sa servante. Ca ne lui appartient pas. C'est peut-être la bonne nature d'Ezechkiel qui lui épargne les coups ou peut-être a-t-il une tout autre raison que Rosarjo ne possède pas. Les servantes les quittent. C'est le moment qu'elle choisit pour parler franchement à Ezechkiel, avec cette façon presque insultante de lui refuser son affection. Elle a encore la prétention de lui demander de se laver, corps et âme pour ainsi dire. Alors les servantes sont rappelées, et la jeune reine peut lire sur leur visage tous les signes d'une excitation qui lui répugne dans sa façon de s'afficher. Le genre d'excitation que Rosarjo n'a pas encore connue et dont elle ignore le secret. Qu'est-ce qui rend les dames si enthousiastes à l'annonce que le prince prendra un bain? Est-ce ce que Jolana défendait entre le prince et sa cousine tout à l'heure? Regarder...

Rosarjo le regarde déboutonner sa chemise sous laquelle la côte de maille semble étinceler. Elle voit aussi le regard de Jolana posé sur elle avec une expression perdue et outrée. Que peut-il y avoir de mal à regarder? La reine s'amuse de la pruderie de ses dames, elle s'assoit alors sur le lit et écoute le récit d'Ezechkiel. Elle écoute le récit de la bataille tandis que tombent la côte de maille et la chemise au sol. Elle sent quelque chose d'étrange à le regarder, non à cause d'un quelconque attrait de la chair mais parce qu'il ne cille presque pas alors qu'il retire lui même de son épaule la flèche qui avait du s'y loger pendant la bataille. C'est la façon dont les muscles se sont contracter de concert pour étouffer la douleur qui doit être bien présente pourtant. Cela seulement la touche au coeur, le reste ne la touche qu'aux yeux bien qu'elle ait plaisir à voir comme les fables des vieilles pieuses sont trompeuses. C'est quand on rougit de plaisir qu'on se hâte de cacher l'horreur de son péché en disant que la chose était fort laide. C'est ce que Rosarjo comprend en regardant Ezechkiel juste au moment où Jolana s'approche alarmée de ce qu'elle prend pour un penchant de luxure fortement inspiré.

Jolana- Madame je vous en prie, non!!

La matrone tente de l'obliger à se couvrir les yeux, à enfouir sa tête pécheresse dans son sein comme on aurait fait avec un enfant mais c'est une gifle particulièrement mauvaise qui l'accueil.

Rosarjo- Ne me touche pas!!

La bougresse bien mal reçue se carapate dans les escaliers terrifiée. Comment si belle femme que Rosarjo est-elle capable de la force d'un homme? Car seul un homme aurait pu d'un simple revers envoyer la servante voler ainsi. Rosarjo n'en éprouve aucun remord semble-t-il elle se contente de se rassoir tranquillement devant Ezechkiel, le moindre signe de colère ayant parfaitement disparu. Elle ne se justifiera pas aux yeux du prince, pas une fois.

Ezechkiel- Puis je suis monté jusqu'à vous, car c'est ma dernière journée, et je rachèterais mon âme. Mon père mort, une bataille gagnée... il ne reste que vous, Rosarjo, à qui je dois offrir quelque chose. »

Elle sentit un regain de curiosité. Un sourire passa sur ses lèvres parfaitement dessinées peut-être le premier sourire plus humain que royal qu'Ezechkiel devait se voir offrir. Le mot qu'il grinça entre ses dents, elle le saisit parfaitement mais ne dit rien quoiqu'il la laissa perplexe. N'avait-il pas donner son lit à chacune de ces putains comme il les nommait?
Elle regarde, propre, habiller, le roi de la forteresse du Pendu. Quel triste titre pourtant...

Ezechkiel- Alors je ne demanderais qu'une chose, Rosarjo... es-tu vraiment heureuse, dans ta prison? »

La question la prend comme le soufflet qu'elle a mit à Jolana en pleine figure. Son regard se fait défensif, buté contre celui d'Ezechkiel. Les yeux du prince sont troublants de force et elle se sent contenue si grande soit-elle dans ce regard. Elle relève le menton, comme une reine fait quand on la porte à l'échafaud et qu'elle doit restée digne même humiliée à quatre pattes devant la foule des hommes assemblée. Est-ce l'orgueil ou le coeur qui est touché? Ses fins sourcils se froncent et elle détourne le visage visiblement froissée:

Rosarjo- Laisse moi.

Un noeud se forme dans sa gorge et sa voix s'étrangle mais elle ne veut pas qu'il fasse comme elle a dit alors elle se reprend:

Rosarjo- Laisse moi Roi Ezechkiel. Ta vue me révulse. Sois tel que tu as toujours été à présent que tu t'es élevé et ne te préoccupe pas du bonheur des autres car celui qui se préoccupe du bonheur des autres n'est pas en droit d'en exiger pour lui même. Aussi il lui ai bien difficile de ne pas pécher d'envie à la vue de qui partage sa noblesse et son sang mais non son joug. Il m'est bien difficile de ne pas pâlir de colère quand je vois mes servantes rougir en souvenir de ton lit quand elles te regardent, car elles me jettent à la figure comme je suis esclave comparée à toi, oiseau libre, oiseau de malheur.

Elle avait la tête très haute tandis qu'elle confiait ses peines sans pour autant se plaindre ou éveiller la pitié de quiconque. Au contraire la froideur avec laquelle elle acceptait son sort l'exaltait au plus haut qu'on puisse.

Rosarjo- Mais tu ne peux offrir de me rendre libre, alors va-t-en, laisse moi mon Roi.

Elle savait qu'en le nommant Roi, elle faisait ce que personne ne pourrait défaire, car on ne défait pas la parole d'une reine: Ezechkiel était désormais Roi et honoré comme elle l'avait promis lors de sa première visite.



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Wolfgang S. Orlov

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeSam 15 Aoû - 18:39



Il la regarde, il est grand, puissant à ce moment, si puissant que l'enfant devant lui, l'enfant-reine, la future femme, semble si petite... si... fragile... Il reste là, et il la regarde comme un roi regarderait son épouse, comme un homme fort.

« Alors je ne demanderais qu'une chose, Rosarjo... es-tu vraiment heureuse, dans ta prison? »

Elle le regarde, elle est troublée. Sa pupille brille. Mais à quoi t'attendais-tu, petite reine? Tu as élevé un roi, maintenant, c'est le Roi qui t'élèvera. Il la regarde avec toute la prestance d'un grand souverain, la main sur la garde de son épée, sa si fidèle amie, mais il n'est pas dur cet homme, pas doux non plus, il est un mélange étrange, beau et puissant. Qu'est-il? Un homme... un ange? Sa peau pâle n'en ressort que davantage avec ses cheveux noir corbeau, et son regard bleu affronte le réflexe suzerain de la jeune fille, qui relève la tête, hautaine et effrontée, et tourne cette dernière, visiblement vexée, ou quelque part blessée. La vérité ne touche que là où elle n'a jamais frayé un chemin. C'est la première que l'on le dit à la petite reine, et là voilà bien embêter d'avoir à l'affronter.

« Laisse moi. »

Il fait un pas vers elle, puis une deuxième, il la sent tendue, il la sent perdue, quelque peu troublée, mais il sera là, car il a quelque chose à lui offrir, quelque chose de si grand, de si beau, de si attendu, qu'elle n'en reviendra pas. Il s'arrête en faisant un troisième pas, alors qu'elle parle, d'une voix serrée.

« Laisse moi Roi Ezechkiel. Ta vue me révulse. Sois tel que tu as toujours été à présent que tu t'es élevé et ne te préoccupe pas du bonheur des autres car celui qui se préoccupe du bonheur des autres n'est pas en droit d'en exiger pour lui même. Aussi il lui ai bien difficile de ne pas pécher d'envie à la vue de qui partage sa noblesse et son sang mais non son joug. Il m'est bien difficile de ne pas pâlir de colère quand je vois mes servantes rougir en souvenir de ton lit quand elles te regardent, car elles me jettent à la figure comme je suis esclave comparée à toi, oiseau libre, oiseau de malheur.
- L'oiseau libre a payé les frais de sa soit disant liberté. Ais-je eut le choix d'être prince plutôt que paysan? Ais-je eut le choix d'enlever des vies? J'aurais aimé être scribe. C'est un métier si monotone que nul n'en veut. On ne regarde pas les écarts d'un scribe, alors qu'à un prince, on ne les lui pardonne. Les servantes rougissent devant vous, mais devant moi elles s'exhibent, toutes des catins, sans allure ni prestance, sans une once de votre beauté. Votre peau, vos yeux, vos cheveux... elles vous jettent à la figure ce qui fait mal, car elles n'auront jamais votre beauté ni votre prestige, car de toutes, vous êtes la seule qui pourrait me retenir. Au petit matin, je les aurais toutes abandonnés... sauf vous. »

Il fait un pas de plus, et il se retrouve en face de la petite reine de quinze ans, à l'air hautain et froid. Elle parle comme on le lui apprit, et elle réagit comme « il le doit », mais que fait-elle par elle même? L'éducation guerrière, des années d'une chasteté, d'une frigidité sans égale... et elle rougit en voyant le premier prince nu, ou est-ce juste lui? Il lève sa main, approche sa main du menton si haut, mais en frôlant sa peau, il recule sa main, repliant doucement ses doigts, et il reste debout, devant elle.

« Mais tu ne peux offrir de me rendre libre, alors va-t-en, laisse moi mon Roi.
- Je suis Ezechkiel Premier Aldea, fils d'Alexandru le Troisième Aldea, Roi de la Forteresse du Pendu... il n'y a rien que je ne puisse pas faire... je peux tout t'offrir si tu me tiens la main, ma Reine. »

La voix avait commencé par être dur, comme si une colère violente avait pris le prince qui était resté de marbre, mais il avait fini par un ton calme et doux. Ses doigts effleurèrent la joue de la jeune fille, sans jamais la toucher, et le regard du prince se fixa sur ses lèvres. Jamais il n'avait connu une aussi grande fascination pour le corps. Ô, il aurait pu posé son pouce sur ses lèvres, les caressait avec une tendresse extrême, à l'en faire rougir, de plus en plus, mais... il était là tout d'abord pour la sauver, non pas pour la troublée plus qu'elle ne l'était. Il recula doucement sa main, et la pencha, de sorte que sa paume était tendue vers elle, offerte.

« Tu es Rosarjio Nospheratov, tu es Reine, tu es la Reine qui a fait du moi un Roi, alors le Roi que je suis va te faire devenir libre, et ce, au prix de ma vie. En tuant mon père, j'ai clos mon destin, mais le tien commence à peine, Rosarjio... ton avenir t'ouvre les bras, tu peux fuir dors et déjà avec moi. Prenons un cheval, fuyons d'ici... oui, il nous retrouvera, et nous tuera, mais... préfère tu l'éternité enfermer dans cette cage à quelques années d'une liberté absolue? »

Il lui offrait la mort, mais la liberté. Il lui offrait tout ce qu'elle avait toujours voulu, ou presque. Le Roi reste fier devant la Reine, grand, beau... trop beau pour être vrai. Ezechkiel a changé, quelque part, mais où? Il ne sait plus vraiment ce qu'il s'est passé, les deux derniers jours de sa vie. Ce qu'il sait, c'est que ce jour-là restera gravé dans sa mémoire, et pour longtemps.

« Il n'est jamais trop tard. Nous avons toujours le choix.»

...de faire mieux dans la vie que ce que l'on espérait d'elle.


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Phyllis O'Maclagen

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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeSam 15 Aoû - 23:23


    Ezechkiel- L'oiseau libre a payé les frais de sa soit disant liberté. Ais-je eut le choix d'être prince plutôt que paysan? Ais-je eut le choix d'enlever des vies? J'aurais aimé être scribe. C'est un métier si monotone que nul n'en veut. On ne regarde pas les écarts d'un scribe, alors qu'à un prince, on ne les lui pardonne. Les servantes rougissent devant vous, mais devant moi elles s'exhibent, toutes des catins, sans allure ni prestance, sans une once de votre beauté. Votre peau, vos yeux, vos cheveux... elles vous jettent à la figure ce qui fait mal, car elles n'auront jamais votre beauté ni votre prestige, car de toutes, vous êtes la seule qui pourrait me retenir. Au petit matin, je les aurais toutes abandonnés... sauf vous. »

    Elle regarde cette main qui s'approche un peu trop avec peut-être l'envie d'être touchée mais un regard, un regard qui glace jusqu'à la moelle, si tu me touche il t'en cuira. Rosarjo ne veut pas se donner, elle ne veut pas être donnée, elle veut être conquise par la force car c'est à cela seulement qu'elle connait la valeur, au courage qui ne trahit pas la force.

    Rosarjo- Si tu avais toujours eu ce regard et si tu avais toujours été ce Roi que tu es devant moi, mon père m'aurait donné à toi. Mais il te hais maintenant, pourquoi me dit tu tout cela? Au matin, tu te réveilleras et c'est moi qui t'aurais abandonné.

    Elle était dure. C'était sa nature. On ne lui avait pas appris les détours de l'hypocrisie ni ceux de la politesse. Elle ne pouvait qu'une chose: dire ce qu'elle pensait car c'était sa nature profonde que d'être franche. Certes elle était flattée de ce qu'il ait vanté ouvertement sa beauté. Elle ne pouvait que le libérer de sa présence maintenant. Ce soir quand le soleil se coucherait, elle perdrait la vie. Ce n'était pas tant mourir qui l'effrayait c'était, mourir comme ça, si stupidement.

    Ezechkiel- Je suis Ezechkiel Premier Aldea, fils d'Alexandru le Troisième Aldea, Roi de la Forteresse du Pendu... il n'y a rien que je ne puisse pas faire... je peux tout t'offrir si tu me tiens la main, ma Reine. »

    Elle regarde la main qu'il lui tend. C'est le moment de décider, veut-elle être sauvée? Sans aucun doute, mais il lui faut le tend de peser le pour et le contre avant de commettre la première et la seule trahison de toute son existence. Ce sera maintenant ou ce ne sera pas.

    Tu es Rosarjo Nospheratov, tu es Reine, tu es la Reine qui a fait du moi un Roi, alors le Roi que je suis va te faire devenir libre, et ce, au prix de ma vie. En tuant mon père, j'ai clos mon destin, mais le tien commence à peine, Rosarjo... ton avenir t'ouvre les bras, tu peux fuir dors et déjà avec moi. Prenons un cheval, fuyons d'ici... oui, il nous retrouvera, et nous tuera, mais... préfère tu l'éternité enfermer dans cette cage à quelques années d'une liberté absolue? »

    L'horreur d'une cage, cette cage dans laquelle elle avait grandit malgré la prévenance de Cyrus qui avait toujours fait au mieux pour lui rendre l'existence plus agréable. Dans cette cage il y avait le couteau sacrificiel qui allait lui porter le coup fatal ce soir. Il y aurait tous ces hommes et ces femmes, leurs regards obscènes posés sur la scène de sa mort comme s'il s'était agit d'un vulgaire spectacle. On ne mourrait pas sur le coup d'avoir la gorge tranchée. Sa mort serait pathétique et odieuse. Elle ne voulait pas de cette voie. Elle prit la main d'Ezechkiel, initiant le tout premier contact physique entre eux. A cette époque, un geste aussi anodin avait une valeur bien plus sensuelle qu'on aurait pu le croire. C'était presque déjà une promesse mais avant qu'ils ne s'enfuient tous les deux, elle l'observa longuement et lui dit:

    Rosarjo- Tu es très beau Roi Ezechkiel.

    Elle n'avait qu'une parole, et son sourire trahissait qu'elle s'était bien amusée à lui faire languir la moitié de cette promesse. Son coeur, elle le gardait pour l'heure. Sachant déjà à qui il reviendrait de droit en temps et en heure.

    Haut serviteur- Ma Reine? Etes vous visible?

    Elle sursauta, avisant immédiatement la porte. On venait déjà la chercher.

    Rosarjo- Une minute Radu.', fit-elle d'un ton naturel.

    Rien ne pouvait trahir dans sa voix qu'elle n'était pas seule. Elle avisa Ezechkiel d'un regard sûr et se dirigea de sorte qu'on puisse croire qu'elle allait pour se vêtir. Sans le moindre bruit, elle ceint son épée et sa dague à la cuisse, ouvre l'armoire pour revêtir un manteau noir qui sierra mieux à leur fuite. En s'assure qu'Ezechkiel est prêt lui aussi avant d'ouvrir la porte. Une reine magnifique vêtue de noir apparaît devant la porte au nez des Hauts Serviteurs:

    - Que... ma Reine vous devez changer de tenue, si votre père vous voit ainsi...
    Rosarjo- Qu'il me voit.

    Les serviteurs craignaient avant tout pour leur tête, chaque enfantillage de la reine ils en feraient les frais et tout manquement à la tradition, ils le payeraient de leur vie car c'était un immense honneur qu'on leur avait fait de leur laisser tenir le rôle qu'ils avaient. Ce n'est qu'après avoir osé bravé le regard de Rosarjo (la perspective de la mort fait parfois avoir des comportements idiots...), qu'ils s'aperçurent de la présence du prince, devinant mal de leurs intentions à tous les deux. Si la reine avai perdu sa virginité la nuit de son sacre, ils étaient tous perdu. Sans égard pour aucun des deux souverains, le premier des serviteurs, celui qui avait le droit de parler se précipita jusqu'au lit, écartant d'un geste noble les draps en quête de quelques signes du forfait des deux jeunes fous. Un peu de sang sur la moquette servit à alimenter ses pires peurs. Ce sang n'était pas le sang virginal de Rosarjo mais celui de feu Alexandru Aldea, Roi de la Forteresse. Mais à l'esprit affolé rien ne parait folie, qu'un roi et une reine de si haut rang se roulent comme deux bêtes sur un tapis ne paraît pas incongru à l'exécutant qui aussitôt retourne sa colère sur le prince. Les Hauts Serviteurs tirent l'épée comme un seul homme, leur seul espoir: les tuer tous les deux et faire porter les soupçons sur le prince déjà si mal aimé. Après tout ce ne serait qu'un tout petit crime. Rosarjo est prompt elle aussi, enfin heureuse et libre d'exercer sans jouer cet art auquel elle a était si bien entraînée. Cinq hommes chacun ne leur font pas peur. Des novices bientôt promis à devenir vampire eux aussi. Ce soir, elle l'a décidé, il n'y aura pas qu'un seul sacrifice. Le sang gicle vite et l'on pourrait s'étonner que la jeune Nospheratov ne s'émeuve d'un tel spectacle d'horreur. Elle n'est pas de ses jeunes filles délicates qui se pâment pour un mot grossier, qui meure d'horreur de voir sur le pavé, les tripes d'un chat écrasé par une diligence.

    L'épée vive traverse les corps comme un dard et à la regarder on croirait qu'elle danse avec la mort, toujours parfaitement en équilibre jusqu'au cinquième homme qu'elle abat. Un dernier la blesse superficiellement au bras en essayant de s'enfuit mais il s'écroule lui aussi. La blessure se referme d'elle même, elle est prête à devenir vampire seulement elle ne le veut pas. Soucieuse de ne pas choquer, elle cache aux yeux de son cousin cet étrange réaction de son corps. Les portes sont grandes ouvertes devant eux, la liberté leur tend les bras. L'épée pleine de sang, elle rend sa main à Ezechkiel. Un élan de confiance et la fougue du combat encore présente s'est installé entre eux...

    ...


    Retranché dans la pénombre de la salle de doléances un oeil observateur et sibyllin se gausse depuis le début. Quel tragédie est en train de se nouer au nez et à la barbe du vieux Nospheratov. Et tout ceci pourquoi? Pour le divertissement de Dante qui a un grief envers son Aîné, mais surtout, qui aime le grand-guignolesque. L'homme se délecte de chose qui vous ferez vomir ou tantôt vous tirerait les larmes. Il voit les personnages principaux de son chef d'œuvre tragique passer en courant, par la porte qu'Ezechkiel à laissée entrebâillée sur la scène de la mise à mort de son père. Encore une fois il se doit de retenir un peu notre héros. Il avance dans son manteau de ténèbre et applaudit la sortie des acteurs. Le choc de ses mains d'albâtre semble faire écrouler les murs pour Ezechkiel pourtant Rosarjo ne l'entend pas et continu sa course...

    Dante- Mon bon prince, que dis-je mon roi pardon... Oh non pas vous sire!', il lève à hauteur de son visage une horrible tête qu'il tient par la tignasse et qui se balance grotesquement à son poing,' Ne tirez pas cette tête d'enterrement Alexandru, vous savez ce qu'on dit, le Roi est mort, vive le Roi!

    Dante exécute une révérence magistrale comme on en voit que dans les grandes cours sauf que la tête tranchée d'Alexandru Aldea, bringueballée par le geste, rend la chose obscène et écoeurante.

    Dante- Je dois dire que tu es plus divertissant que je n'aurais cru au départ. Gagner la guerre, enlever la princesse, lui voler son coeur... et la tête du roi ton père en prime c'est plus que je ne t'en demandais, mon petit prince des pauvres. Mais tu es un grand Roi désormais, je m'incline et tu es bien accompagné à ce que je vois. Et qui saurait te le reprocher, tu appris ce qui te revenais de droit après tout... Sais-tu pourquoi les Rois prennent le plu souvent leur soeur ou leur cousine pour épouses? C'est pour s'assurer que l'enfant à naître sera de sang royal à défaut d'être de leur semence. On ne sait jamais avec les femmes... mais bon ça ne devrait pas être de tes préoccupations. Toi et Rosarjo seraient sans doute le couple royal le plus chaste qu'on ait fait. Et tu sûr que ça ne va pas te manquer, l'ivresse et l'effronterie d'une fille de la campagne comparer au manque d'imagination d'une fille comme elle que d'ailleurs tu ne prendras pas n'est ce pas? N'est-ce pas Ezchkiel, Roi Ezechkiel?

    Il se mit à tourner comme une vipère autour d'un souriceau...

    Dante- Sais-tu pourquoi tu ne la sailliras pas une seule fois? Allons un peu de jugeotte ne me dis pas que tu n'y as pas encore pensé? Tu n'y as pas pensé. Non, tu n'y a pas pensé, je sens chez toi le feu qui te tiens. Tu n'as encore rien fait n'est-ce pas? Et tu ne feras rien car à la seconde ou tu profaneras son corps de ta chair, tu répendras en elle le poison qui t'habite et qui te ronge déjà. Tu n'oserais pas hein? La sauver pour l'abuser, ce serait mesquin, ce serait cruel. Une femme si chaste terrassée par une maladie aussi vilaine... aussi honteuse...
    Rosarjo- Ezechkiel? Que fais tu ici, je croyais t'avoir perdu?

    Elle prit sa main, anxieuse. Ses yeux se posèrent sur la place absolument vide, et sur le corps décapité qui s'y trouvait dans une position grotesque. Rosarjo chercha la tête du regard mais ne pu la discerner dans l'obscurité.

    Rosarjo- Ne traînons plus ici.

    ...








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Ezechkiel E. Scylence


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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeDim 16 Aoû - 17:48



« Tu es très beau Roi Ezechkiel.
- Et vos seuls mots sont ma plus grande fierté. »

Il réponds à sa sourire, heureux, car une main dans la sienne, c'est plus qu'il n'osait espérer de cette reine guerrière. Il sait aussi qu'elle lui fait là le plus beau cadeau qu'il aurait pu recevoir dans sa triste existence, vie qui prend une tournure qu'il commence à aimer.

« Ma Reine? Êtes vous visible?
- Une minute Radu. »

La reine guerrière lui jette un regard et Ezechkiel comprend que son bel habit se doit d'être à nouveau tâcher de sang – mais pour une presque bonne cause. Alors qu'elle se dirige vers ses armes, le nouveau roi relève doucement la tête, fier, et d'un geste sûr et confiant dégaine sa rapière sans aucun bruit, il ferme les yeux quelques instants, car la préparation est ce qu'il y a de plus important dans une bataille. Il a tué mille âmes – si ce n'est plus – ce n'est pas dix gardes qui l'arrêtera, pas maintenant. La lame quitte le fourreau, calme, et la reine l'avise. Il hoche la tête, reste droit, la main sur la garde de son épée qu'il tient de sorte à ce que l'on ne voit que la garde, comme s'il la tenait à la ceinture, et il reste fier.

« Que... ma Reine vous devez changer de tenue, si votre père vous voit ainsi...
- Qu'il me voit. »

La réponse est sans appel, et le roi reste calme, plus calme que si on venait de lui annoncer sa mort. Il est digne, plein de prestance quand il tourne la tête vers les gardes qui ont remarqué sa présence. Il a un sourire en coin quand il voit l'homme se jetait sur les draps. Ezechkiel le mal venu, le mal nommé, prince des catins qui aurait souillé le corps vierge de la reine? Triste histoire. Oh, oui, bien sûr, l'idée lui a traversé l'esprit, un instant, qu'il se roule dans ses draps avec ce corps si tendre, si doux et encore inexploré, mais... non. Aucune tâche sur le lit, mais une tâche sur le tapis – tâche sanguinolente – paraît aussitôt comme la preuve irréfutable que le prince a rendu sale la princesse Foutaises, mais il ne réponds pas au regard accusateur de l'exécutant et il attends que la conclusion se règle au fer, ce qui ne tarde pas. L'homme tire l'épée et, comme agacé de ce spectacle, Ezechkiel jette un regard à Rosarjo, et d'un seul coup, son arme traverse de part en part l'homme. Aussitôt le sang tâche l'épée déjà sale et salie, et Ezechkiel la retire durement du corps gras qui retombe, inerte, sur le sol. Rien ne peut arrêter l'amour, n'est-ce pas? L'amour... mot si étrange dans l'esprit du prince qui, d'un autre coup, tranche la gorge du premier garde qui s'approche. Le sang gicle et marque son habit blanc d'éclaboussure. Il grogne et se sent de nouveau sale, de nouveau laid, mais le sang s'étale sur le tapis blanc. Le sang des bas hommes de ce monde recouvre peu à peu le sang de l'ancien roi, et avec un visage impassible, le nouveau roi tranche les membres, les éparpillent, et aucune de leur lame ne l'atteigne. Il danse avec la mort, il danse dans le sang, et il ne sait danser qu'ainsi. Le cinquième est le plus facile à battre, une simple clef et l'épée traverse la tête, de bas en haut, et il la retire dans un filet de sang et de cervelle, mélange infâme et gras qui s'éparpille sur le sol. La plaie est sale, noircie, mais qu'importe. Il relève le regard vers sa reine qui lui tend la main et il l'attrape, un nouveau sourire naissant sur son visage, un sourire d'esclave qui prenne leur liberté. Un sourire qui n'avait jamais été plus radieux qu'aujourd'hui.

* * *

La main de Rosarjo lui échappe et il s'arrête au milieu de la salle de doléances, appelé par une voix familière. Il se retourne et découvre devant lui ce beau visage, vu la veille dans le bordel, et il arqua un sourcil. Dante? Mais...?

« Mon bon prince, que dis-je mon roi pardon... Oh non pas vous sire! Ne tirez pas cette tête d'enterrement Alexandru, vous savez ce qu'on dit, le Roi est mort, vive le Roi!
- Je ne suis pas Roi. »

Ezechkiel a un sourire. C'est étrange, non? Cet homme tient la tête de son père et le spectacle est ignoble, mais Ezechkiel n'arrive pas à avoir mal de voir Alexandru ainsi. Non... au contraire, il en rirait presque, tellement c'est ridicule. La mort enlève vraiment tout ce qui fait un homme dans sa vie. Mais Ezechkiel a aussi raison quand il dit qu'il n'est pas Roi – car il ne l'est que pour Rosarjo, et pour personne d'autre. Son statut de prince ne lui appartient même plus. Il n'est rien maintenant, il n'est plus rien, et il trouve ça terriblement excitant.

« Et tu sûr que ça ne va pas te manquer, l'ivresse et l'effronterie d'une fille de la campagne comparer au manque d'imagination d'une fille comme elle que d'ailleurs tu ne prendras pas n'est ce pas? N'est-ce pas Ezechkiel, Roi Ezechkiel? Ezechkiel a un sourire crispé, et il arque un sourcil, attendant la suite. La sauver pour l'abuser, ce serait mesquin, ce serait cruel. Une femme si chaste terrassée par une maladie aussi vilaine... aussi honteuse...
- Les filles de la campagne sont laides et effrontées, à Rosarjo, je lui apprendrais... pour ce qui est de la maladie, même si elle courrait dans mes veines, nous n'avons tous les deux plus beaucoup de temps à vivre, n'est-ce pas? Condamnés. Alors qu'importe puisque nous finirons dans quelques mois tout au plus décapiter. Ravagée ou non de cette maladie, je la trouverais belle, Dante, car elle l'est, et qu'à cela, vous ne pouvez rien. Vous ne trouvez pas ça égoïste de ma part? Je suis horriblement égo...
- Ezechkiel? Que fais tu ici, je croyais t'avoir perdu?
- Désolé, Rosarjo, j'étais en train de... mon père... bref. Partons...
- Ne traînons plus ici. »

Ezechkiel ne regarde plus, attrape la main de la belle et ils partent, prennent deux chevaux dans l'écurie. L'argent? Pas besoin. Ils savent qu'ils sont condamnés, ils savent qu'ils n'en ont pas pour très longtemps, mais ils savent aussi qu'ils sont libres de fuir, de partir... de vivre.

FIN DE L'ACTE III
tombé de rideau.




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Ezechkiel E. Scylence


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MessageSujet: Re: l'amour est un tyran, par Dante   l'amour est un tyran, par Dante Icon_minitimeMar 18 Aoû - 1:20





ACTE IV.
L'amour est un tyran qui
n'épargne personne.


    1550, Terres Transylvaniennes,
    Forteresse de Râsnov, duché de Brasnov.


    Le cheval galope à en perdre haleine, et sans doute l'a t-il perdu depuis bien longtemps. L'ancien roi tire sur la bride de sa monture et juste à côté de lui une autre cavale piétine, la robe frissonnante. Ezechkiel attends, calme, et plisse le nez. Ils ne sont pas perdus, mais ils sont déjà loin de Slatina. Cela fait plus de quinze heures qu'ils galopent, sans avoir manger, sans même une goutte d'eau, et surtout, recouverts de sang. Derrière sa longue cape noire, le prince réfléchit, et sa cavale s'impatiente, tourne sur elle même. Que faire? Il tire sur la bride une nouvelle fois, arquant un sourcil.

    « Nous avons dépasser la colline de Tâmpa... nous devrions nous arrêter. Je crois que nous sommes proches de Râsnov, nous devrions y aller pour nous reposer. Nous repartirons avant la nuit, et nous galoperons vers Sibiu... cela vous va, ma Reine? »

    Ils n'avaient pas le choix, mais Ezechkiel ne pouvait pas faire autrement que le donner. Il tire sur la bride et frappe le flanc de son cheval qui hennit. Ce n'est pas dangereux d'aller à Râsnov car nul ne pourrait se douter que le roi et la reine valaques puissent avoir l'idée folle de rejoindre une des plus grandes villes du duché de Brasnov. Mais ils sont plus que fous : ils sont libres. La Forteresse de Râsnov est à sept cents mètres d'altitude, avec de bons chevaux il ne faut qu'une heure pour parcourir la distance, mais les chevaux sont épuisés. Rosarjo et Ezechkiel continue leur ascension, et les chevaux courts de plus en plus vite, comme s'ils savaient d'avance qu'une fois là haut, ils pourront se reposer. Les branches mortes craquent sous les lourds sabots des juments, et le prince est parfois obliger de lever le bras pour éviter les branches les plus traîtresses et les plus basses. La jument hennit et finalement s'arrête. Déjà au loin on aperçoit les hautes murailles de Râsnov, la vieille ville ne dort pas quant à elle. Ezechkiel montre le chemin, un peu plus loin, et descends de cheval, laissant à sa reine guerrière le soin de descendre elle même de cheval. Il sait que s'il s'approchait pour l'aider, elle le prendrait mal. Il avance déjà, la bride de la jument en main, et cette dernière semble apprécier les pas lents de son maître. Le prince pose sa main sur sa garde, mais sa longue cape noire cache tout vêtement, et il affiche un air désinvolte, hautain. Il jette un regard par dessus son épaule et aperçoit sa petite reine, à lui, libre. Enfin. Il se rapproche des gardes et s'arrêtent devant eux quand ils abaissent leur hallebarde. Il lève le menton, fier.

    « Qui vaaaaa là?
    - Betsalel, serviteur du Prince Ezechkiel. Je comptais poser nos juments à l'étable et repartir vers la Forteresse du Pendu.
    - C'est le Seigneur Aldea qui vous envoie?
    - Lui même.
    - Avec un message?
    - En effet.
    - Lequel est?
    - Nous avons vaincu les turcs à Brasov.
    - À la bonne heure! »

    Les gardes rient et relèvent les hallebardes, laissant passer les deux étrangers. Ezechkiel affiche un sourire fier et moqueur à la fois. Il ne sait pas s'il doit remercier Betsalel d'avoir été son ami et d'avoir la renommer de lui être fidèle... il ne sait pas non plus si la supercherie durera bien longtemps, mais qu'importe, puisqu'ils ne resteront ici tout au plus deux heures. Déjà dans trois heures le soleil déclinera, et il leur faudra fuir, encore et encore... et ne pas rencontrer les Tatars et les Turcs sur le chemin. Chose embêtant que d'avoir à ses pieds un pays ensanglanté. Chose encore plus embêtante, ne jamais se présenter comme étant le prince et la reine, jamais... pas dans un pays où Nospheratov connaît les moindres recoins. Ezechkiel ralentit la marche afin de revenir au niveau de Rosarjo et arqua un sourcil, une voix qui se fit murmure pour qu'elle seule entende.

    « Une fois dans la forteresse, nous prendrons un nouveau bain et nous nous changerons, puis nous partirons aussitôt. Il ne faut pas tarder et rejoindre la Bohème au plus vite... les tziganes sont des peuples qui font peur... oui. Ils n'iront pas jusqu'à nous chercher là bas. »

    Il regarde autour de lui et passe à nouveau la porte de la forteresse même. On prend aussitôt leurs cavales, les amenant à l'écurie. Ezechkiel tendit sa main à Rosarjo et tous deux suivirent le serviteur qui venait à eux, et qui les conduirait à leur chambre. Mais le roi et la reine ne pouvaient agir comme telle, même si Betsalel avait parmi les rangs l'un des meilleurs puisqu'il était juste en dessous du prince, un chef d'armée lui aussi. Le serviteur ouvrit une porte et se sauva jusqu'aux cuisines, sans un mot de plus. Ezechkiel entra dans la pièce et referma la porte derrière eux, à double tour, et enleva aussitôt sa cape, la jetant au sol, dévoilant sa chemise blanche tâchée de sang.

    « Il faut nous changer et fuir au plus vite. Nous sommes certes loin de la Forteresse du Pendu, mais je doute que ton père n'a pas envoyé un messager à nos trousses. Plus vite nous partirons d'ici, mieux ce sera. »

    Il déboutonna au même moment ses manches, enlevant les lacets de cuir marron qui les tenait alors et se dirigea à l'autre bout de la pièce. Un bain était déjà préparé, mais l'eau y était tiède, presque froide. Il grogna. S'il avait eut le droit, il aurait crié au scandale, à la mort! Donner de l'eau froide à un roi... quel outrage... mais il n'avait pas ce droit, plus maintenant. Il tourna le dos à la pièce adjacente, et revint vers Rosarjo, un sourire crispé. Ezechkiel n'était pas détendu, et il y avait de quoi, mais quelque part, voir la jeune reine devant lui l'apaisa et il ne put que mettre un genoux à terre devant elle, baissant la tête, et releva le regard, un sourire mutin sur les lèvres.

    « Prenez votre douche en première, je la prendrais ensuite. Si ce n'est que pour faire disparaître les traces de sang... »

    Il se releva et commença à déboutonner sa chemise. Il ne déboutonnerait que cela pour l'instant, car la reine devait d'abord prendre sa douche. Il resta planté au milieu de la pièce, réfléchissant à quels moyens il pourrait rejoindre la Bohème... ou la France peut être? Mais leurs accents magyars n'étaient pas le meilleur pour se perdre dans la foule. Peut être la Prusse alors? Il doutait, il ne savait pas, il était perdu. Il était partit trop vite, mais Dieu, il ne regrettait pas.



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